Si ça tourne rond ?
Un ami m'a assuré que, mine de rien, un choix pertinent dans le titre constituait le premier élément de la reconnaissance de l'œuvre. Ça ne m'a pas paru inconséquent.
Nous voici donc devant Matteo Trentin [qui] salue sa cousine sur la route du Giro, objet blistérieux avec une nuance de rose, car en ce pays – ami, lui aussi –, quand on fait un tour à vélo, le jaune est rose.

Matteo Trentin salue sa cousine sur la route du Giro, 2015, stylo-bille et aquarelle dans blister collé sur toile, 10 x 10 cm
Plus que ses yeux pour pleurer de rire
Hier soir, à la sortie d'un spectacle, une amie – Annie pour ne pas la nommer* – me rapportait que ses glandes de Meibomius devenaient paresseuses et qu'elle souffrait de blépharite.
Pourquoi je vous raconte ça, moi ? Ah oui ! le syndrome de l'œil sec. M'étonnerait qu'il touche notre correspondant de Chalon qui le garde vif, l'œil, derrière son APN.

Chalon-sur-Saône – février 2015 [photo Claude Vercey]
* – Vous la nommez néanmoins !
– Pensez donc, c'est un prénom d'emprunt !
Va-t-il pleuvoir dans l'heure ?

J'ai pensé un instant que ce petit nuage se hâtait de quitter l'écran pour mon plaisir.
Naïf !
Il tentait juste d'échapper à un poursuivant.
Aurait mieux fait de garder le lit
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Ce nouvel objet blistérieux est double.
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Sépia
Depuis ma fenêtre – février 2015
Il vient de grêler. Le ciel prend à l'ouest des teintes sépia. À l'opposé, sur écran sombre, un arc-en-ciel fait sa roue. Les oiseaux garderont le silence quelques minutes encore.
Eurêka
à une dilettante qui n'aurait pas manqué cette photo

La Suze – février 2015
Qu'on s'extasie modérément sur cette photo, je n'en prendrai point ombrage... Aujourd'hui, c'est la goutte d'eau qui a tout mon intérêt.
Dans une goutte d'eau, le saviez-vous, les molécules s'agglutinent sur les parois pour voir le paysage. Comme on les comprend. Du fait de la promiscuité, il se crée une tension : la tension superficielle. Avantage : la goutte ne s'étale pas comme une crêpe, les molécules copinent, il en découle un tas de réactions que je ne vais pas décrire ici – des enfants regardent . Et, mieux que je ne le ferais, des savants tirent de ces observations l'hypothèse que les secrets de la vie seraient au bout de la goutte. C'est fascinant.
* Et si le secret de la vie tenait dans une goutte d'eau, LePoint.fr, 20.02.15
Un thème porteur
Du bois dont on fait la chaise doublé de Ce qui est assis
2014, collages et gouache sur papier glacé, 2 fois 24 x 24 cm, collection privée.
« Je ne sais si vous êtes comme moi, mais rien ne m'énerve plus que d'être assis sur une chaise ou un fauteuil bancal.
La cause de cette "infirmité" est due à ce que les quatre pieds sont d'inégales longueurs.»
Un sol inégal produit les mêmes effets, mais cela n'entrait pas dans le champ de la revue Les Travaux de l'amateur.*
* n° 100, 1930. Source : gallica.bnf.fr
Au 79
Brugge – août 2011
Ne nous laissons pas attendrir par ce contraste saisissant de couleurs mais écoutons plutôt ce que dit l'image.
L'image dit septante-neuf. On s'attendait à pire.*
* Quelques esprits avisés objecteront qu'en pays flamand on parle flamand et que par conséquent...
– J'entends bien, mais je reste sourd.
Dans notre salon, sur la télé
Brugge – août 2011
L'un nous avait mis en garde :
« Ne nommons pas ces poètes aux semelles de caoutchouc qui remplacent la lampe d'Aladin par une lanterne sourde.»
L'autre nous avait assuré qu'en frottant cet objet unique avec un tissu doux imprégné d'une goutte d'huile d'olive, on verrait sortir un génie généreux.
Eh bien, peau de patate et huile à friture !
Au retour à la maison, même le reflet de Brugge a disparu !
* Jean des Cognets, L'Ouest-éclair, 1er novembre 1932
Bien descendu ?

État de chaises fait l'objet d'une note de lecture dans la revue Paysages écrits.
– Et le critique te descend en flèche ?
– Non. Pourquoi dites-vous ça ?
– Pour rien !*
Animée par Sanda Voïca** et Samuel Dudouit, la revue numérique Paysages écrits s'ouvre à la poésie actuelle et aux arts visuels dans une maquette de belle tenue.
C'est Samuel Dudouit qui signe la note de lecture. À lire son Acoustique blanche mêlée de terre (Polder n° 160), on conviendra qu'il était the right man in the right place. Citation : « Elle prit une chaise, y posa son petit cul qui flottait dans son futal et murmura : Nous ne sommes que du gravier blanc. » Qu'est-ce que je vous disais ?
* Source gallica.bnf.fr. Publicité pour les établissements Dupont, fournisseurs des hôpitaux.
** Parution récente : Exils de mon exil, édition Passage d'encres.

