Bouvier
Claude Vercey nous défie de trouver bouvier en poésie. En voici un, chez Eugène Manuel, poète et patriote français*. Dont on peut se demander si son œuvre relève du lard ou du
cochon. Le doute est bref : bon soldat en deçà, mauvais au delà. Extrait de Henri REGNAULT (janvier 1871) :Maudis sois-tu, soldat, toi, ton peuple, et la guerre,
Et ton vieux roi tout le premier,
Puisqu'il n'aura fallu qu'un paysan vulgaire,
Fils de l'étable et du fumier,
Quelque bouvier pétri pour les œuvres serviles,
Marchant sous la crosse et les coups,
Un balayeur peut-être échappé de nos villes,
Encor puant de nos égouts,
Pour trouer au hasard, bêtement, cette face,
Comme par un défi moqueur ;
Pour trancher dans sa sève abondante et vivace
Tout ce génie et tout ce cœur ;
Étouffer à son aube une lueur si pure,
Éteindre un tel rayonnement,
Que la France mourante en ressent la blessure
Jusque dans cet écroulement !
En dessert, un chromo de la biscuiterie Guillout. D'un temps où on savait parler aux enfants. La légende :
– Paraîtrait que ces obus à la mélanine, ça ne fait que des blessures coupantes.
– Pas besoin d'amputation après, pour lorss !
* Eugène MANUEL (1823-1901) – Poésies complètes, Paris, 1899. Source : gallica.bnf
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