Iconoclaste mais hors paire
Jean (l’astuce) Bertrand reste un scientifique iconoclaste, hors pair*.
Un début bucolique
« Moi, Jean Bertrand, scientifique prospectif, conteste quelques informations parues récemment sur ce site.
Qu’une jeune Nane s’amourache de mes travaux me ravit, mais qu’elle en fasse un sujet ‘’pipeule’’ sur votre site ne peut que conforter tous ces imbéciles critiques qui contestent mes travaux.
J’appelle Nane et votre site à plus de sérieux !**
En matière de Science, on ne doit pas se poser la question de la réussite d’une expérience. Autrement le mot ‘’expérience’’ n’aurait plus de sens.
Pour preuve : de nombreux poissons, entre autres des carpes, des gardons, des tanches (ils ont exigé une certaine confidentialité…) m’ont demandé d’inventer un système naturel, sain et de
développement durable qui les mettent à l’abri des attaques des hérons, des cormorans et des martins-pêcheurs.
Le poisson restant très aquatique et l’oiseau très aérien, j’ai imaginé de convaincre mes amies les agrions et autres libellules d’organiser une veille aérienne, guettant l’arrivée des volatiles
affamés.
Il me semble avoir été abusé par mes amis poissons, les photos jointes démontrant que le cyprinidé n’a pas de parole..
Depuis cette expérience, je suis fâché avec les odonates.
Je nommerai cela le drame du scientifique qui, voulant bien faire, s’engage dans des voies que d’autres avaient anticipées.
Une fin tragique
À méditer.»
Jean Bertrand, scientifique expérimental
* Pair et non paire comme donné par erreur dans le titre.
** C'était fin août. Vous n'avez pas déjà oublié le kangoo bleu !
Anguille au menu
Cormoran et sa pêche.
Bénodet. Photo Maïette
On peut raisonnablement penser que s'il avait inventé la fourchette à poisson, le cormoran ne serait pas obligé de se livrer à ces exercices de jonglage pour avaler l'anguille.
Va pas falloir fléchir
Message d'un Hector San Malo qui ne renonce pas.
Sur le sentier des douaniers à Cancale (photo MC)
Marin qui s'en dédit !
J'y suis j'y reste ! La retraite est une défaite pour un flibustier !
La grève est le chemin qui me mène au bistro !
Quand tu lis "Le pays malouin", t'y vois pas le chapeau prout-prout du Bertrand !
T'y vois la casquette d'Hector.
Et nous on sait faire les choses !
Y a des siècles qu'on fait grève !
Va pas falloir fléchir !!!
Hector, malouin toujours en grève et en guerre sociale !
Blaireau
Un article que vous ne lirez pas dans la Dépêche du Midi
Le blaireau, ce mal aimé, chassé et tant moqué.
Allez savoir pourquoi !
Ou plutôt : allons savoir ensemble pourquoi…
Ce beau mammifère sauvage est bien connu des bords de route, il y gît trop souvent, victime de sa vie nocturne, allongé sur la berme, tué par une voiture.
Autrement l’animal est plus que discret. Son corps pataud l’exclut de toute course, il fouille avec grande patience, de ses longs ongles la terre de son territoire.
Que chasse-t-il ? Principalement des insectes, des nichées de lapins, mais aussi de renards, tout ce qui se cache dans la terre... Et surtout des racines, des fruits à portée de museau,
quasi à ras de terre. Il lui arrive d’être, souvent, fainéant consommateur d’animaux morts : il ne déteste pas le cadavre de lapins tués par le passage d’une voiture, ce qui le constitue souvent,
trop souvent victime de la voiture qui, nuitamment, fait sa route et le tue un instant après.
L’ami blaireau est aussi victime d’une tradition qui aurait dû se perdre depuis des décennies. Il était prisé pour la qualité de ses poils à la fois rudes et soyeux qui assemblées faisait la
brosse des hommes se rasant.
Se balayer la barbe matinale, d’une brosse de poils de blaireau, la tremper dans le savon mousseux, a toujours rendu le rasage doux et frais.
Une giclée d’eau de Cologne rendant l’homme frais et dispos…
Mais alors pourquoi, à l’heure des rasoirs électriques, sa chasse persiste-t-elle ?
Pourquoi certains chasseurs le traquent-ils encore aujourd’hui, à mort ?
Peut être, tout simplement parce que l’animal n’a pas de défenseurs !
Il n’est ni consommable, ni domesticable, ni utile, ni inutile, ni chou, ni répugnant : il devenu l’objet de chasseurs qui seraient bien en mal d’expliquer pourquoi ils le traquent, le tuent
voire le détestent.
