Jardinier
Le 21 mai 2010, on célébrait le 539e anniversaire de la naissance d'Albrecht Dürer. Ce jour-là, on apprenait sur le blog Ahoui – vérifiez si vous doutez – que j'avais échangé, sur un vide-greniers, quelques euros difficilement gagnés contre un livre pieux.
– Tu nous embrouilles... Viens-en au fait.
Livre pieux donc, dans lequel je lis :
« Adam et Ève n'avaient pas besoin de bêcher, de semer, d'arroser... les légumes poussaient tout seuls... et il n'y avait pas de mauvaises herbes.»
Jardinier ! C'était pas un métier !
Ça commençait bien.
On va voir que le temps va se gâter.
La Miche de pain, catéchisme illustré, page 44
Au début les bêtes
Je résume rapidement pour ceux qui prendraient l'épisode en cours. « Ève cueille la pomme... elle va la manger... puis elle en donnera à Adam qui en mangera aussi... ils désobéissent...»
« À partir de ce moment-là... il y a eu sur la terre des épines et des mauvaises herbes. Il y a des animaux qui sont devenus méchants.»
Retenez qu'il y a des animaux méchants et des autres pas
Demain, à ce même emplacement, Ahoui vous promet des images d'une rare cruauté : le combat sans merci entre un animaux* méchant et un animaux pas.
Pensez dès maintenant, à éloigner vos enfants de l'écran.
* Je ne sais pas si on met un x quand il n'y a qu'un seul animaux.
Citations et illustration extraites de la Miche de pain.
Oui ! Comment ?
Comment j'ai écrit certains de mes articles ?*
Ça a l'air de couler de source... Pas tout à fait.
Voyons pour le billet d'hier.
J'ai sous les yeux depuis quelques jours la page 5 des Alpes mancelles libérées du 11 juin. Avec ce témoignage de lecteur sur les chances de l'équipe de France à la Coupe du monde de balle au pied.
Quelle image pour dire un peu plus sans écrire plus ?
Je flotte, j'hésite, rejette... poule (jeu de mots facile), gardienne d'oie en fonte, tas de fumier (surmonté d'une bergeronnette grise)... C'est l'oie pondeuse, juchée sur son mur, écharpe tricolore autour du cou qui a la vedette. Le titre reste dans l'ambiance, d'autant que Rama Yade en remet une couche sur le net.
Allez, demain est un autre jour. Au menu : la pelle du 18 juin !
– Il ne va pas oser ?
* On aura compris l'allusion à Raymond... Roussel. Pas Domenech !
Si !
La pelle du 18 juin
En langue verte, la pelle est un baiser lingual profond... Et quelle profondeur ! comme en témoigne notre gravure.
On roule la pelle.
Selon les locuteurs, la pelle cède la place à l'anchois, la bavette, la crêpe, l'escalope, la galoche, la gamelle, le palot, le patin, le pavé, la saucisse ou – variante exotique – le sushi !
* Références : Albert Doillon, le Dico du sexe, Fayard, 2002.
Image originale in Anatomie chirurgicale, 1753 (gallica.bnf.fr)
Celle du 19
L'appel du 19 juin – jour de perme
On sent de la retenue.
Pas chez Jean Alési* quand il raconte comment il a vécu le Mondial de foot 1998 :
« Il n'y a jamais eu une fête comme ça. Mieux qu'une fête nationale. Tout le monde est content. Alors je dis à ma femme : "On va boire un coup", et on part en scooter retrouver la foule. On arrive à peine qu'une fille vient en courant vers nous, et me roule une pelle. Et là, ma femme me met une tarte.»
* Jean Alési est un ancien pilote de Formule 1. Témoignage recueilli par O. Clerc, journal Ouest-France, 16.06.10
Illustration d'après la carte postale adressée par Poulette à son Roger bien-aimé, le 4.11.39
Cartons
Je ne trouvais pas cette pelle du 18 juin du meilleur effet,
mais – bah ! – une vanne reste une vanne... Dans le genre, la presse* ne s'est pas privée après la victoire de l'équipe de foot du Mexique sur celle de
l'équipe de France.
