• Pain

    L'été encourageant la paresse, j'allais vous resservir ce quignon de pain publié en novembre 2007**. Image et texte. Et voilà que Jean-Louis Bailly me fournit matière à me renouveler :
    « Le Championnat du monde de beurrage de tartines n'est pas une petite affaire. Les candidats concourent dans plusieurs catégories, baguettes, pain de campagne, beurre mou, beurre dur. Mais l'épreuve reine est celle du campagne à trous. Certaines tartines ne sont que trous, aux contours délimités par un fin réseau irrégulier de mie tendre : allez me beurrer ça.»
    C'est extrait de son réjouissant dernier livre, Une grosse suivie d'un petit geste commercial.  – Plus 8% de littérature offerte, annonce-t-on sur la couverture !

    * Jean-Louis Bailly, Une grosse suivie d'un petit geste commercial, édition de l'Arbre vengeur, 2015
    Jean-Louis Bailly participe à l'occasion à la revue L'Iresuthe (Pour qui goûte les jeux littéraires, quelques articles repris sur le net : L'Anacoluthe. n° 1, 6, 7, 12, 13)

    ** Le billet de novembre 2007 :
    Quignon de pain – au stylo bille
    La boulangerie Le Chant du pain, à St-Symphorien, a pétri la baguette qui a servi de modèle.
    Le navet m'a été aimablement prêté par Janine.
    On aperçoit une carotte, plante de la famille des ombellifères à la racine comestible. On prétend que sa consommation rend aimable, mais cela nous éloigne de notre sujet.

     

     


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  • Petite revue trimestrielle, l'Iresuthe défend la librairie et la petite édition. Elle publie essentiellement des notes de lectures et quelques textes d'auteurs amis. Signé James Tanneau, le billet suivant est tiré de la version numérique de la revue. Il me semble important de lui donner la plus large audience *.

     

    1000 coups de fouetRaif BADAWI
    1000 coups de fouet parce que j'ai osé parler librement

    éditions Kero
    3 euros

    Les bénéfices de ce livre sont reversés pour assurer la défense de Badawi.

    Badawi s'est vu condamner à 10 ans de prison : mille coups de fouets et 226 000 euros d'amende pour avoir créé un blog. Sa femme et ses trois enfants ont émigré au Canada. Pour Amnesty, Raif est un prisonnier d'opinion, il publiait, pour la liberté d'expression des textes  interdits.
    Les prisons saoudiennes sont remplies de détenus enfermés pour avoir osé exprimer leur opinion librement, pour apostat, hérésie, blasphème dans l'indifférence et avec la complicité des grandes nations car le poids économique et stratégique de l'Arabie est grand. Badawi est heureux, stupéfait de découvrir au milieu de centaines de mots orduriers un graffiti dans les toilettes « La Laïcité est la solution ». Émerveillé  par cette belle maxime insolite Raif écrit « les  principales fonctions des états religieux sont de tuer la raison, de lutter contre les enseignements de l'histoire et la logique, et d'abêtir les gens ».
    L'Arabie Saoudite embauche « des bourreaux » pour décapiter et couper des mains. On n'entend pas les grandes démocraties européennes et les États-Unis dénoncer ces crimes.

    JT

     

    * Reproduction autorisée en citant la source : lanacoluthe.free.fr

     

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  • J'ai en main le magnifique Brumes d'aube d'Anne Certain, dernier Choisi de l'Atelier de Groutel.

    Sur la couverture, Jacques Renou annonce s'être livré à un pillage dans l'œuvre de l'auteure. Plutôt que pillage – rapine et maraudage – j'y apporterais nuance de grappillage. Comme on grappille groseilles au verger. Du bout des doigts. Puis, comme on fait, en bouche, éclater les baies, langue pressée contre palais.

    Pour dire tout le plaisir que me donne la lecture de ce recueil et comment il réveille l'imagination, je ne saurais rien ajouter à l'introduction de l'éditeur (lire ici), hormis ce dessin. Inspiré des vers d'Anne Certain :
    [...]
    Ne reste de nuit
    que la découpure
    de six cormorans
    cloués comme des enseignes
    émaillées
    sur le mur de lumière.

    Six cormorans
    "Ne reste de nuit...", papier déchirés collés & acrylique sur carton, 10 x 33 cm

     

     


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  • Des choses qui arrivent...

    Des choses qui arrivent.*  Voilà qu'un ami publie.**

    Les choses qui arrivent ne vous préviennent pas de leur passage. Un chien aboie, un papillon se pose sur un buddleia, une femme affolée vient frapper à la maison, vous cherchez un endroit propice, une roquette est tombée... Lot quotidien, ces choses qui arrivent s'entremêlent, sans souci de hiérarchie, légères ou graves. Jean-Claude Touzeil s'en fait le témoin. Actif – on sort la 2 CV bleue – ou contemplatif – pour une belle turboise, c'était une belle turboise.
    Il y a là, de la fable et de l'affable.
    De la fable dans les poèmes aux vers souvent coupés courts et un art de la chute qu'on imagine venir d'une fréquentation des pelotons... cyclistes. Du blanc au noir,  l'humour y prend toutes les nuances : les mots savent se tenir les côtes.
    De l'affable chez le poète qui porte une attention bienveillante aux gens rencontrés ici ou dans ces pays là-bas.
    Jean-Claude Touzeil offre au lecteur, un précieux sentiment de partage d'émotion(s).

