• Où m'entraîne une recherche sur l'origine du nom donné à la mésange

     

    nonnette2.jpg « On rapporte qu'un singe, un singe merveilleux,
    Que les Égyptiens consacraient à leurs dieux.
    Indiquait, en pissant douze fois en douze heures,
    Les pas du Temps qui fuit vers les sombres demeures.
    La nuit, lorsqu'on veillait, vous comprenez combien
    Était avantageux un semblable moyen,
    Aussi, chaque nonnette avait, dans sa cellule,
    Un petit cénophal en guise de pendule. »


    Eugène Berthier, Pyrame et Thisbé, poème comique en quatre chants, Paris, 1853

    Cénophal : autre nom du cynocéphale


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  • Tango pour José

    « La mort c'est comme la vie   Ça n'existe pas  » écrivait José.*

    Ben si. Les deux.

     

    José Millas-Martin, poète, est décédé ce début décembre.

     

    Topa lui rend hommage sur son blog biloba.

     

    L'image ci-contre est un brouillon pour un des poèmes du Tango pour José, aux éditions Donner à Voir.

     

    GUERRE


    Trois êtres Paniers poireaux Torchon Biberon couchés terre Garçonnet sur bras replié Petite fille nue Bras ouvert Ficelles de sang noir Yeux Narines Bouches Près mur Mère bandeau Sang Trempe sang Bras gauche Paume ouverte enlace sa fille retournée vers le sol
    Le monument et les discours pour plus tard


    José Millas-Martin
    (Trayecto-Trajet – éditions Sépia, 1985)

     

    * Du poème Hier. Le titre est emprunté à Bien fait vite fait (« Belle foutaise  Venons de l'éternité  Y retournons »). Ces deux textes dans Posologie usuelle, éditions La Bruyère, 1987, repris dans l'anthologie À mots rompus.


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  • J'entends ici ou là que le cardinal de Bernis ne tient pas ses promesses.

    Voici donc un autre extrait* de son œuvre torride, mais n'y revenez pas.

     

    Albi

    Trompe-l'œil à Albi – 2011

     

    La jeune Doris, plus pressante
    Et plus sensible à ses refus,
    Lui tend, d'une main caressante,
    Un piège inventé par Vénus.
    Cent fois la naïade échappée
    S'attache à son sein embrasé :
    S'il plonge, il baise une napée ;
    S'il se renverse, il est baisé.
    Efforts dangereux d'une belle,
    L'Amour peut vous rendre impuissants,
    Et le cœur d'un amant fidèle
    Échappe aux prestiges des sens.
    Léandre a vaincu la nature ;
    Un dieu l'éclaire, et le conduit
    Aux portes d'une tour obscure
    Où la volupté l'introduit.

     

     

    * Les Quatre Parties du jour - La Nuit. op. cit.


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  • – Tu ne cites pas de Bernis, nous restons sur notre faim, me reproche-t-on ici et là, peut-être aurions-nous une opinion différente du critique.

    – En effet. J'avoue que c'est ballot. D'autant que la poésie de l'évêque d'Albi est parfois goûteuse. Éloignons les enfants.

     

    Poseur de plaques

    Poseur de plaques à Gaillac

     

         INVITATION

         À Zéphise

    Le plaisir, couronné de fleurs,
    Vient voler sur la table ;
    Il attend pour charmer nos cœurs
    Un moment favorable.
    Belle Zéphise, où tu n'es pas
    Pourroit-il nous séduire ?
    Il a besoin de tes appas
    Pour fonder son empire.

    Viens réveiller sous cet ormeau
    L'esprit et la saillie ;
    On t'attend auprès d'un tonneau
    Qu'a percé la Folie.
    Ce champagne est prêt à partir ;
    Dans sa prison il fume,
    Impatient de te couvrir
    De sa brillante écume.

    Sais-tu pourquoi ce vin charmant
    Lorsque ta main l'agite,
    Comme un éclair étincelant
    Vole et se précipite ?
    Bacchus en vain dans son flacon
    Retient l'Amour rebelle :
    L'Amour sort toujours de prison
    Sous la main d'une belle.



    – Foutre oui !
    – Je vous en prie.

     

    * Œuvres de François-Joachim de Pierre, cardinal de Bernis, tome premier, Paris, 1819 (gallica.bnf.fr)


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  • Albi Albi (place Savène) – septembre 2011

     

    « L'abus qu'il fait des vieilles formes poétiques et le continuel usage de la mythologie en rend la lecture fatigante.» Je vais donc vous épargner la lecture de François-Joachim de Pierre de Bernis (1715-1794), évêque d'Albi, dont j'ignorais tout avant que Prosper Poitevin ne l'habille pour l'hiver.*

     

     

    * Petits poëtes français depuis Malherbe jusqu'à nos jours, Paris, 1841


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  • Les blogs amis donnent dans le dahlia ces temps-ci. Ce doit être de saison. Ne pouvant être en reste, voici mon dahlia. J'ai convoqué pour l'occasion Pierre Lachambeaudie dont les Fables ont été couronnées deux fois par l'Académie française. Elle avait une excuse,l'académie, c'était au milieu du XIXe.

