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J'embrasse pas
Plaise à Magritte... Cette toile représente une toile. C'en est même le
titre.« Un bon titre se reconnaît à ce qu'il embrasse la totalité de l'œuvre qu'il annonce.»*
* Alain Kewes, dans la préface du recueil de Patrick Werstink, Les Certitudes précaires, Polder n° 143, 2009
Ceci est une toile, 2009, acrylique sur toile, 33 x 41 cm
Moi non plus
Ceci est aussi une toile.Et comme dit Kant, dans sa Critique de la raison pure : « Dans toute subsumption d'un objet sous un concept, la représentation de l'objet doit ressembler au concept, être d'une nature analogue à la sienne, c'est-à-dire que le concept doit contenir ce qui est représenté dans l'objet à subsumer au concept, car c'est précisément ce que signifie la proposition : qu'un objet est contenu sous un concept.»
Ceci est aussi une toile, 2009, acrylique sur toile, 33 x 41 cm
Alors, ça avance ?
Petites études pour des personnages en tissu ou cuir, appelés à faire de la figuration photographique.Bien que le projet soit ainsi précisément défini, on n'est pas plus éclairés sur l'intention de l'auteur.
– Avec ce mot études, on te surprend au sérieux ?
Études, 2009, fusain et pastels secs sur carton, 46 x 55 cm
Chez le docteur
– Dis donc, tu n'as pas l'air au mieux ?
– Ah non*, je suis dans la maison médicale. Un rôle de composition.
* Variante négative du Ah oui ! Fallait-il le préciser ?
Maison médicale (détail), 2009, acrylique sur toile
Table rase
Sur ma table d'opération, de chevet : le Précis physiologique sur les courbures de la Colonne vertébrale, ou exposé des moyens de prévenir et corriger les difformités de la taille, particulièrement chez les jeunes filles, sans le secours des lits mécaniques à extension.
– Un titre aussi long, t'as pas fini de le lire que tu t'es chopé un lumbago. Et quel en est l'auteur ?
– On aura peine à me croire : c'est le docteur Claude Lachaise.
Maison médicale (détail), 2009, acrylique sur toile
Coup de dés jamais
S'il fallait nommer, ce pourrait être Béatrice et Dante, au pied des sept marches d'un purgatoire... Mais on ignore tout
des intentions de l'auteur. On saura seulement que le hasard a réuni ces deux toiles : l'une en cours d'achèvement, l'autre recouverte seulement d'un fond coloré.Le hasard a ajouté :
– Tiens, c'est pas mal !
Je ne contrarie pas le hasard.
Sans titre, 2009, acrylique,
2 toiles 19 x 27 cm
Sauvages

En raison de sa rareté, une tulipe sauvage – tulipa sylvestris – a entraîné l'annulation du projet d'implantation d'un centre équestre dans un village proche du Mans.
Conflit d'intérêts devenu thème d'inspiration.
Le cheval et la tulipe sauvage, 2009, acrylique sur papier peint, 40 x 40 cm
Karagatsch
Étude pour le Cheval et la Tulipe sauvage, fusain, pastels et craies sur papier, largeur 80
cmLes chevaux seuls m'intéressaient.
Depuis je me suis documenté sur la tulipe.*
« Le nom de tulipe est d'origine turque ; Ménage dit que cette plante s'appelle en Turquie tulibent, à cause de la ressemblance qu'elle a avec la figure du tulbent, que nous appelons turban. En allemand, elle se nomme Tulpe. En hollandais tulp. tulpaan. En anglais tulip. En italien tulipano. En espagnol tulipan. En russe tiulpan. En tartare karagatsch.»**
Voilà de quoi épater ses convives au réveillon.
* On n'imagine pas tout le travail qui sous-tend l'œuvre !
** Jaume Saint-Hilaire, Plantes de la France, Paris, 1809
Toujours verte
On maintientpour les faire grandir
les enfants
sur des chaises*
et on les abandonne, jambes ballantes, au bord du vide.
Rose et verte en juin, sur une contrainte d'Anita (La Pêche à la baleine), cette toile a pris de nouvelles couleurs. On pourra comparer (Rose & vert).
* états de siège
Dans les marges
Quand Jean-Pierre H. Tétart* envoie ses vœux, c'est le Rêve de Dieu. Dire s'il fréquente les plus grands.
Inspiré de son texte, un des derniers dessins de l'année.
Alors que Dieu rêvait, « la Femme engendrée par son Esprit obscur s’était détachée de lui pour suivre le plus beau des Anges. Et celui-ci, de son épée à triple fil, la balafra et la perça neuf fois en décrétant : " Par ces portes on accédera aux labyrinthes de la connaissance, mais peu en reviendront et ceux qui en reviendront sauront qu’il n’y avait d’autre secours en toi que la mort… " Et il inscrivit cette loi dans les marges du Livre.»
* Découvrir Jean-Pierre H. Tétart sur le site de l'Iresuthe : Vallis Clausa. Et pour aller plus loin : le Voyage du chat (Le Temps qu'il fait, 1998) ou la Patience des rochers (Cénomane, 2006).