• Baudelaire Charles Baudelaire n'avait pas que des amis. Jules Vallès l'habille ainsi pour l'hiver et les saisons à suivre : « Il y avait en lui du prêtre, de la vieille femme et du cabotin. C'était surtout un cabotin.»*

    * article de La Rue, 7 septembre 1867. Sur le site de la Bibliothèque municipale de Lisieux.

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  • Bidon Sorti de la galerie de la Coutume à Coulon (85), un recueil de Hubert Pajot*. Choisi pour le poème suivant entrevu en feuilletant :

    DE TOULOUSE

    La langue d'oil,
    Quel Mobiloil !
    Mais quel Médoc,
    La langue d'oc !

    J'en étais encore à réfléchir à l'illustration quand, au détour de l'étroite allée d'un vide-greniers, un bidon à huile se jette devant mon objectif. Pile poil, Mobiloil !
    – Non ?
    – Si ! Et fin du fin... à la dame qui tient l'étal, curieuse de mon intérêt pour son bidon, je narre en quelques mots le bouquiniste, le poème, l'exceptionnel destin de la photo dans l'excellent blog que vous tenez entre les mains à l'œil.
    – J'aime entendre dire des poèmes, confie-t-elle. D'ailleurs, un poète est venu chez nous qui contait très très bien... À l'école de ma fille, puis au foyer rural...
    Je la presse de m'en donner le nom.
    – Monsieur Poslaniec !
    – Christian Poslaniec ! Ça alors...**

    Christian, si tu passes ici, je t'embrasse.

    * De mon courtil, Studio technique d'éditions, Toulouse, 1931
    Hubert Pajot (1896-1986) fut sénateur-maire de Fontainebleau.
    ** Sur le site du Printemps des Poètes, un sonnet à l'huile de Christian pour rester dans le ton et deux ou trois choses qu'on sait de lui.

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  • Topa évoquait dans un commentaire récent le très beau Blues du crapaud de Daniel Clérembaux. Voici le poème avec l'illustration qui l'accompagnait dans la revue décol'.


    Le blues du crapaud (collage YB)
    Le blues du crapaud


    Les douceurs premières
    Des soirées de printemps
    Éveillent sous les pierres
    Le chant
    Du crapaud accoucheur.

    Chaque bulle de savon
    Ainsi libérée
    Par ce triste bluesman
    Avive au ciel
    La clarté d'une étoile.

    Allez donc savoir si,
    Par hasard,
    Du fond de son trou noir,
    L'œil ocellé d'or
    Ne perçoit pas l'éclat lointain
    Des galaxies,
    Si sa triste mélopée
    Ne berce pas d'illusions
    Ce petit joueur de flûteau,
    S'il ne voit pas s'allumer là-haut
    Les lueurs qui nous consolent
    De la noirceur du ciel ?


    © Daniel Clérembaux

    15e Printemps de Durcet
    revue décol' n° 26, l'épi de seigle, 2000

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  • Maison 179 Maison 179, 2009, aquarelle, 20 x 20 cm
    Jean Féron est parmi les premiers poètes à avoir créé un site internet. Grâce à lui, j'ai découvert André Martel. Enfin quelques poèmes de André Martel, le papapafol du Paralloïdre. Introuvable en librairie. Hors de prix pour  quelques ouvrages perdus chez les bouquinistes.
    Les textes annoncés sur le site qui lui est consacré étaient devenus inaccessibles. Voilà soudain qu'ils réapparaissent. À lire d'urgence.

    Pour le plaisir, Hippotine, ci-après... et, en bonus, la Maison 179.


    HIPPOTINE

    Hippopas ! Popapi ! Papippo !
    Blrr ! Hili ! Blrr ! Hiliglihégli !
    Silen !.................... Paf !
    Dring ! Dring ! Driiiing !
    Hippotrot ! Hippotrot ! Hippotrot !
    Hippogalop ! Hippogalop ! Hippogalop !
    Hippoglop ! Hippoglop ! Hippoglop !
    Higlop ! Higlop ! Higlop !
    Hig ! Hig ! Hig ! Hibond
    Surhaie ! Bonsurhaie ! Bonsurhaie ! Bond
    Patater ! Higlop ! Patater !
    Hip ! Hip ! Hip ! Hibond
    Surleau ! Bonsurleau ! Bond
    Pataflac ! Hippoglop ! Pataflac !
    Hip ! Hip ! Hip ! Hip !
    Pasrapas ! pasrapas ! pasrapas !
    Hippofons' ! Hippobour' ! Hippopouss' !
    Pasrapas ! pasrapas ! pasrapas !
    Hippoclac ! Hippocloc ! Hippoclic !
    Pasra ! Pasra ! Pasra ! Pasra !
    Vol' ! Proch ! Près ! Raz !
    Pasra ! Pasra ! Pasra ! Pasra !
    Pass' ! Pass' ! Pass' ! Pass' !
    Ah ! a - a - a - a - a - a - ah !



    André MARTEL
    Le Paralloïdre des Çorfes
    édition Debresse, Paris, 1951

    Un autre poème du même auteur sur Ahoui : Éphéméril du peutipesçon

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  • Cheval - photo Oncle Pa Le soir de l'annonce du décès de Mahmoud Darwich, Oncle Pa m'adressait le courriel suivant :


    « – Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude ?
    – Que la maison reste animée, mon enfant. Car les maisons meurent quand partent leurs habitants
    »*
     
    La maison de Mahmoud est vide ce soir.

    Oncle Pa



    Les poèmes de Mahmoud Darwich continuent à nous accompagner.


    * Mahmoud DARWICH, Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude ? traduit de l’arabe (Palestine) par Elias Sanbar
    Actes Sud, 1996




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  • Ô le frisson des falbalas,
    Le bruissement des brocatelles,
    La lassitude des lilas,
    La vanité des bagatelles !

       
    Stuart Merrill *


    Le titre de l'article est un clin d'œil à Joël Sadeler qui sonne cet hallali dans le Bocage et les Saisons.**

     * Premier et dernier quatrain du poème Fête au parc, dans les Gammes (vers), Vanier, Paris, 1887.
    ** Le Bocage et les Saisons, suivi de Anatomie des villages, Cahiers de poésie verte, 1992.


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  • Le cygne encore. Aujourd'hui avec Buffon, authentique poète.*

    Censuré
    Le couple amoureux se prodigue les plus douces caresses, et semble chercher dans le plaisir les nuances de la volupté, ils y préludent en entrelaçant leurs cous ; ils respirent ainsi l’ivresse d’un long embrassement ; ils se communiquent le feu qui les embrase ; et lorsqu’enfin le mâle s'est pleinement satisfait, la femelle brûle encore ; elle le suit, l'excite, l’enflamme de nouveau, et finit par le quitter à regret pour aller éteindre le reste de ses feux en se lavant dans l’eau.(1)

    (1) D'où vient l'opinion de sa prétendue pudeur, qui, selon Albert, est telle qu'elle ne voudrait pas manger après ces moments avant de s'être lavée. Le docteur Bartholin, enchérissant encore sur cette idée de la pudicité du cygne, assure que, cherchant à éteindre ses feux, il mange des orties, recette qui serait apparemment aussi bonne pour un docteur que pour un cygne.


    * Georges Louis Leclerc de Buffon, Histoire naturelle des oiseaux, Paris, MDCCLXXXV.

    L'image, montrant un douce caresse du couple, a été censurée au mieux.


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