    Éloignez les enfants, ça va commencer.

     

     

    dahlia2N4313.jpg

    LE DAHLIA ET LA VIOLETTE


    Le dahlia, la violette
    Par un enfant sont cueillis un matin.
    Du premier la corolle élégante, coquette,
    Déplore son triste destin,
    Se plaignant d'avoir pour compagne
    Une fleur sans éclat, qu'on aurait dû laisser
    Sous le buisson natal, là-bas, dans la campagne.
    « Prétendrait-elle m'éclipser ?
    Faut-il que je meure de honte ? »
    L'enfant, la violette, aucun ne répondit:
    De son dépit nul ne tint compte.
    Pour notre couple, hélas ! la vieillesse fut prompte,
    Et bientôt le temps étendit
    Sur leurs têtes ses mains glacées.
    L'enfant les retira du vase toutes deux ;
    Depuis, sur un fumier honteux
    On vit du dahlia les feuilles dispersées,
    Et des champs l'humble fleur
    Aux malades dispense un suc réparateur.

    Dans ces deux fleurs j'entrevois deux images :
    De la femme au cœur sec, briguant tous les hommages,
    Le dahlia nous offre le portrait.
    Alors que la beauté, son seul bien, disparaît,
    Elle n'a qu'à mourir, d'elle plus rien ne reste.
    Dans l'autre on reconnaît de la femme modeste
    Le symbole délicieux.
    Le temps peut, en passant, lui ravir d'un coup d'aile
    Et jeunesse et fraîcheur ; son cœur n'est jamais vieux :
    Sur nous, jusqu'à la fin, son amitié fidèle
    Répand de ses vertus le baume précieux.


     


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  • Dansons la capucine... Je lis ici ou là qu'on doit la chanson à Jean-Baptiste Clément. Ah oui ? Allons donc y voir...

     

    Capucines

     

    DANSONS LA CAPUCINE

    VIEILLE CHANSON

    I

    ...Dansons la Capucine,
    Le pain manque chez nous...
    ...Le curé fait grasse cuisine,
    Mais il mange sans vous.
    Dansez la Capucine
    Et gare au loup,
    You !...

    II

    ...Dansons la Capucine,
    Le vin manque chez nous...
    ...Les gros fermiers boivent chopine,
    Mais ils trinquent sans vous.
    Dansez la Capucine
    Et gare au loup,
    You !...

    III

    ...Dansons la Capucine,
    Le bois manque chez nous...
    ...Il en pousse dans la ravine,
    On le brûle sans vous.
    Dansez la Capucine
    Et gare au loup,
    You !...

    . . . . . . . . . . . . .
    . . . . . . . . . . . . .
    . . . . . . . . . . . . .

    I

    ...Dansons la Capucine,
    L'esprit manque chez nous...
    ...L'instruction en est la mine,
    Mais ça n'est pas pour vous.
    Dansez la Capucine
    Et gare au loup,
    You !...

    II

    ...Dansons la Capucine,
    L'argent manque chez nous..
    ...L'Empereur en a dans sa mine,
    Mais ça n'est pas pour vous.
    Dansez la Capucine
    Et gare au loup,
    You !

    III

    ...Dansons la Capucine,
    L'amour manque chez nous...
    ...La pauvreté qui l'assassine
    L'a chassé de chez vous.
    Dansez la Capucine
    Et gare au loup,
    You !

    . . . . . . . . . . . . .
    . . . . . . . . . . . . .
    . . . . . . . . . . . . .

    I

    ...Dansons la Capucine,
    La misère est chez nous...
    ...Dame Tristesse est sa voisine
    Et vous en aurez tous.
    Dansez la Capucine
    Et gare au loup,
    You !


    II

    ...Dansons la Capucine
    La tristesse est chez nous...
    ...Dame Colère est sa voisine
    Et vous en aurez tous.
    Dansez la Capucine
    Et gare au loup,
    You !

    III

    ...Dansons la Capucine
    La colère est chez nous...
    ...Dame Vengeance est sa voisine,
    Courez et vengez-vous !
    Dansons la Capucine
    Et gare au loup,
    You !...


    décembre 1868
    Dansons la Capucine, musique de Darder.

     

    Source : gallica.bnf.fr


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