• Dessin

    Petit dessin à la pierre noire, dans la case des brouillons.

    Il se dispense de légende. Je l'illustre néanmoins d'un conte de Pons de Verdun.

     

    LE CONNAISSEUR.

    — Ce tableau vient-il d'un grand maître ?
    — Oui, monsieur ; vous le voyez bien.
    — Je vois en effet qu'il doit être
    De l'école... de... Mais combien ?
    — Cent louis. — Il ne vaut donc rien ?
    — Et pourquoi, monsieur, je vous prie ?
    — Pourquoi ! J'ai dans ma galerie
    Des tempêtes de Jouvenet,
    Des corps-de-garde du Corrège,
    Force batailles de... Vernet,
    Des Michel-Ange, des... que sais-je ;
    J'en achète depuis trente ans :
    Le moindre de tous, que naguère
    J'ai fait placer dans une serre,
    Me coûte quatre mille francs.
    — Pardon ; ma ruse est inutile ;
    Je vois que monsieur s'y connaît;
    Et puisqu'il faut lui parler net
    Le prix du mien est de six mille.

     

    Pons de Verdun
    Les Loisirs - contes et poésies diverses, Paris, 1807


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  • Repos de la plume

    Mon dictionnaire dit :

    Crisser : émettre un bruit grinçant, aigu et continu, plus ou moins fort et souvent désagréable. Les semelles ferrées crissent sur les carreaux ; les lames de parquet crissent sous les pas ; le gravier, le mâchefer crissent sous les roues ; les pas d'un cheval crissent sur la neige ; la râpe crisse sur les pierres ; l'aiguille, les ciseaux crissent dans une étoffe.

     

    Tout l'après-midi, j'ai frotté ma plume d'acier trempée dans l'encre sur le papier. Il fallait détendre. Le poignet et l'oreille. D'où ce Repos de la plume.

     

     

    Le Repos de la plume (détail)

    dessin avec fusain, craies, pastels...


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  • Louisette Page de carnet de croquis (photo volée)

     

    Les visites se raréfient en été – Le nombre d'ami-e-s qui consultent ce blog sur le temps de travail !

    Pour retrouver un peu d'audience, je sors ma chatte ou, ces jours-ci, une poulette de Loué. Ça excite les moteurs de recherche.


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  • zikmu3.jpg « les yeux trempés d'humidité d'une alose qui écoute jouer de l'accordéon.»*

    Je vous les sers depuis quelques jours, mais ces dessins à la plume de musicos** et de kangourous n'avaient pas été retenus pour le projet de plaquette d'une association. Trop brouillons !


    * Même quand il n'est pas gai, Georges Courteline n'est pas triste (Messieurs les ronds-de-cuir).
    ** – Musicos ? C'est pas du verlan ?
    – Ma casquette à manger, c'en n'est pas !

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  • Napo commande la bataille Napo commande la bataille (détail)

    Les cavaliers armés d'épées de bois me donnent l'occasion de faire prendre l'air au mot caducité – qu'on ne trouve pas sous le sabot d'un cheval ! – avec la complicité de l'évêque d'Osma – une relation – qui note ses rencontres dans la Rue du Temps :

    « Ces deux autres qui ravagent tout de leurs épées s'appellent Accident, & Caducité, qui sont les deux Sergens de la Mort. Celui qui se nomme Accident, est celuy qui tient en main l'épée d'acier ; & celuy qui tient l'épée de bois s'appelle Caducité. Sur l'épée d'acier il y a ces mots : Ceux que je ne tuërai pas ; & sur l'épée de bois, je les tuërai moy. C'est-à-dire, que pendant la vie qui ne perit par accident, qui est representé par cette épée d'acier, qui tuë promptement, comme les fiévres, les blessures & autres maladies ; perira par caducité, qui est representée par l'épée de bois, qui tuë lentement : ainsi il ne leur échappe rien. Voilà comme dans le cours de la vie, par la carriere du Tems, les uns & les autres prennent fin, & laissent la place à ceux qui viennent après eux.»*


    * Juan de Palafox y Mendoza, Œuvres spirituelles, sçavoir, son Pasteur de la Nuit de Noël, Paris, 1698

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  • Napo commande la bataille Petit dessin juste pour s'échauffer les doigts.
    Ça commence par Napo sur un cheval, puis viennent les cavaliers armés d'épées de bois. La bataille est mal engagée.



    Napo commande la bataille, 09.12.09, craies sur papier,
    80 x 100 cm*

    * Ah oui, quand même !


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  • Couple – Ces deux personnages – sans nombril – dirait-on point le couple originel ?*
    Laissons là et intéressons-nous plutôt aux marches qu'on aperçoit en arrière-plan.

    « ESCALIER, DEGRÉ, MONTÉE, synonymes : ces trois mots désignent la même chose , c'est-à-dire , cette partie d'une maison qui sert par plusieurs marches à monter aux divers étages d'un bâtiment, & à en descendre. Mais escalier est aujourd'hui devenu le seul terme d'usage. Degré ne se dit plus que par les bourgeois , & montée par le petit peuple.»**

    * « On descend tous d'Avant et Ed contrepète maman » (Valérie Rouzeau, Quand je me deux)
    ** L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert.


    Croquis, 2009, fusain et craies sur Kraft


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