• Très beau livre trouvé sur l'étal d'un vide-greniers : J'apprends à compter, un, deux, trois, par Mademoiselle H. S. BRÉS (Hachette, début XXe)

    Mademoiselle conclut ainsi son adresse aux mamans :

    – Voyez-vous, Messieurs et Mesdemoiselles Six-Ans, Cinq-Ans et même Quatre ou Trois Ans, je voudrais que vous en vinssiez tous à dire comme un de mes petits amis : « C'est si joli les chiffres ! on peut voir ce qu'il y a dedans.»

    Dans la leçon d'aujourd'hui : le 8 fait le zouave.

     

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  • Pompes

      Placard à l'ancien hôpital psychiatrique du Mans – 2011

     

    Comment mater en cachette : un guide pratique.*

    Si la préface décrit assez précisément les mateurs et mateuses, et cerne avec clarté les contours de la mate – un art qui demande du silence – je reste déçu par la distanciation que met l'auteure dans son propos. Le deuxième degré ne sied pas à ces conseils (90 tout de même) !

     

    * Sonia Mikhailoff, Comment mater en cachette, Hachette, 2008


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  • Les pêcheurs côtiers de Fukushima me sauront gré de les soutenir dans la reprise de leur activité.*

     

    L'appât des as

     

    Publicité parue dans le Guide du pêcheur en Sarthe, de M & Mme Plaud, pêcheurs pratiquants, 1933 (?)

     

    * Regarder également En mer avec les pêcheurs de Fukushima (Global Mag sur Arte).


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  • Infaillible

    et pourquoi donc que j'y ai pas été ?

    (Jacques Prévert)

     

    Il n'est pas de plaisir plus familial que la pêche. À l'heure du déjeuner, toute la famille vient rejoindre le père, parti de bon matin. L'aîné s'exerce à la capture d'une friture, les fillettes batifolent dans la prairie, le dernier-né tend ses petits bras vers le poisson argenté qui danse au bout de la ligne de papa. Qu'il fait bon vivre sous l'ombre des grands arbres, près de l'eau fraîche qui bruisse !


    M. & Mme Plaud, pêcheurs pratiquants, signent le Guide du pêcheur dans la Sarthe. Bien que Maman Plaud soit un peu oubliée dans ce tableau idyllique, on rappelle que la pêche s'adapte à tous les tempéraments. À l'ouvrier fatigué par un dur travail manuel, à la dame, au mutilé, au rentier [...]

     

    En plus d'être un guide extrêmement pratique sur les rivières de la Sarthe, le livret regorge de conseils pertinents.

    Savait-on que parmi les chauffeurs de taxis, plusieurs sont d'excellents pêcheurs, capables de vous conduire aux bons endroits. Non ! Savait-on que le seau est un impedimentum embarrassant, mais nécessaire. Sans doute pas non plus !

     

    Et, cerise sur la bourriche, la réclame donne dans le tautogramme :

    Pêcheurs ! Patanis Pilule Parfumée Pour Prendre Plusieurs Paniers Pleins Poissons.


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  • Dans Diogène au potager, Louis Dubost convoque Cicéron – plus très jeune – qui disait « Si vous avez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il faut.» Et avec Louis Dubost, on a. Le livre et le jardin. La courgette est gratinée, le concombre masqué – celui de Mandryka ? celui-là même. Au bout du courtil, passent les manifs. Les CRS sont en lignes, les oignons en rangs. C'est la fête aux radis et aux droits dans leurs bottes, l'amarante se rit de Monsanto, on ne sert pas d'ail sur les yachts – ni réciproquement.

    Cinq fruits et légumes par jour dans le panier AMAP politique – sous-titre du recueil. M'étonnerait qu'on soit constipé.

     

    Les linogravures d'Anah Merlet qui accompagnent les textes témoignent d'une observation fine et d'un humour idoine. Regard  renouvelé sur le jardin.

     

    Publié par les – excellentes – éditions des Carnets du Dessert de Lune, Diogène au potager  de Louis Dubost est en souscription jusqu'au 30 juin sur le site de l'éditeur. Une affaire. Cadeau en sus.

     

    Extrait – extra-fin – avec l'autorisation de l'auteur :

     

    Un petit pois

                d'une espèce à grains ridés, le sénateur, arrange le potager en annexe du jardin qui jouxte le Palais du Luxembourg. D'emblée, il requiert un palissage minimal sans quoi il flageole fâcheusement de la guibole. Comparable aux vieilles tiges décaties qui siestent sous les ors de la République, ces « grosses légumes » de jadis et naguère qui se touillent et chatouillent avec des airs d'importance mais dont la biodiversité citoyenne ne doit hélas ! attendre que minestrones et ratatouilles fadasses. À quand un référendum pour écosser la Constitution ?

     

    Les Petits Pois n° 11

    Il pleut sur le carré (les Petits Pois n° 11), 1997, acrylique sur carton, 40 x 25 cm (détail)


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  • « Yves Barré est un jeune...

    Et il a du talent – pas un talent conformiste, bien sûr, mais quelque chose de mieux et de plus fort : un véritable jaillissement comique, que l'on porte en soi ou que l'on ne porte pas, mais qui, de toute façon, ne peut s'apprendre.»

    Ce n'est pas moi qui le dis, mais Marcel E. Grancher, secrétaire (provisoirement) perpétuel de l'académie Rabelais, dans sa préface de Mézidon-les-Oies, roman gai d'un auteur homonyme.

     

    Roman gai

    Aperçu de la couverture (dessin de Micha)

     

    Yves Barré, Mézidon-les-Oies, édition de la Pensée nouvelle, sans date (1950 ?)


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  • sassin

     

    Plus de 700 romans pour cette rentrée littéraire. On sait bien qu'on ne les lira pas tous et que des perles vont échapper à la sagacité des critiques. Je reviens aujourd'hui sur un petit ouvrage (96 pages seulement), paru en 1955, Fabrique spéciale de Produits vétérinaires.

    L'argument est simple : les animaux de la ferme tombent malades les uns après les autres, et le bon docteur Adrien Sassin met au point les médicaments qui vont sauver nos amis. On est tenu en haleine jusqu'au dénouement final, d'autant que le traître est souvent au-dessus de tout soupçon, ainsi "le crapaud attaque le cheval, l'âne et le mulet" (p. 43) ou encore "le muguet des bois est un poison pour les canards et les oies" (p. 71). On est confronté aux mondes de la drogue : "avec la main droite, enfoncer vivement l'aiguille entre chair et peau, en piquant sous les doigts de la main gauche" (p. 17) ; du sexe : "avec les doigts légèrement huilés, introduire une bougie, toutes les huit heures, dans la cavité vaginale" (p. 53) ; de la violence : "on saisit avec le pouce et les deux premiers doigts de la main gauche l'un des testicules" (p. 75).

    Les descriptions sont précises et le style alerte dans une langue soignée. Pour être complet, l'ouvrage est subtilement servi par un illustrateur qui sait suggérer.

     

     

    illustration : douve du foie (p. 32) – fig. 5 : une rédie très grossie, remplie de cercaires ; fig. 6 : un cercaire libre (Il ne le restera pas longtemps grâce au bon docteur A. Sassin.)


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