Aussi, retrouvons notre sérénité et l'élégance qui caractérisent ce blog...** Et ne nous privons pas de contribuer au rapprochement entre les peuples, avec cette citation de Domenech – authentique connaisseur de l'âme humaine – :
« À part les Irlandais, je ne connais pas de peuple qui exerce l'hospitalité avec plus de cordialité et d'entrain que les Mexicains.»***
Pour les Irlandais, on savait déjà.
Notre illustration : Pendant la joute, un peuple bariolé et bon enfant souffle dans des trompettes pour encourager les protagonistes.
* La pelle du 17 juin (leprogres.fr)
** « OUF ON NE VA PLUS ENTENDRE PARLER DE FOOT !!!!! » Réaction de Martine – une autre Martine ! –, à l'article Les Bleus au bord du gouffre (lefigaro.fr, du 17.06.10)
*** Journal d'un missionnaire au Texas et au Mexique, abbé E. Domenech, Paris, 1857
On doit également à l'abbé Domenech le Manuscrit pictographique américain (Paris, 1860) duquel est tirée l'illustration.
(source gallica.bnf.fr)
Il montre du doigt
aux philhellenes
La chaise :
– J'ai pas d'cul... Me voilà frappée d'ostracisme.
Illustration : gravure de Fréchet, dans la Classe en anglais (6e), par E. Gourio, Marseille, 1914.
William
William Shakespeare avait trois frères : Jo, Averell et...
Il m'en manque toujours un !
Costumes et accessoires de Morris (La Guérison des Dalton & le Ranch maudit).
Les Shakespeare sont croqués sur le vif.
La danseuse d'Amboise
À Maïette dont l'érudition m'a été précieuse pour la rédaction de cet article
Parce que sa bonne prêtait à ce caillou la forme d'un étron – ce n'est pas le mot qu'elle employait ! – l'abbé Breuil mit d'abord au rebut cette statuette.
Des années plus tard, alors qu'il cherchait un foret pour percer le trou qui lui servirait à fixer au mur le crochet de suspension du cadre dans lequel il avait mis en valeur sa médaille d'officier de la légion d'honneur, il se renversa sur les pieds – il était en pantoufles – le contenu d'un tiroir, étouffa un juron – moindre des choses pour un abbé – et reconsidéra d'un œil nouveau cette Danseuse d'Amboise qui venait de lui écraser l'orteil.
Certes les bras manquaient*, mais l'artiste avait habilement su tirer profit d'une incrustation de coquillage pour figurer un tutu. Si l'on se rappelle que l'aiguille à chas apparaît au solutréen (paléolithique supérieur), on peut dater approximativement l'œuvre du statuaire.
Cette danseuse a fait l'objet d'une communication au colloque international de Johannesburg le 24 août 2006**.
* « Les miens m'en tombent ! » (Yves Coppens)
** Le seul compte rendu disponible est en néerlandais, langue que je ne suis malheureusement pas en mesure de traduire, ni même de comprendre.
Danseuse d'Amboise, - 20000 ans (estimation), calcaire à silex, hauteur 18 cm.
À la con
Quelques esthètes se sont retrouvés il y a quelques jours pour rendre au poète Jean l'Anselme la paternité de Paris-Plage. On pourra en lire le compte rendu dans le Figaro littéraire du 5 août ou encore sur le site de la CONfrérie Jean l'Anselme. Les plus téméraires* visionneront le court métrage tourné à l'occasion par Jean-Luc Godard.
Ma mère me pensait au Mont Saint-Michel, aussi les photos à la con que j'ai tirées de l'événement resteront-elles anonymes. Je vous en mets pour la semaine. Non !!! Si.
Photo à la con – Hommage anthume à Jean l'Anselme – Paris, 4.08.10
Six pieds : la moitié d'un alexandrin.
Tiens, en voilà un qui passe :
Mais
Ah ! retire-toi !
Non, reste, Moabite.**
* Ne dites pas que je ne vous ai pas mis en garde !
** Paul Déroulède, La Moabite, Acte II, Scène VI