• 11 novembre

    Qui aurait pu imaginer, le 11 novembre 1914, qu'il y en aurait encore pour quatre ans ? Pas ces Poilus, cités à l'ordre du jour de l'armée. Actes dérisoires, comportements dérisoires, sur lesquels on a fondé une nation.
    Parues au Journal officiel, les citations suivantes sont reproduites dans le Petit Parisien du 11 novembre 1914.

    Gautard, caporal au 83e d'infanterie (a fait preuve, comme chef de patrouille volontaire et en diverses circonstances, d'un grand courage ; blessé à la cuisse le 27 septembre, a répondu au commandant du régiment qui le félicitait : « Je regrette de n'avoir pu faire mieux.»)

    11.11

     

    Déchelettte, capitaine de territoriale au 298e d'infanterie (a été tué le 5 octobre, alors qu'il entraînait sa compagnie sous un feu violent d'artillerie et d'infanterie, et lui avait fait gagner 300 mètres de terrain avant de mourir, a demandé au lieutenant-colonel commandant le régiment si on avait gardé le terrain conquis et, sur sa réponse affirmative, lui a exprimé sa satisfaction, en ajoutant qu'il était heureux que sa mort servît à la France).

     

    11.11

     

    Truchot, soldat au 27e d'infanterie (étant en patrouille et ayant reçu l'ordre de se retirer et de prévenir que les munitions s'épuisaient, est parti sous un feu très violent, rapporter ses propres cartouches à son chef en lui disant : « Voilà toujours les miennes que j'ai oublié de vous remettre avant de partir.») 

    Benoît, cavalier au 17e dragons (en vedette le 27 septembre et blessé d'une balle, revenait péniblement en arrière à pied, quand il s'aperçut qu'il avait perdu sa lance, est retourné la chercher et, en rejoignant son officier de peloton, lui a dit : « Ils auront peut-être ma peau, mais ils n'auront pas ma carabine ni ma lance.»)

     

    Durand, soldat au 16e d'infanterie (réformé et engagé pour la durée de la guerre, s'est distingué dans les combats du 7 octobre, en s'élançant le premier à l'assaut d'une tranchée allemande ; grièvement blessé, a refusé le secours de ses camarades, en leur disant  : « Laissez-moi, vous serez plus utiles au combat ! » ; est mort le lendemain des suites de sa blessure).

    11.11

     Source : gallica.bnf.fr pour les citations, cartes postales anciennes pour les illustrations.

     

    « Paysage vêtu de soieAssieds-toi, j'ai une mauvaise nouvelle »

  • Commentaires

    1
    Mardi 11 Novembre 2014 à 07:10

    Allez, c'est peut-être le moment de faire de la pub pour les livres des copains : Monsieur Ahoui et moi-même vous recommandons celui de Claude Ribouillault : La musique au fusil, éditions du Rouergue. (Il vient d'être réédité.)

    + de renseignements ici : http://www.amazon.fr/La-musique-fusil-Poilus-Grande/dp/2812606207

     

     

    2
    yannick
    Mardi 11 Novembre 2014 à 07:12

    D'où vient l'idée que mourir pour une idée, c'est bien ? !


    Un soldat va être fusillé "pour l'exemple" car il s'est mutilé lui même pour ne pas aller au combat.


    Son lieutenant s'aperçoit qu'en fait sa blessure est bien réelle mais il le fait fusiller quand même " pour l'exemple".

    3
    Mardi 11 Novembre 2014 à 08:05

    C'est (peut-être) l'occasion de lire ou réécouter "Le Déserteur" de Vian ?

    4
    Mardi 11 Novembre 2014 à 08:30

    vla du lourd aujourd'hui, Casse Pipe à la nation, c'est pas mal non plus. les photos colorisées ont un côté moelleux sucré et on sent l'arnaque derrière, trop beau pour être vrai.

    signé : cri tic dard

    5
    K
    Mardi 11 Novembre 2014 à 09:10

    Revue de presse...

    -Ne pas faire mieux... mourir ? Gautard avait des idées de canonisation ?

    -Benoît : le témoignage de la lance fut crucial en effet.

    -Durand n'aurait pas di en sortir, non ?

    -Truchot truchement pour cartouches ?

    -Déchelette qui semble parler de puis l'au-delà a-t-il pris des nouvelles de sa compagnie ?

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