À quoi ça tient
Deux ou trois choses de Rue des courtils et de la gravure qui l'accompagne (voir billet précédent).
Je ne sais si toute inspiration créatrice a ses sources dans l'enfance, mais ici si. Un peu.
Le courtil, d'abord, que Littré déjà trouvait vieux. L'école venait de m'apprendre que les mots formaient des familles – tabac, tabatière ; café, cafetière ; cuisine, cuisinière. J'expérimentais courtilière, courtil. Pour les ravages causés au jardin familial, je connaissais bien ces insectes* et le maître me révéla que le courtil** était autrefois le jardin. Certains mots s'éteignaient ainsi : le goupil ou le connin – ah non ! avec le connin, notre rencontre est plus tardive.
Les deux cerises en pendentif sur le personnage féminin sont la copie d'un dessin d'une autre enfance, celle de ma mère. Je le trouve beau et j'avais été assez persuasif pour qu'elle ne le jetât pas un jour de grand tri.
Et la libellule ? me direz-vous. Clin d'œil à Louis Dubost qui me fait l'immense plaisir de signer l'après-lire. Notons qu'à la Depressa, j'ai préféré l'Anax imperator. L'entomologiste de mes amis pourrait objecter que le nombre de segments de l'abdomen est approximatif, mais on ne va pas se brouiller pour si peu.
* Tout sur la courtilière ou taupe-grillon sur les pages d'André Lequet.
** À la Suze, une rue des Courtils croise la rue de l'école d'alors.