Visite aux cabinets
Le geai cajole. Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre ? Manquerait plus qu'il se pare des plumes d'un congénère.
« Il y a une manière de chasser au Geai fort plaisante. On a un Geai privé, on le porte dans un bois où l'on soupçonne qu'il y a des Geais. On choisit un lieu un peu découvert. On renverse l'oiseau contre terre sur le dos, et avec deux petites fourches dont on s'est muni, on le contient sur le terrain, en engageant ses deux ailes sous les fourches, sans blesser l'oiseau, mais cependant de manière qu'il ne puisse se dégager. Puis l'on se retire et l'on se cache. Le Geai de crier, de se débattre ; les autres Geais de s'appeler, d'accourir d'arbre en arbre, de descendre à terre, de voler autour de l'infortuné, d'en approcher même de plus en plus sans défiance. Le malheureux saisit celui qui s'approche le plus près de lui et ne le lâche plus. Les cris que jette le nouveau prisonnier, avertissent que le Geai a fait une prise. On sort de l'embuscade, on prend sa proie, on retourne se cacher. Les autres Geais reviennent, et l'on en peut prendre ainsi plusieurs de suite.»*
* Manuel du naturaliste, ouvrage utile aux Voyageurs et à ceux qui visitent les Cabinets d'Histoire Naturelle et de Curiosités, Paris, 1797