Rue de la Vicomté 2

Après la propagande électorale, l'annonce de la fête locale.
Les murs muent.
Rue de la Vicomté 02, 2017, acrylique sur carton, 100 x 50 cm
Quand une maison fait le mur
au poète qui file (son) droit
photo Laurent Deheppe
On devrait ranger les manuels de droit sur les rayons de la poésie.
La coutume d'Orléans, art. 243, porte : « Aucun ne peut faire chambres-aisées, nommées fosses-coyes, latrines ou fosses de cuisine, pour tenir eaux de maison, auprès du mur mitoyen, qu'on ne laisse franc ledit mur. Et avec ce doit être fait le mur dudit puits-à-retraites, ou fosses-coyes, aux dangers et dépens de celui qui fait ledit puits, de pied et demi d'épaisseur du moins, s'il n'y a partage, division ou paction au contraire. Et seront percées en sorte que la plus grande crue des eaux n'y puisse atteindre s'ils ne sont ès rues prochaines de la rivière.»
J.B.J. Pailliet, Manuel de droit français, Paris, 1824
Rue de la Vicomté

On va devoir s'habituer l'un à l'autre, mon nouvel atelier et moi. Parce que là... rien qui me ressemble au désordre !*
Sur le chevalet, un carton en cours de réalisation. Trace de ma prise de possession des lieux. Les pigeons du clocher ; l'avion de Zbigniew Janicki, aviateur polonais qui s'est écrasé sur le territoire de la commune en 1945** – un monument lui rend hommage – ; deux enfants aux yeux neufs. Il manque la plume, abandonnée par l'un des volatiles précités.
* Je sais : la phrase est un peu cassée, mais il lui fallait bien ça pour faire sens.
** On n'a pas toujours fermé les frontières aux Polonais !
Printemps (le retour)

Cette création sera donnée lors du spectacle cabaret qui viendra clore la 32e édition du festival du Printemps poétique de la Suze-sur-Sarthe, vendredi 9 juin 17.
Tous renseignements sur le site des Amis des Printemps poétiques de la Suze
Hobo
D'un mot dont je n'avais pas l'usage jusqu'à ce jour.
Hobo.
Rencontré dans un article de James Tanneau*, à propos de Jack London.
Thierry Gaudin qui use plus volontiers du mot trimard,
Trimard paumé ou roi du tout
Rails rouillés ou voiles lourds
Sont des décors et les acteurs
Jouent les héros toutes les heures**
avait aussi le choix : trimardeur, chemineau, errant, galvaudeux, va-nu-pieds, meurt-la-faim, vagabond...
Dans la famille Vagabond, les Américains distinguent le tramp qui ne travaille que forcé, le bum qui ne travaille pas du tout et le hobo, travailleur en déplacement.
John Lee Hooker, quant à lui, montre sa sympathie pour le hobo (Hobo Blues).
* Revue L'Iresuthe n° 40. Dans Les Recommandations réfractaires, James Tanneau invite à lire Jack London (Romans, récits et nouvelles, 2 volumes récemment parus en Pléiade
** Ballades à contre blues, L'Atelier de Groutel, 2015
Place au ralliement

Ce billet, paru en février 2010 est dans l'air du temps.
Ne raillez pas. Ralliez-vous.
– Sire, vous ne manquez pas de panache, mais ces couleurs ajoutées au blanc siéent-elles à votre teint ?
– Foutre bleu, Sully, mon ami, veillez sur nos mamelles et me laissez courir la géline.
Dépouillement

Un nouveau président est appelé à régner. Dans la maison abandonnée, la moisissure refait la tapisserie.
Rébus

Si cet objet blistérieux a pour titre Solution : K lime héros, c'est tout simplement que le blister protégeait un Caliméro en chocolat – j'ai amis gourmands.
S'y ajoute une pensée pour Honoré qui s'illustrait dans le rébus*, avant de mourir assassiné dans les locaux de Charlie Hebdo, en janvier 2015.
Solution : K lime héros, 2017, dessin et lime sous blister
* On doit encore trouver en librairie
ses Cent Rébus littéraires, Arléa, 2015
Chute

À l'origine, il y a l'homme une chute de papier.
Utilisé pour des essais de couture, ce rebut a gardé les cicatrices de l'aiguille. Il appelait le dessin d'une chute de rein comme une évidence.
Chute, 2017, dessin aux crayons sur papier Fabriano,
35 x 25 cm. Collection privée.
Eau dormante
à l'ami, fidèle et discret lecteur,
qui vient d'aménager une mare
pour l'éveil et le bonheur d'un enfant
Libellule déprimée mâle au jardin – 2008
Pour les préserver du danger des points d'eau, on racontait aux jeunes enfants bretons que la libellule allait leur coudre les paupières.« An nadoz-aer a wri an daoulagad, la libellule coud les yeux.» L'anecdote est rapportée par Daniel Giraudon qui réunit dans Le Folklore des insectes et autres petites bestioles*, les traditions populaires bretonnes recueillies auprès des anciens.
En Sarthe, il fallait se méfier d'une espèce de birouille qui hantait mares et puits.
* éditions Yoran Embanner, 2011