Maillot encore, mais cette fois la Porte

Retour sur un détail qui a échappé à certains des lecteurs dans le billet précédent.
Quand Viola demande à sa sœur Comment va le maillot ?, elle ne se préoccupe pas de lingerie, mais use – à son insu peut-être – d'une métonymie.
Aujourd'hui, intéressons-nous à un autre Maillot. Celui de la Porte.
Que s'y passa-t-il de remarquable le 7 octobre 1923 ? On y avait organisé une course de paticycles brillamment remportée par Morel.
Sur notre photo, le vainqueur ne s'est pas défait de son paticycle (Porter le regard vers les pieds de l'athlète).
Le prochain billet offrira un cours par correspondance complet de l'utilisation du paticycle. Retenez votre place.
Source image : gallica.bnf.fr
Comment va le maillot ?

Intimité, 2017, encre, crayons, A4
Dans sa réalisation, ce croquis précède le fusain montré précédemment.
Pour ne pas risquer de vous raser, je vous propose une citation nouvelle, extraite d'un roman noir suédois.
Plantons le décor : deux sœurs sont sur un bateau.
« Quand Penelope tend les bras pour ouvrir la lucarne, Viola lui jette un coup d'œil et dit d'un ton léger :
– Je ne pensais pas que tu te rasais les aisselles.
– Non, mais j'ai été tellement dans les médias que...
– La vanité l'a emporté, plaisante Viola. Comment va le maillot ?
– Moyen...»*
* Lars Kepler, Le Pacte, traduction Hege Roel-Rousson et Pascale Rosier, Actes Sud, 2011
Domaine de l'intime

En 1668, Le docteur Boxbarter rapportait l'histoire de « ce moine de l'ordre des Augustins, âgé de vingt-cinq ans [...] qui, sans être exténué par l'abstinence ni par la mauvaise nourriture, s'aperçut que sa vue s'affaiblissait & que cet affaiblissement allait en diminuant ou en augmentant, selon qu'il se faisait raser ou qu'il laissait croître les poils de ses aisselles.»*
On ne cherchera pas plus loin, l'origine de l'expression raser à l'œil, devenue, chez les plaisants barbiers, Demain, on rase gratis.
* Collection académique composée des mémoires, actes ou journaux des plus célèbres académies & sociétés littéraires, des extraits des meilleurs ouvrages périodiques, des traités particuliers & des pièces fugitives les plus rares..., 1766
Intimité, 2017, fusain et pastel sur Kraft, A4
Ah si on s'attendait à ça...

La limande reste plate et sourde aux crocodiles amoureux qui lamentent, 2017, objet blistérieux
Miel, avec talent, s'est chargée de modeler les crocodiles. Je n'ai pas retenu sa suggestion de les peindre en violet ponctué de jaune. Il faut quand même rester sérieux : on ne plaisante pas avec l'art. Verrait-on une Joconde à moustache ou un urinoir promu Fontaine et signé R. Mutt, exposés en musée ?
Macule n'est pas un gros mot
Travail en cours
Quand tout ça sera fini, l'arête rejoindra son blister, mais comme les taches de peinture font un joli macule !
Si l'oiseau chante, c'est bon signe

Méfie-toi, enfant, si on te mène en bateau, 2017, objet blistérieux – détail
Je ne signe pas volontiers mes bidouilles graphiques. Je ne date pas systématiquement non plus.
Dimanche, estimant que ce dernier objet blistérieux est parfaitement achevé, je trace au marqueur la lettre "b", initiale du nom, et les deux derniers chiffres de l'année. Bizarrement, le marqueur peine sur le "9", laissant une trace trop maigre. Je ne sens pas l'avertissement que me donne l'outil... et m'applique à repasser sur la boucle du "9".
Las, pour apporter la nécessaire correction, il faut décoller le blister. Très risqué pour l'œuvre !
On aura reconnu Jacques Prévert, dans le titre du billet.
Prise rapide

Comme dénonce régulièrement Causette, magazine plus féminin du cerveau que du capiton, « on nous prend pour des quiches.»
Car enfin, cette maman est-elle vraiment une ménagère avisée qui prépare ses confitures hors saison ?
Et cet illustrateur est-il vraiment attentif qui représente un bambin, couvert de taches de confiture quand le pot est encore fermé ?

Source iconographie : gallica.bnf.fr
Source inspiration : actualité.
Troncs

Bûcheron happé par l'arbre qu'il vient d'abattre, 2017, carton découpé et peint, 15 x 22 cm
Certains arbres n'aiment pas qu'on les dérange.
Le temps a laissé son manteau

Samedi 22 janvier, on remettait le prix Joël Sadeler à Thomas Vinau (lire le billet du 20 janvier sur le blog biloba).
Un moment agrémenté de lectures de poèmes de Thomas Vinau et Joël Sadeler.
Sur la place de la mairie, les arbres n'ont ni frissonné, ni frémi, ni tressailli.

