• J'entends ici ou là que le cardinal de Bernis ne tient pas ses promesses.

    Voici donc un autre extrait* de son œuvre torride, mais n'y revenez pas.

     

    Albi

    Trompe-l'œil à Albi – 2011

     

    La jeune Doris, plus pressante
    Et plus sensible à ses refus,
    Lui tend, d'une main caressante,
    Un piège inventé par Vénus.
    Cent fois la naïade échappée
    S'attache à son sein embrasé :
    S'il plonge, il baise une napée ;
    S'il se renverse, il est baisé.
    Efforts dangereux d'une belle,
    L'Amour peut vous rendre impuissants,
    Et le cœur d'un amant fidèle
    Échappe aux prestiges des sens.
    Léandre a vaincu la nature ;
    Un dieu l'éclaire, et le conduit
    Aux portes d'une tour obscure
    Où la volupté l'introduit.

     

     

    * Les Quatre Parties du jour - La Nuit. op. cit.


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  • – Tu ne cites pas de Bernis, nous restons sur notre faim, me reproche-t-on ici et là, peut-être aurions-nous une opinion différente du critique.

    – En effet. J'avoue que c'est ballot. D'autant que la poésie de l'évêque d'Albi est parfois goûteuse. Éloignons les enfants.

     

    Poseur de plaques

    Poseur de plaques à Gaillac

     

         INVITATION

         À Zéphise

    Le plaisir, couronné de fleurs,
    Vient voler sur la table ;
    Il attend pour charmer nos cœurs
    Un moment favorable.
    Belle Zéphise, où tu n'es pas
    Pourroit-il nous séduire ?
    Il a besoin de tes appas
    Pour fonder son empire.

    Viens réveiller sous cet ormeau
    L'esprit et la saillie ;
    On t'attend auprès d'un tonneau
    Qu'a percé la Folie.
    Ce champagne est prêt à partir ;
    Dans sa prison il fume,
    Impatient de te couvrir
    De sa brillante écume.

    Sais-tu pourquoi ce vin charmant
    Lorsque ta main l'agite,
    Comme un éclair étincelant
    Vole et se précipite ?
    Bacchus en vain dans son flacon
    Retient l'Amour rebelle :
    L'Amour sort toujours de prison
    Sous la main d'une belle.



    – Foutre oui !
    – Je vous en prie.

     

    * Œuvres de François-Joachim de Pierre, cardinal de Bernis, tome premier, Paris, 1819 (gallica.bnf.fr)


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  • Albi Albi (place Savène) – septembre 2011

     

    « L'abus qu'il fait des vieilles formes poétiques et le continuel usage de la mythologie en rend la lecture fatigante.» Je vais donc vous épargner la lecture de François-Joachim de Pierre de Bernis (1715-1794), évêque d'Albi, dont j'ignorais tout avant que Prosper Poitevin ne l'habille pour l'hiver.*

     

     

    * Petits poëtes français depuis Malherbe jusqu'à nos jours, Paris, 1841


    16 commentaires
  • Les blogs amis donnent dans le dahlia ces temps-ci. Ce doit être de saison. Ne pouvant être en reste, voici mon dahlia. J'ai convoqué pour l'occasion Pierre Lachambeaudie dont les Fables ont été couronnées deux fois par l'Académie française. Elle avait une excuse,l'académie, c'était au milieu du XIXe.

    Éloignez les enfants, ça va commencer.

     

     

    dahlia2N4313.jpg

    LE DAHLIA ET LA VIOLETTE


    Le dahlia, la violette
    Par un enfant sont cueillis un matin.
    Du premier la corolle élégante, coquette,
    Déplore son triste destin,
    Se plaignant d'avoir pour compagne
    Une fleur sans éclat, qu'on aurait dû laisser
    Sous le buisson natal, là-bas, dans la campagne.
    « Prétendrait-elle m'éclipser ?
    Faut-il que je meure de honte ? »
    L'enfant, la violette, aucun ne répondit:
    De son dépit nul ne tint compte.
    Pour notre couple, hélas ! la vieillesse fut prompte,
    Et bientôt le temps étendit
    Sur leurs têtes ses mains glacées.
    L'enfant les retira du vase toutes deux ;
    Depuis, sur un fumier honteux
    On vit du dahlia les feuilles dispersées,
    Et des champs l'humble fleur
    Aux malades dispense un suc réparateur.

    Dans ces deux fleurs j'entrevois deux images :
    De la femme au cœur sec, briguant tous les hommages,
    Le dahlia nous offre le portrait.
    Alors que la beauté, son seul bien, disparaît,
    Elle n'a qu'à mourir, d'elle plus rien ne reste.
    Dans l'autre on reconnaît de la femme modeste
    Le symbole délicieux.
    Le temps peut, en passant, lui ravir d'un coup d'aile
    Et jeunesse et fraîcheur ; son cœur n'est jamais vieux :
    Sur nous, jusqu'à la fin, son amitié fidèle
    Répand de ses vertus le baume précieux.


