• « Yves Barré est un jeune...

    Et il a du talent – pas un talent conformiste, bien sûr, mais quelque chose de mieux et de plus fort : un véritable jaillissement comique, que l'on porte en soi ou que l'on ne porte pas, mais qui, de toute façon, ne peut s'apprendre.»

    Ce n'est pas moi qui le dis, mais Marcel E. Grancher, secrétaire (provisoirement) perpétuel de l'académie Rabelais, dans sa préface de Mézidon-les-Oies, roman gai d'un auteur homonyme.

     

    Roman gai

    Aperçu de la couverture (dessin de Micha)

     

    Yves Barré, Mézidon-les-Oies, édition de la Pensée nouvelle, sans date (1950 ?)


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  • sassin

     

    Plus de 700 romans pour cette rentrée littéraire. On sait bien qu'on ne les lira pas tous et que des perles vont échapper à la sagacité des critiques. Je reviens aujourd'hui sur un petit ouvrage (96 pages seulement), paru en 1955, Fabrique spéciale de Produits vétérinaires.

    L'argument est simple : les animaux de la ferme tombent malades les uns après les autres, et le bon docteur Adrien Sassin met au point les médicaments qui vont sauver nos amis. On est tenu en haleine jusqu'au dénouement final, d'autant que le traître est souvent au-dessus de tout soupçon, ainsi "le crapaud attaque le cheval, l'âne et le mulet" (p. 43) ou encore "le muguet des bois est un poison pour les canards et les oies" (p. 71). On est confronté aux mondes de la drogue : "avec la main droite, enfoncer vivement l'aiguille entre chair et peau, en piquant sous les doigts de la main gauche" (p. 17) ; du sexe : "avec les doigts légèrement huilés, introduire une bougie, toutes les huit heures, dans la cavité vaginale" (p. 53) ; de la violence : "on saisit avec le pouce et les deux premiers doigts de la main gauche l'un des testicules" (p. 75).

    Les descriptions sont précises et le style alerte dans une langue soignée. Pour être complet, l'ouvrage est subtilement servi par un illustrateur qui sait suggérer.

     

     

    illustration : douve du foie (p. 32) – fig. 5 : une rédie très grossie, remplie de cercaires ; fig. 6 : un cercaire libre (Il ne le restera pas longtemps grâce au bon docteur A. Sassin.)


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  • Hercule (détail) Dans les Spicilèges amoureux de Mr Ploton – les miscellanées consacrées à la sexualité – il apparaît que les boules de Geisha... ne sont pratiquement pas utilisées au Japon... où Chichi (乳) est la perversion consistant à donner le sein à un sujet adulte.*

     

     

    * Éditions Blanche, 2008

     

    Ci-contre : l'Hercule Farnèse du Jardin des Tuileries tient des pommes dans sa main.


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  • Pourquoi ? – Dis-moi ce que tu lis, je te dirai...

    – Ça ne va pas être facile...

     

    En ce moment, le témoignage d'une vie plutôt mal partie. Acheté parce l'auteur s'appelait Anita. Pas celle de la Pêche à la baleine ! Ici, c'est un pseudonyme. Que l'auteure oublie au cours de son récit.  Je lis, page 11 : « Le diminutif de mon nom est Nicou.» Annick, vous auriez pu être plus attentive !

     

     

     


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  • Fleur de courgette Au jardin, première fleur de courgette de la saison.

    C'est un garçon !

     

    J'achève le premier volume de Prostituée.*

    Dans les mansardes des maisons cossues, les bourgeois lutinent les bonnes que les bourgeoises congédient aux premières rondeurs.

    Le roman vaut beaucoup pour les opinions portées en marge du récit. Victor Margueritte, la légion d'honneur, on n'aurait jamais dû la lui donner !**

    Portrait d'un petit juge*** :

    « Non que l'honorable sous-chef  fût un malhonnête homme. C'était, en dehors de sa manie, un homme comme la plupart, ni bon, ni méchant, qui avait été élève passable, puis bachelier, puis employé. Il avait, sur toutes choses, des opinions immuables, celle qu'une moyenne éducation universitaire lui avait données. Incapable d'une idée générale, d'un jugement personnel, il était un des innombrables produits de cette machine à décerveler, qui fonctionne, avec privilège de l'État, sous le nom d'enseignement secondaire. La société pour lui était bien faite. Il n'avait jamais réfléchi au comment, ni au pourquoi.  Esclave né du principe d'autorité, il emprisonnait, arbitrairement, des innocentes, d'abord parce qu'il touchait pour cela, à la fin du mois, de réguliers appointements, ensuite parce qu'homme d'ordre, d'économie, bon mari et bon père, il estimait n'avoir affaire qu'à des coupables.»

    Ça ne vous rappelle pas quelqu'un ?

     

    * Comment j'en suis arrivé là !

    ** Lire le commentaire de Topa sur l'article précédent.

    *** p. 107. Quelques pages plus loin, une charge contre le Bon Pasteur (« Ces maisons-là, c'étaient des prisons pires que les autres.»)


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  • Victor Margueritte

     

    Sur le dernier vide-greniers visité, j'ai fait emplette de livres pieux*.

    Sur un autre de ces lieux de déballage, un ami** a déniché cette Prostituée – roman en deux volumes – qu'il m'a offerte***. De M. Victor Margueritte.

    Ça commence fort : la jeune Annette a été raflée sur un trottoir par Brice l'Auvergnat. Au violon ! Nous, on sait que c'est une injustice, mais pas le fonctionnaire suspicieux. Pauvre petite couseuse ! – elle est couseuse. Sa chair de vierge tressaille d'une horreur secrète.

     

     

    * Authentique !

    ** Je soupçonne sa complice d'être aussi sa compagne. Et réciproquement.

    *** Ah oui ! L'accord je le vois là !


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