J'ai bien connu la Ford T

Dessin du 12.07.21
acrylique et encre de Chine sur papier, 39 x 26,5 cm
Enfant, je couvrais d'autos, les pages de mes cahiers.
Et déclarais accidentées toutes celles dont le dessin était raté.
Jamais cimetière de voitures n'aura été aussi prospère.
Paresse estivale 20
Avec ce nouvel emprunt* à Jules Renard, je clos cette séquence Paresse estivale. Pas parce l'été s'efface devant la saison qui suit – il ne s'est guère montré à son avantage cette année ! – Ni parce que la paresse se porterait pâle... Comme les meilleures, les pires choses ont une fin !
J'ai extrait de mes albums** une vingtaine de photos – qu'aucun labo n'aurait tiré au temps de l'argentique – et composé sur ces images des powézies*** réglées sur la métrique du haïku à la mode occidentale. Le plus souvent, incongrus, indignes ou indigestes, ces haïkus valent bien leur qualificatif de haïkus tordus.
Voilà. Rien à ajouter.
Bretagne, 2015
Concours agricole.
Richesse de la nature –
On ne voit pas d'or. *
* « Concours agricole. La vraie richesse de la nature, et on ne voit pas d'or.» (Journal, 17.03.1906)
** album est façon de parler, vous ne m'imaginez tout de même pas rangeant !
*** graphie empruntée à Éric Dejaeger (Le violon pisse sur son powète et Le violon pisse derechef sur son powète, éd. Les Carnet du dessert de lune)
Infinie tristesse
Alain Boudet est décédé.
La poésie perd un de ses passeurs actifs.
Je perds un ami.

Alain BOUDET DEBOUT près de la muse, sur l'affiche annonçant une soirée poésie à la Suze.
Le titre du billet emprunte à Ramón Gómez de la Serna une citation que nous avions partagée dans un de nos échanges de courriels :
« La nature est d'une infinie tristesse. A-t-on déjà vu rire un arbre ? »
Comme une fin
Ailleurs, 2021
Cache tes crayons,
cahier et livre, fillette –
Rentrée à Kaboul.
De la poésie comme ça...
Normandie, 2017
Vingt plus vingt quarante
Quatre fois vingt quatre-vingts –
Tournée générale.
NDLR
De la poésie comme ça... t'en as pour ton argent et ça s'arrose.
Paresse estivale 19
Normandie, 2017
Si un petit chat
savait que sa mère est morte
aurait-il chagrin ? *
* Apogée de la paresse, haïku tordu, emprunté sans vergogne à Jules Renard :
« Si un petit chat savait que sa mère est morte, dit Baïe, aurait-il du chagrin ? » (Journal, 22.12.1899)
Paresse estivale 18
Ici ou là, 2005
Sur le sable, morts
taureau noir et matador –
La queue, deux oreilles.
Paresse estivale 16
Ici ou là, 2004
Charles Baudelaire
épris de Jeanne Duval –
Laudanum prescrit.
Paresse estivale 15
Ici ou là, 2014
Le soleil se couche
après le film de minuit –
Réveil difficile.
Paresse estivale 14
Ici ou là, 2014
Ella hâlait nue
sur la dune du Pilat
et là s'épila.