     


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  • Dansons la capucine... Je lis ici ou là qu'on doit la chanson à Jean-Baptiste Clément. Ah oui ? Allons donc y voir...

     

    Capucines

     

    DANSONS LA CAPUCINE

    VIEILLE CHANSON

    I

    ...Dansons la Capucine,
    Le pain manque chez nous...
    ...Le curé fait grasse cuisine,
    Mais il mange sans vous.
    Dansez la Capucine
    Et gare au loup,
    You !...

    II

    ...Dansons la Capucine,
    Le vin manque chez nous...
    ...Les gros fermiers boivent chopine,
    Mais ils trinquent sans vous.
    Dansez la Capucine
    Et gare au loup,
    You !...

    III

    ...Dansons la Capucine,
    Le bois manque chez nous...
    ...Il en pousse dans la ravine,
    On le brûle sans vous.
    Dansez la Capucine
    Et gare au loup,
    You !...

    . . . . . . . . . . . . .
    . . . . . . . . . . . . .
    . . . . . . . . . . . . .

    I

    ...Dansons la Capucine,
    L'esprit manque chez nous...
    ...L'instruction en est la mine,
    Mais ça n'est pas pour vous.
    Dansez la Capucine
    Et gare au loup,
    You !...

    II

    ...Dansons la Capucine,
    L'argent manque chez nous..
    ...L'Empereur en a dans sa mine,
    Mais ça n'est pas pour vous.
    Dansez la Capucine
    Et gare au loup,
    You !

    III

    ...Dansons la Capucine,
    L'amour manque chez nous...
    ...La pauvreté qui l'assassine
    L'a chassé de chez vous.
    Dansez la Capucine
    Et gare au loup,
    You !

    . . . . . . . . . . . . .
    . . . . . . . . . . . . .
    . . . . . . . . . . . . .

    I

    ...Dansons la Capucine,
    La misère est chez nous...
    ...Dame Tristesse est sa voisine
    Et vous en aurez tous.
    Dansez la Capucine
    Et gare au loup,
    You !


    II

    ...Dansons la Capucine
    La tristesse est chez nous...
    ...Dame Colère est sa voisine
    Et vous en aurez tous.
    Dansez la Capucine
    Et gare au loup,
    You !

    III

    ...Dansons la Capucine
    La colère est chez nous...
    ...Dame Vengeance est sa voisine,
    Courez et vengez-vous !
    Dansons la Capucine
    Et gare au loup,
    You !...


    décembre 1868
    Dansons la Capucine, musique de Darder.

     

    Source : gallica.bnf.fr


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  • Avec un peu de recul, mais oui : punaise !

    Et un poème, tiré du Tintamarre du 2 novembre 1856, dont on me dira des nouvelles.

     

    Punaise

     


    Vœu d'une punaise

    Si j'étais, ô mon adorée,
    Punaise à la robe dorée,
    S'établissant dans ton taudis ;
    Je te verrais la nuit, sans voiles,
    Et tes yeux, comme des étoiles,
    Me montreraient le paradis !

    Je pourrais, sans être indiscrète,
    Tous les soirs, quittant ma retraite,
    M'aller blottir dans ton rideau
    Jusqu'au moment plein de délices
    Où j'irais goûter les prémices
    D'un amour pur dans ton dodo !

                       A. Hutin

     

     

    Mutin, l'Hutin !


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  • Festival des jardins de Chaumont-sur-Loire 2010

    Festival des jardins de Chaumont-sur-Loire 2010

     

    « Les théurgites, les anciens sages, avaient tous une verge avec laquelle ils opéraient.
    Mercure passe pour le premier dont la verge ait fait des prodiges. On tient que Zoroastre avait une grande verge. La verge de l'antique Bacchus était son thyrse, avec lequel il sépara les eaux de l'Oronte, de l'Hydaspe et de la mer Rouge. La verge d'Hercule était son bâton, sa massue. Pythagore fut toujours représenté avec sa verge. On dit qu'elle était d'or ; il n'est pas étonnant qu'ayant une cuisse d'or, il eût une verge du même métal.
    Abaris, prêtre d'Apollon hyperboréen, qu'on prétend avoir été contemporain de Pythagore, fut bien plus fameux par sa verge ; elle n'était que de bois ; mais il traversait les airs à califourchon sur elle. Porphyre et Jamblique affirment que ces deux grands théurgites, Abaris et Pythagore, se montrèrent amicalement leur verge.»*

     

    – Ben, mon gars, si tu t'imagines qu'avec des écrits comme ça, tu vas entrer au Panthéon...

    – M'en fous, j'y suis déjà.

     

     

    * Voltaire, Dictionnaire philosophique.


    théurgite : magicien qui fait appel aux divinités célestes.

    thyrse : bâton terminé par une pomme de pin ou des feuilles de vigne.


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