Patrimoine
Journée du patrimoine. Dimanche après-midi, Jacques Renou ouvre l'atelier de Groutel* au public. J'y graverai une ou deux linos. Pascal Juhel et Thierry Gaudin sont également annoncés.
Ci-dessous, une page de S'occupe des filles, portfolio de la collection Choisi, composé et imprimé à l'atelier. Ci-contre, la réclame du même et comment se le procurer.
* L'atelier, 25 hameau de Groutel, 72610 Champfleur ; à 5 km d'Alençon.
Lettriste roi
Retrouvé dans les archives, ce poème qui bouge. A qu'à cliquer quand même, je ne vais pas tout vous faire.
Si on est un peu patient, on voit apparaître un ou deux moutons. Et la bergère.
Jour sombre
Un poème d'États de siège. Le genre humain n'est pas fini.
on lange le condamné
pour qu'il ne conchie pas
la chaise électrique
aux états-unis d'amérique
on n'est plus des sauvages
Précis
« En moins de cinq ans, Nicolas Sarkozy a redessiné le tableau financier de la France dans la couleur de son peintre préféré, Mark Rothko : en noir !»* L.N., journaliste à Marianne, sera très inspiré de demander un Précis d'histoire de l'art au père Noël. Il y trouvera peut-être une ou deux reproductions de Pierre Soulages.**
Rebond subtil : cette imprécision journalistique m'offre l'occasion d'éclairer le lecteur sur l'un des poèmes de S'occupe des filles***. Quand il écrit :
le poète veut dire par là qu'il la trouve jolie la gorge de son amie. Et bien que le téton ocre se détache sur la peau blanche (lui il écrit lait – une peau de lait voyez-vous), la limite n'est pas marquée par une ligne franche ; elle reste imprécise comme dans un tableau de Rothko.
La poésie, c'est pas si compliqué finalement !
– Me comparer à un Rothko, je ne sais pas si ça m'avantage !
Détail d'une toile de Rothko (Ocre et jaune)
* Marianne n° 761, 19-25 novembre 2011, p. 16
** Les travaux de Sonia Derzypolski (atelier 182 bis) donnent, en un coup d'œil, une idée de la palette des deux peintres.
*** Quelques exemplaires sont toujours disponibles à l'atelier de Groutel (voir ci-contre)
Vol AF292
Ce collage illustrait un poème de l'édition 2007 du Chemin des poètes de Durcet.
Par mesure d'économie, il illustrera également le poème suivant et de circonstance – écrit pour encourager le vol d'ami-e-s vers Nouméa.
Conseil pour un voyage en avion
Ne passe pas la tête
par le hublot.
À ces altitudes
tu pourrais t'enrhumer.
* Plus sur la genèse de cette image : Partage de l'univers.
Bière locale
Bière à Brugge
Effets de la cervoise. Désolé. Poème écrit en charentaises, après une journée de mise à jour d'un site culturel.*
En famille, en Charentes
À huit heures pétantes,
j'attaquais l'assiette de pétoncles.
Ma nièce – par alliance – :
– T'appelles pas ça un poème ?
– Je ne l'appelle pas, il est venu tout seul.
* – Eh ben, mon n'veu ! (Jean l'Anselme)
Encore eux
Dans Corbeaux d'autoroutes et de garennes, Jean Foucault* traite des oiseaux qu'il croise avec une acuité telle que je préfère voyager avec ses poèmes plutôt qu'être son passager en automobile.
Quelques corbeaux au couteau. L'un d'eux n'a pas tenu la pose : il est un peu flou.
Dans un commentaire laissé hier, Lily a déniché les Corbeaux de Boïko Lambovski – poète bulgare – qui méritent de ne pas passer inaperçus.
* On peut retrouver Jean Foucault, poète généreux et ministre de tout ce qui lui passe par la fenêtre sur son site. On aura un aperçu de son activité d'éditeur sur le site des éditions Corps Puce.
Petit inventaire
Chevrette – St-Symphorien, janvier 2011
Deux chevrettes à peine étonnées
vol de perdrix rouges sept
combien après l'hiver ?
busard saint-martin
aigle de ce bocage
Ma route vaut le détour
Nonnette toujours
Page 31 d'un cahier – d'écolier ! – ouvert le dimanche 18 septembre 1977.
Autres poèmes, contes, danse, musique... dans un spectacle initié par Yannick Lefeuvre, ce jour, à 17 heures, au Théâtre du Passeur, rue de la Rivière, au Mans. M'étonnerait qu'on s'y ennuie.
Pustule
En 1977, j'appelais poème la chose suivante.
On pourra s'étonner de la pauvreté du propos – au mieux lui trouvera-t-on un certain humour. La forme mérite néanmoins qu'on s'intéresse à la chose et on appréciera les embryons des futures émoticônes.
si la page (escortée de jeunes gens à l'autobus régulier du zèbre ;)
d'écriture (en dents de scie cariées des officiers aviateurs !?,)
était plus courte (ta robe couleur d'automne glissée haut «««)
d'une ligne (coupée ras comme un principe autoritaire ;;;;)
le nez (piqué en ailes d'avion descendu en flèche
!»»»,)
du poème (l'automne l'émotion ton sexe au
ciel :::::)
s'ornerait (au ciel de mon
regard arrivent arabes)
d'un comédon.