Petite toile
Maisons 208, 209 et 212
Rassurons les cinéphilistes tendance chromophilie : ce sont là images virtuelles.
Que de maisons portées à l'écran : des hommes vivants, dernière sur la gauche, petite dans la prairie, des 1000 morts, de tous les cauchemars, des sept péchés, de Frankenstein, de Dracula, des
damnés, aux esprits, de l'exorcisme...
Cherchez l'horreur.
Sortie côté jardin
Une femme entre dans la nuit.
Maison 022
2008, acrylique sur toile, 22 x 30 cm
Timide
– Les chaises ?
– Les chaises, les vélos, les valises... Deux chaises dont une timide.
Deux chaises, années 1980 (?), monotype à l'encre d'imprimerieÀ la Sénèque
Marie de
Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné, écrit à sa fille :« Je vous assure aujourd'hui que je me porte fort bien ; je me suis baignée un peu à la Sénèque : j'ai sué fort gracieusement, et peut-être même que je prendrai encore une douche ou deux avant de partir, pour finir toute contestation.»*
Maison 012
2008, acrylique sur toile
22 x 30 cm
(œuvre appelée à être recouverte, profitons-en)
* Lettre à Madame de Grignan. Vichy, 19 septembre 1671
De même farine
Des meuniers
ivres se trouvoient dans le cabaret de la maison rouge, sur la route de Wambaix, en même temps que le maréchal-des-logis de gendarmerie, M. Dreux, et un gendarme qui l'accompagnoit. Tout à coup,
sans aucune altercation préalable, l'un de ces meuniers lance un pot à la tête du gendarme qui allumoit sa pipe et qui tombe sans connoissance. Les autres meuniers se précipitent alors sur M.
Dreux, qui alloit remonter à cheval, s'emparent à l'improviste de son sabre et lui en portent plusieurs coups dont l'un a atteint une artère à l'épaule droite.*C'est rouge et le moment de lire sur la Toile de l'un les poèmes de l'anthologie rouge.
Ou pour qui préfère le genre romanesque – tous les rouges sont dans la nature et il en abuse – : le Meunier hurlant, de Arto Paasilinna.
* L'Ami de la religion, journal ecclésiastique, politique et littéraire, tome 85, Paris, 1837, p. 333.
Maison 059, 2008, acrylique sur papier vinyle, 33 x 33 cm
Principale (et intérêts)
Dans les
travées du Monoprix, Christophe s'est entièrement déshabillé avant de se servir en vêtements neufs. Interpellé par les vigiles du magasin, il a été obligé de se remettre nu pour rendre le fruit de
son larcin avant de suivre les policiers.« La prison est ma maison principale,» a-t-il déclaré au tribunal.
Un an de prison, dont six mois avec sursis.
Source : Igor Bonnet, journal Ouest-France, éd. Sarthe, 6.12.08
Maison 007
2008, acrylique sur papier
Aube
Maison 066, 2008, stylo bille sur papier peint vinyle, 33 x 33 cmValentine Goby
Je n'ai pas de rubrique Un bon livre peut-être*, en voici un néanmoins bon livre : Qui touche à mon corps je le tue**.
D'une aube à l'autre, les vies croisées de Marie, faiseuse d'anges, dans l'attente de son exécution, Lucie, femme avortée sur la table de chevet de laquelle on a disposé un bouquet de persil et Henri, bourreau qui cherche dans les yeux des assassins la souffrance des victimes.
Donner la vie, donner la mort. Au plus proche des corps – odeur, toucher – le roman est servi par une écriture précise et rythmée. Ce n'est pas gai, je le concède. Ce n'est pas non plus un plaidoyer, mais on mesure au-delà du récit la générosité et le courage des femmes – et quelques hommes – engagées dans le combat pour la libéralisation de l'avortement.
* Chez biloba.
** Valentine Goby, Qui touche à mon corps je le tue, Gallimard, 2008
Lumière rasante
Voilà un mur, et je dis mur ; et tandis que je prononce ce mot, je le vois blanc, et j'ajoute blanc.*
Voilà a le mérite d'être clair.
* Mémoires historiques et philosophiques sur la vie et les ouvrages de Denis Diderot, par J.A. Naigeon, Paris, 1821, p. 285
Maison 062
2008, acrylique et poils de barbe sur toile, 27 x 22 cm
Lorsque l'enfant paraît
Aujourd'hui
(vendredi), j'ai peint la Maison 170. Grande sœur de la Maison 062 présentée jeudi. Le soleil étant resté discret, je n'ai pas pu disposer de l'indispensable lumière rasante pour la
photographier.Aussi pour patienter, voici le portrait à l'encre sympathique d'un jeune couple de Chine.
*
Applaudit à grands cris.
(Victor Hugo, Les Feuilles d'automne)
Exclusivité
Les plus
fidèles des lecteurs et lectrices de ce blog ont bien compris tout le plaisir qu'il y avait à s'égarer du côté des commentaires. Ne seront donc pas surpris-surprises par le billet du jour, annoncé
en réponse à un message sibyllin de Topa – billet d'hier, vous suivez toujours ?Ce poète grisé par le succès – et sans doute par d'autres nectars – ramené à la réalité – oui, ça fait mal, parfois – par un quidam à pèlerine – et képi – ne figure donc pas dans le Petit supplément illustré à l'usage des poètes & des contemplateurs de lacs qui relèvent d'un geste machinal le col de leur redingote quand le zéphyr passe et frémit – petit supplément à l'excellente revue Équisol dans son édition hivernale de 2008.