C'est jeudi

Le jeudi, je trempe des boudoirs dans un café à la chicorée, chez tata Arlette.
Concours Lépine

Dessin du 27 février 23
encre de Chine sur papier, 41 x 28,5 cm
Tony invente un pichet pour récupérer l'eau de la douche. L'idée lui est venue en dénichant une vieille cruche en grès chez ses parents.*
– Sacré Tony !
* Pour apporter de l'eau au Plusdo de Tony.
Labour en février

Du point de vue choisi, ce champ que longe la D95, a forme trapézoïdale. Ce n'est plus vrai vu du ciel.
En février, un labour soigné l'a coloré du brun des terres lourdes qui dominent ici.
Une légère inclinaison de l'horizon partage l'image en deux trapèzes. Ciel gris de saison. Virgule bleue de la route, courbe à cet endroit. Le noir renferme toutes les couleurs que la terre réchauffée va tirer des semences à croître.
Saint-Symphorien, labour en février, en bordure de la D95
2023, acrylique sur toile, 40 x 30 cm
Et pendant ce temps

« Moi qui jugeais les guerres aussi détestables qu'absurdes, je rêve d'une victoire.»
Robert Solé (Le 1 hebdo, Ukraine et après ?, 22.02.23)
À lire, tapette en main


Avec La Mouche dans tous ses états*, Jean-François Forestier s'en prend à plus petit que lui. Avouons quand même que la mouche n'a pas volé qu'on la remette à sa juste place – sous la tapette du clavier.
En une suite de poèmes courts, Jean-François nous décrit les mouches dans leur activité vrombissante et agaçante. C'est finement observé, à croire qu'il les a longuement fréquentées.
Si l'ensemble prête souvent à sourire, parfois, plus qu'un regard sur l'insecte, c'est aussi un regard sur l'homme.
Les textes sont illustrés de linogravures.

éditions Gros Textes. Format 14 x 10 cm, 54 pages, 7 €.
Explicit

En marge 27, 2020, crayon sur papier, A4*
« – En avant ! En avant ! En avant ! lui répondit Cloé dans le soleil levant.»**
Réalisé bien avant ma lecture du roman de Jean-Marie Gourio, ce dessin en est un étonnant résumé.
* Dessin repris sur toile. Voir la couverture de la revue Gros Textes n° 49
** Jean-Marie Gourio, Le fabuleux départ en Laponie de la famille Zoizeaux
Incipit

En marge 54, 2020, stylo sur papier, A4
« Je suis caissier au Crédit agricole de Bourgogne.» *
* Jean-Marie Gourio, Le fabuleux départ en Laponie de la famille Zoizeaux
Dans les clous
Ou l'auteur dévoile en partie d'où lui vient l'inspiration et comment s'enchaînent ses idées.

« Monsieur Valéry était tout petit, mais il n'arrêtait pas de faire des bonds.
Il expliquait :
— Comme ça, je suis aussi grand que les personnes de grande taille, sauf que ça dure
moins longtemps.
Cela lui posait problème, malgré tout.
[...]
Il pensa ensuite à congeler un de ses bonds. Comme s'il était possible de suspendre la
force de gravité, juste pendant une heure (il n'en demandait pas plus), pour ses trajets à
travers la ville. »
De Gonçalo M. Tavares, j'avais lu, la veille, Monsieur Valéry et la logique.
Cela devait donner matière au dessin du jour, on y verrait deux enfants, nez en l'air, regardant une paire de pieds descendre du ciel.
Et.
Sur la route glissante du matin, pensé qu'un dérapage dans ce virage enverrait la voiture percuter le socle en moellons du calvaire proche.
Deuxième dessin : un clou transperce les pieds.
Linge en famille

Dessin du 2 février 23
encre de Chine sur papier, 41 x 28,5 cm
Entendu à la radio.
Un garage libre-service met à disposition son atelier pour l'entretien ou la réparation des véhicules de particuliers. Supervisé par un professionnel, l'automobiliste effectue lui-même ses travaux.
À la journaliste qui lui demande ce qu'il pense de la présence de nombreuses femmes dans son garage, le responsable répond :
– Hommes, femmes, je ne fais pas la différence ; il y a des femmes mécanos et... des hommes qui font le ménage.
Sur le divan

Entre ses babines,
le dromadaire de mon rêve
serrait un parapluie.
Va-t-il pleuvoir ?