De deux choses...

Retrouvée dans les archives, cette affiche pour un spectacle de danse contemporaine – De deux choses lune, l'autre c'est le soleil – créé pour le Printemps poétique de la Suze. Rien d'étonnant à ce que le titre reprenne deux vers de Jacques Prévert !
À trop vouloir explorer les limites de la lisibilité, je reconnais que l'affiche manque à une de ses fonctions premières, la lisibilité précisément.
Après que le vent a soufflé

Rouge-gorge orphelin de l'orme
2023, fusain, craie & pastel sur papier Kraft, A4
Bosses
Dans l'Abécédaire amoureux animalier et La rime a des bisons que le gazon ne connaît pas, fête au chameau ce jour d'hui.

Rayures
L'été dernier, j'ai illustré deux livres qui mettaient en vedette des animaux.
Le déjà rencontré sur ce blog : Abécédaire amoureux animalier et le remarquable recueil de Patrick Joquel : La rime a des bisons que le gazon ne connaît pas.
Voici comment, chacun dans son propre registre, ont été maltraités les zèbres.
Linogravure

L'Oiseau poursuivi 3.2, 2023, linogravure, 15 x 10 cm
tirage 5 exemplaires
Sale temps pour les oiseaux

Les Oiseaux poursuivis 3 & 4, 2023, papiers déchirés, A4
Chipons de la graisse d'oie
Sur le site Gallica.bnf.fr, la BNF met à disposition un grand nombre de journaux de tranchées.
Lu dans Le Petit Écho en campagne : organe des typos du Petit Écho de la mode, du 17 novembre 1918
Le Fusil

Le Fusil est un être masculin et singulier. Sa physionomie est plutôt grotesque. Il n'a, pour tout visage qu'un nez effilé démesurément long.
Le bout de son nez est surmonté d'une toute petite verrue que les mauvaises langues appellent le point de mire.
Comme toutes les personnes laides, le Fusil est acariâtre et prompt à la colère : il s'emporte très facilement.
Violent et vindicatif, il a le plus profond dédain pour les théories humanitaires et pacifistes, Il se moque de la Conférence de La Haye. Il lui faut, à LUI, de la poudre et des balles.
Le Fusil, quoique d'un caractère grossier, jouit d'une certaine intelligence. Il ne manque pas de portée.
Le Fusil est affligé, à l'état chronique, de la manie des voyages : à la moindre occasion, à la plus légère secousse, il part.
Fait curieux à noter: il part constamment, mais on n'entend jamais dire qu'il revient.
Le Fusil, à la fois belliqueux et craintif, sort toujours armé jusqu'aux dents. Il porte un canon sur lui.
Il est sans cesse accompagné de deux chiens fidèles d'une race spéciale et étrange : le chien du fusil est en effet, un animal à part.
La tenue du Fusil est indécente et scandaleuse, Il sort tout nu, avec simplement une bretelle qui ne fait que souligner l'absence du pantalon.
Le Fusil a des tendances très nettement cléricales.
Des personnes particulièrement bien informées affirment même qu'il est prélat romain. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il dispose de certains attributs épiscopaux, et s'il n'a pas de mitre, du moins a-t-il la crosse.
Le Fusil a généralement une fin misérable et triste. Fatigué de tuer, bourrelé de remords pour tous les meurtres qu'il a commis, Il devient taciturne et sombre sur ses vieux jours.
L'idée du suicide l'obsède et on le trouve, un beau matin, inerte et froid, pendu à un clou.
Maurice PRAX
L'illustration provient de la Gazette des Cormon, Collin, Flameng et des ateliers de gravure (1.09.1917)
Note à propos du titre du billet
Dans le poème de Max Jacob, Madame la Dauphine :
Chipons de la graisse d'oie
pour en faire des canons
Et si ça continue, on verra...

Mon pantalon – photo réalisée sans trucage
En 1943, le premier accroc coûtait 200 francs.
Aujourd'hui, mon pantalon peut-il espérer palper les 7 euros de bonus réparation textile ?
Pour un louis, t'as plus rien

Où l'on voit Louis XI, un roi de France, coiffé d'une casquette qui lui sied tout de même mieux que le galure dont l'a affublé le peintre Jacob de Littemont.
Louis XI, Leffe dans une main, zapette dans l'autre, regarde un programme sportif sur son téléviseur.
On notera que les pattes du meuble d'appoint sont de style Louis XV, ce qui constitue un anachronisme flagrant.
Louis XI portait des habits très simples, 2017