     

     

    * Jean-Claude Touzeil, Des choses qui arrivent, éditions Le chat qui tousse, 2014. Lire aussi le biloba.
    *
    * – Tu vas encenser l'ouvrage ?
        – Au contraire. C'est vachement bien. Et pas qu'en vitrine.
    Notes
    Le titre du billet est emprunté à la meilleure source.
    L'illustration est une étude ancienne pour servir un poème de JCT.


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  • Jacques Renou me fournit la matière de ce billet. Je n'ai rien à changer à la présentation du prochain Brumes d'aube d'Anne Certain qui doit paraître fin novembre à l'atelier de Groutel.

    Anne Certain, Brumes d'aube.

    Portfolio composé en caractères mobiles en plomb, imprimé sur presse platine typographique. 40 pages, couverture à rabats. 50 exemplaires numérotés. Avant-lire de Jacques Renou.
    Collection Choisi, n° 27

    Avec Brumes d’aube, il ne s’agit pas d’ajouter à la litanie de promenades poétiques, charmantes descriptions de paysages, parfois correspondances d’états d’âme basculant de l’exaltation devant les fastes de la nature à l’abattement face à son extinction, en passant par la rêverie languide. Selon Hughes Labrusse, « si le poète a besoin de modèle, c’est qu’il y a peu en lui ». Anne Certain ne copie rien, il y a tout en elle. Entre palabre « noir ivoire » et « silence à large poitrine », elle immisce une poésie chaude et inquiète dans une gravité qui laisse parfois entendre que pourraient sourdre drame et souffrance « J’affronte en tremblant la nuit prête à bondir ». Le regret, la nostalgie « de jardin je n’en ai plus » et la résignation « je me regarde passer » côtoient un appétit de chaque instant. Le poète aime les fleurs, les noms qui leur sont donnés, l’observation des animaux, la marche en pleine nature, et pour résumer, faire toutes les choses assez banales et qui rendent le temps précieux.
    Anne Certain n’écrit plus à l’heure actuelle, mais sa collection de recueils inédits mériterait un plus grand pillage que celui proposé dans Brumes d’aube, extrait de La Gravité des nuages (2006) et de Cassures Collures (2008)

    Jacques RENOU.



    Anne a publié son premier recueil en 1993 (Travaux de saison, éditions Donner à Voir)
    Petites palabres noir ivoire, premier recueil de la collection Petits Carrés, chez Donner à voir, se termine par ces vers :

    Femme.
    Simplement
    femme.
     
    Anne Certain
    Anne Certain animant un atelier d'art postal lors du Printemps de Durcet, en 2005. (Photo M/YB)
     
    En souscription à l'Atelier de Groutel : 18 € + port (1 €) – Bon de commande à télécharger.
     

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  • Polder 163 & 164

    Les poèmes d'un amour éteint sont encore des poèmes. Avec Écrits la nuit (suivi d'Écrits d'amour),  Marie-Anne BRUCH prend le temps – celui de la nuit – de tracer les contours du silence, de l'absence, de l'abandon. Sans amertume. L'homme que j'aimais / était heureux sans moi. Plus que la solitude nouvelle qui l'a motivé, c'est l'acte d'écrire qui donne corps à cet ensemble. On suit le cheminement d'une pensée apaisée au fur et à mesure de l'écriture. Nécessité de la poésie pour consoler le poète – et ses lecteurs.
    La couverture de Claire Ceira dépeint parfaitement les lieux et temps du recueil.


    Patrick LE DIVENAH n'est pas sérieux. Je veux dire pas sérieux avec les mots. D'abord, il va les chercher chez les plus savants : entomologistes, botanistes, arachnologues, ornithologues, allergologues, dermatologues, castrologues... Il en joue. À leur insu. Et les voilà qui prêtent à rire. Douves et bilharzies de l'ordre des plathelminthes exhibent en vain leurs ventouses quand profondément s'ennuie un balantidium au fond de l'intestin d'un porc. Newton & Milo, de la pomme reçue sur la tête, le poète nous en met un bras. C'est vif, vigoureux, revigorant. Petite cosmogonie, aurait dit Queneau. Portative, de surcroît.

    Ces deux derniers Polder (coédition Décharge et Gros Textes) sont disponibles sur le site de la revue Décharge.
    On lira également les I.D. de Claude Vercey. :

    I.D. n° 507 : Journal de nuit à propos de Marie-Anne Bruch.
    I.D. n° 493 : La zoologie joyeuse de Patrick Le Divenah, avec les poèmes Le balantidium et Hanneton




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  • Chemin de Durcet

     

     

    Ce dessin accompagnait un poème élu sur le Chemin des poètes de Durcet en 2009.

    Idée d'un temps suspendu.

    Tant à espérer : la graine, le nid.

     


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