Encore plus pauvre, mais gourmand

Homme qui pisse. Femme bras dans le dos. 2018, découpages dans coussinets
En marge toujours. Et encore plus pauvre. Découpage dans les coussinets qui protégeaient les chocolats des gourmands dans leur boîte.
Art pauvre

Oiseaux, 2018, carton ondulé découpé, 30 x 21 cm
En marge. En attendant l'heure de sortie de l'atelier. Petits cartons découpés en forme d'oiseaux.
Toi

Toi, 2018, acrylique sur toile, 46 x 38 cm
– Si le tableau est fini ? demandes-tu.
Épisode neigeux
Le vélo roule sur la neige
comme un papier
qu'on déchire
Régine*
St-Symphorien – février 2018
* J'ai gardé en mémoire ce poème admirable, écrit en classe de CM, voilà près de 25 ans. J'ignore si Régine s'intéresse encore à la poésie.
Carte postale coquine

Madame en robe seyante jaune et noire parsemée de taches jaune-orangé. Monsieur en tenue moulante phosphorescente. Jeune couple de crapauds dorés (bufo periglenes) surpris pendant un moment d'intimité.
Vain effort !
L'espèce est considérée comme éteinte depuis 2004.*
Costa Rica toujours. Un pasteur évangélique en tête du premier tour de la présidentielle**. Fabricio Alvarado a fait campagne contre le mariage gay.
À propos de l'image suivante, il aurait déclaré « Pas de ça chez nous ! »***

* Sources : batraciens-reptiles.com ; fracademic.com ; UICN (Union internationale pour la conservation de la nature)
** Journal Le Monde
*** selon les Caphys.
Illustrations : carte postale : photo M. et P. Fogden ; montage d'après photo US Fish and Wildlife Service
Trois fois rien

Trois petites toiles organisées en triptyque. Ou comment une carotte passe à la postérité.
Le panneau central est un relevé des mesures et dispositions des cicatrices de radicelles d'une carotte. En millimètres.
À droite : le même motif réalisé en broderie.
À gauche : carotte en papier et copie de diagramme de broderie avec codage de la couleur du fil.
Ci-dessous : détails
Carotte (trois fois rien), 2006, acrylique, encre de Chine, collage & fil coton sur toile de lin, 3 tableaux 24 x 19,5 cm
Dernier des derniers

Une moustache pour deux, 2018, objet blistérieux,
La moustache donne un air militaire, une mine martiale, une physionomie décidée*.
– J'entends bien, mais ici : Une moustache pour deux ? On frise le ridicule... Non ?
– Oui... Pourquoi ?
* Le Figaro, 12.07.1832 (source : gallica.bnf.fr)
Ce Cézanne, quand même !

Dans un échange avec Joachim Gasquet*, Paul Cézanne déclarait :
« [...] la nature vue, la nature sentie, celle qui est là... (il montrait la plaine verte et bleue) celle qui est ici... (il se frappait le front) qui toutes deux doivent s'amalgamer pour durer, pour vivre d'une vie moitié humaine moitié divine, la vie de l'art, [...] »
Verte & bleue, 2018, acrylique et huile sur toile, 20 x 20 cm
* J. Gasquet, Cézanne, monographie, New-York, 1926 (source : gallica.bnf.fr)
Déclencheur
Il a fallu que je rencontre le mot popsicle dans une lecture* pour sortir de l'ombre une toile qui s'y trouvait peinarde depuis une décennie.
Popsicle – glace à l'eau, réputée en Amérique du Nord – m'a remis en mémoire une toile inachevée, dans laquelle quelques observateurs voient une glace sur bâtonnet.
À trop simplifier, on s'expose aux lazzis.
Le tableau représente un poirier au champ, dans l'encadrement d'une fenêtre. La base du tronc déborde dans la pièce, superposition fausse pour signifier qu'entrant dans la maison, l'arbre entre aussi dans l'imaginaire du regardeur**, jusqu'à nourrir sa création***.
Nouvelle couche de peinture sur le mur pour atténuer le contraste entre extérieur et intérieur. Et, avec deux "branches tortueuses", ajout à la confusion.
N'y a plus qu'à signer.
Un seul arbre, et encore...,
2007-18, acrylique sur toile, 100 x 80 cm
collection privée
* Maggie Nelson, Les Argonautes, éditions du sous-sol, 2018. « En retraçant sa propre histoire de couple avec Harry, né Wendy, l’écrivaine tisse une réflexion passionnante sur le genre, la maternité, et le sentiment amoureux.» (Télérama)
** Ai-je dit qu'il est poète ?
*** Jean-Claude Touzeil, Poirier proche, éd. Le chat qui tousse, 2004
Réseau social

C'est le tout dernier objet blistérieux.
Je l'ai nommé Réseau social – les amateurs de jeux de mots approximatifs apprécieront.
À bien y regarder, une question reste en suspens : le terme androgyne peut-il s'appliquer à un bélier pourvu d'aussi imposantes cornes en spirale ?