Le blaireau est l’animal qui mériterait qu’un jour, il soit dit publiquement pourquoi il est chassé. Sa chasse reste une énigme.
D’évidence, il est devenu un surnom pour un individu qui manque d’intelligence.
Son nom ne serait-il pas devenu, en miroir, le surnom de ceux qui le traquent et le tuent ?
Pascal Polisset
illustrations tirées de 5000 Animals, Agile Rabbit Editions, 2001
Partage
J'ai rencontré la peinture d'Eugène Leroy, voici une quinzaine d'années au domaine de Kerguéhennec. Je me souviens encore de l'odeur. Le MUba Eugène Leroy de Tourcoing qui orchestre cette année l'exposition du centenaire du peintre, m'a fait quitter ma tanière. Beau,
magnifique, grandiose. Biffons. Pas un seul mot pour décrire – pas même
indescriptible ! Et je suis là, depuis une semaine, avec ce trésor que je ne parviens pas à partager.
Jusqu'à cette autre rencontre... Qui vient tout éclaircir. Tout éclairer. Les photos de vagues d'Anita.
Disent exactement ce que je ressens devant les toiles d'Eugène Leroy.
Alors que tout semble opposer photos et toiles – les unes tout en nuances de gris, instantanées, quasi transparentes, les autres explosant de couleurs, résultats des longs apports de matière qui
en constituent l'épaisseur – la même lumière jaillit du sujet. Vagues ici, nus ailleurs. Source d'un plaisir qui se nourrit du seul fait de regarder, comme il naîtrait du seul fait d'écouter du
jazz ou tailler la pierre, flemmarder au soleil, partager un verre avec l'ami.
Non identifiés
Lignes basse tension – photo Josiane
– Dirait-on pas ?
– Si.
– En décembre, c'est pas courant.
Josiane, voisine du chemin d'après, a insisté pour que je constate qu'elle n'avait pas la berlue.
J'ai dit à Dédé : « Arrête-toi, arrête-toi, regarde là sur la gauche : cinq soucoupes alignées.» Dédé, quand on roule, on roule, il s'est quand même arrêté. Je suis sortie de la voiture, on n'en voyait plus que trois. En triangle. Dirait-on pas ?
Entomologiste
Quand Oncle Pa épingle une libellule, ce n'est pas desséchée derrière une vitrine mais dans un poème bref. En voici un qui pourrait rejoindre la collection de Louis Dubost*.
* Louis Dubost a réuni dans Tu me libellules – illustré par Olivier Mazoué – tout un ensemble de textes dédiés à la demoiselle.
Un rusé qui a du chien
– Chic... Encore un article de Jean (l'astuce) Bertrand !
– Promis, c'est le dernier de l'année !
Nous, moi, je,*
Jean Bertrand, dit l’astucieux, vous invite à constater combien mes expériences qui visent à associer les qualités animales pour mieux en évacuer les défauts, ont des résultats probants ou...
moins probants.**
Inutile de vous rappeler mes précédentes expériences…***
Elles vous auront convaincu du bien fondé de ma démarche scientifique.****
En l’occurrence, mon sujet d’étude fut, durant ces cinq dernières années, d’élever une meute de chiens de chasse afin que chacun de ces fauves ait recours à sa propre intelligence pour, devenant
aussi rusé qu’un renard, il le traque à mort...
Force est de constater que cette expérience, avec quelques années de plus, au travers d’une approche éthologique, plus rude, plus sauvage, ne sera pas inutile.
Mais, nous, les scientifiques, n’hésiterons jamais à remettre le chien, et le renard sur la paillasse de nos recherches au compte du développement durable et du Grenelle de l’Environnement !
Jean (l’astuce) Bertrand et son cousin Gilles (l’éleveur)
* Ça commence fort.
** Tiens ! Une lueur de lucidité.
*** Vous allez voir qu'il va le faire quand même.
**** Ah non ! Juste une conclusion hâtive.
Jolie gomme un cœur
« Ah oui c'est mon rendez-vous du matin comme un petit crème au café du coin où on rencontre toujours un sourire et un bon mot...»
À cette note fort plaisante à moi adressée à l'occasion des vœux, J.H. joignait un dessin de sa petite fille, exposé au moulin de Fillé.
« Comme je lui faisais remarquer qu'il y avait une faute, elle me répondit :
– Moi, sur mes fautes je pose un cœur...»
Note à J.H. – Ce matin, pas de surprise, sinon celle de te relire. Merci de m'avoir autorisé la publication.



