Pensée encore
La dame à qui appartenait Pensées pour chaque jour notait parfois en marge les événements marquants de sa vie.
« 18 Juin 1916 à 3 h – mort de mon Émile bien aimé tué par un obus allemand à Montzéville. Comment ne haïrai-je pas jusqu'à la mort et même par delà ceux qui ont fermé à jamais les beaux yeux de mon ami si cher.»

Plus loin, évoquant la mémoire de son père :
« Qui dira jamais assez la haute valeur morale de cet homme qui ne vécut que pour les siens, parents ou enfants ! Une tendresse exquise, un esprit enjoué, une intelligence ouverte, une bonté infinie et mieux que tout cela une probité morale intransigeante, tel est le souvenir qu'il a laissé à ses enfants, avec le désir, sinon la possibilité, de l'égaler un jour.
Que de fois, en ces dernières et cruelles années, ai-je invoqué ton appui et tes conseils !»