Tache rouge
Tache rouge, 2012, acrylique sur Lanavanguard, 70 x 50 cm
Titrer Tache rouge une peinture qui présente essentiellement une tache jaune : on pourrait m'opposer un certain esprit de contradiction...
– Tiens... Oui. Opposons. Ce titre par exemple : Coccinelle de retour du diable vauvert s'apprêtant à se poser sur le cœur d'un tournesol transgénique.
– M'enfin ! Ne voit-on pas comment cette petite tache rouge rompt une symétrie convenue et apporte ici dynamisme et équilibre ?
Voyelle
Il est plus facile d'entrer dans le détail que d'en sortir.*
e blanc, 1999, acrylique et collage sur toile, 41 x 33 cm
La lettre e, tirée du sonnet de Rimbaud, fait ce tableau plus blanc que blanc. Et sous ce blanc, les reliefs trahissent des douleurs dorsales – on reconnaît colonne vertébrale et côtes.
* Un détail de cette toile est visible ici.
Hostile
Maison 061, 2008, acrylique sur papier tapisserie, 17 x 33 cm
« Il avait une voix dénudée. Comme un fil électrique dans une maison hostile.»
(Pascal Gonthier, En courant vers le Minotaure)
Un examen minutieux du dessin montrera qu'ici, ce n'est pas la maison qui est menaçante, mais son environnement. On a même l'impression que dans l'attente d'un mauvais coup, la maison rentre la tête dans les épaules.
En finir avec le jaune
La danseuse a fine cheville... et belles fesses
En finir avec le jaune, 1997, poudres colorées et enduit sur carton
Le titre laisse penser que la couleur avait davantage d'importance que le sujet. Peu de temps auparavant, j'avais hérité d'un volumineux carton de tubes de gouache jaune qu'un fabricant de peinture ne pouvait vendre après une erreur de conditionnement.
De l'urgence du baiser
Couple enlacé. Légitime ? Rien n'est moins sûr.
Élément de décor : trou de...
Porte & baiser dérobés.
De l'urgence du baiser, 1998, acrylique et pigments sur papier glacé, 34 x 32 cm
« Le baiser dérobé, le baiser donné en cachette, rapide et brûlant, furtif et passionné, c'est peut-être le meilleur, c'est à coup sûr le plus savoureux et le plus irritant.
Les baisers dérobés sont les tentantes prémices du fruit défendu.»
Pol de Saint-Merry, L'amour et les baisers, 1901
Courant
Cette petite peinture représente une jeune femme courant. Si vous ne la voyez pas courir, ou encore si vous ne voyez pas une jeune femme, repassez demain.
Cette image n'avait pas été légendée jusqu'à ce jour.
Voici donc une proposition.
Jeune femme jouant avec ses enfants sur une plage bretonne.
Si cette proposition n'était pas à votre goût, essayez-en une autre, en cliquant sur un des boutons colorés.
Sans titre, 1998, acrylique et pigments sur papier glacé, 34 x 32 cm
<script type="text/javascript"> // <![CDATA[ function affichetxt(i,toThis) { if (i==1) {toThis="Un baise à bouquette
Il lui donne un baiser dans le cou.
Bientôt on le verra faire un baise à bouquette. Donner un baiser sur la bouche, selon une goûteuse expression du Nord, Pas-de-Calais.1
Bouquette a disparu des dictionnaires contemporains.
On la trouvait : chèvre, chevrette en Champagne2 ; blé sarrasin3 ; couronne de branches dans le Centre4 ; crêpe 5 à Liège (légère assurément) – « Il y avait alors de petits farceurs qui commandaient une bouquette cuite d'un seul côté, et quand ils l'avaient sur la main, la grand affaire était d'appliquer le côté non cuit sur la joue de la marchande ! Inutile de dire que pour ce jeu-là, il fallait de bonnes jambes.»
Couple, 1998, acrylique et pigments sur papier glacé, 34 x 32 cm
1. Pascale Lafitte-Certa, Les plus belles expressions de nos régions, Points, 2012.
2. Prosper Tarbé, Recherches sur l'histoire du langage et des patois de Champagne, 1851
3. Joseph Favre, Dictionnaire universel de cuisine et d'hygiène alimentaire, 1889-91
4. Paul Guérin, Dictionnaire des dictionnaires, XIXe
5. August Hock, Mœurs et coutumes bourgeoises au pays de Liège, 1872-74.
Géronte – Faut pas !
La jeunesse, il n'y a rien à en retirer.
Arnaud ROUTEL
Parmi le lectorat prestigieux de ce blog, certains donnent crédit aux lutins. Je me garderai de les décevoir : j'ai, à la maison, un lutin – devrais-je dire lutine ? – qui complète en catimini mes mots croisés, sur un coin de table abandonnés pour une raison dont la connaissance n'est d'aucune utilité ici – besoin naturel, réponse à appel téléphonique, soupe qui déborde sur la gazinière...
Or donc, sur cette grille – une Michel Laclos ! – provisoirement délaissée, massage, orbiculaire, timoree, ogino, neutralisa, ceinture, oo (Des bleus en poésie) avaient fini par s'accorder et former le début du 11 vertical en 13 lettres (Régime pour personnes âgées) : geronto...
Mon lutin – devrais-je dire lutine ?* – ne montre aucune acrimonie envers le néologisme, le suffixe grec ou le petit verre d'ouzo et de sa mine légère termine ainsi le mot : gerontophagie.
Je dois donner de la gomme mais est-ce vraiment néologisme ? Mes dictionnaires ne se sont certes pas embarrassés du mot, mais internet a bien compris qu'il y avait là une petite niche. Et Arnaud Routel donne du corps à la gérontophagie dans sa Poésie sans vergogne.
* Je sais, je me répète, mais je suis rétribué à la ligne et de surcroît cette répétition introduit un rythme dans mon récit. Quand on a peu à dire, il faut délayer.
En illustration, un gérontophage (fusain et craie sur papier, 40 x 30 cm)
Sans prétention
Petite bleue
2012, acrylique sur toile,30 x 22 cm
Petite toile sans prétention.
Une des dernières de l'année.
Sans doute trop de détails dans le bleu. Je m'attache surtout à l'étroite bande jaune vert du haut.
À quelle page dans le Kamasutra ?
Moi je parle d'amour... pour 2013, commentait hier Martine. Voici pour lui plaire.
Certes le dessin n'est pas léché, mais on aurait mauvaise foi à prétendre que ce couple pousse un chariot dans une grande surface.
Couple, 1998, acrylique et pigments sur papier glacé, 34 x 32 cm