Zig-zag
Parking de la piscine à la Suze-sur-Sarthe – février 2011
Un jour, à la bataille de Sébastopol, un boulet cassa la pipe d'un zouave. Et comme il lui restait la tête, ce zouave roula son reste de tabac dans le papier d'une gargousse de fusil, inventant
ainsi la cigarette, le papier à rouler et, quelques instants plus tard, le mégot.
– Et la poudre ?
– Non, pas la poudre !
Source : zig-zag
Comme un remords
Henri Vidal,
Caïn venant de tuer son frère Abel
Jardin des Tuileries, Paris
– Et pourquoi donc j'ai tué ce pauvre imbécile, maintenant les autres vont me pourchasser en moto-godille.
– Mais c'est la baleine de Prévert qui dit ça !
– Je sais, mais sur le coup, je n'ai pas trouvé de phrase historique.
Vaseuse
Jardin des plantes, le Mans – mars 2009
– Quand j'aurai fini de barboter, je vous ferai cygne.
– Tiens ! Un duvet qui parle !
Têtus
Pour M..., avant le retour de la pierre qui pleure
Saules têtards à Ste-Suzanne - hiver 2010-11
Les saules têtus ont trempé leurs doigts dans l'encre rouge.
L'avenir
La boule de cristal a rendu l'oracle : l'avenir n'est pas rose pour les mondes parallèles.
C'est quoi ? Une euphorbe ?
Vendée – avril 2009
Demain : retour de la pierre qui pleure. Épargnez à vos enfants ce spectacle insoutenable : emmenez-les à la campagne cueillir des jonquilles ou des cerises.
Intimité rouge
Femme à sa toilette – mars 2011
Banc public (bis)
Jardin public à Gaillac – août 2009
– Et les sièges pliants contre le banc ?
– C'est au cas où il nous viendrait du monde.
Que du bleu
à André qui m'a fait connaître António Lobo Antunes
Ciel, le 31 juillet 2010, latitude : 47,9 - longitude : 0
Dans un entretien donné sur France Culture*, António Lobo Antunes cite Cervantes :
« On ne peut rien contre le ciel... surtout quand il pleut.»
* France Culture, À voix nue (20 h) puis Fictions/Le Feuilleton, Cycle António Lobo Antunes - Mon nom est légion (20 h 30). Du 28.03.11 au 1.04.11.
Si on a manqué le début, on peut podcaster.
Un rien de néant
Mouettes – février 2010
« Au commencement des siècles, Dieu a employé les montagnes comme des clous pour fixer la terre, et il a lavé avec l'eau de l'Océan la face du globe. Il a placé la terre sur le dos d'un taureau. Or le taureau est sur le poisson, et le poisson est en l'air. Mais sur quoi repose le poisson ? sur rien. Mais rien n'est rien ; et tout cela n'est rien.»*
On ne s'étonnera pas du grand désordre.
* Farîd-Ud-Dîn 'Attar, Le Langage des oiseaux, Albin Michel, 2010