Fromage et dessert

Un portrait au stylo-bille, réalisé sur un coin de table, il y a tout juste 38 ans
Le papier a jauni. L'emmental s'est racorni : il ne saura jamais que ce jour-là, on l'a confondu avec du gruyère.
À la fin, l'eau est tiède dans le verre

Réalisé début juillet et aussitôt reporté au fusain sur la toile, ce croquis sur le vif a dû patienter jusqu'à ces derniers jours pour être terminé.
Il fallait que je sois de belle humeur pour laisser éclater ces couleurs vives.
Assise, verre à la main,
2017, acrylique sur toile, 100 x 81 cm.
On n'a rien vendredi ?

Dans le même temps, la médiathèque exposera Carrés de l'hypothalamus, 15 dessins infographiques de ma souris et autant de poèmes écrits par Alain.
Médiathèque Les Mots Passants, La Suze-sur-Sarthe, du 28 novembre au 9 décembre. Horaires d'ouverture ici.
Nage libre, figures imposées
Didakit présente une collection de maquettes en bois de belle qualité dont on peut voir un exemple ci-contre.
Les petits-enfants ont assemblé les maquettes, j'ai conservé les planchettes qui retenaient les pièces prédécoupées. Elles deviennent les figures imposées d'un petit monde – innommable – qui évolue librement dans l'eau.
Ci-dessous, les planches 3 et 4 de ces derniers innommables.
Nage libre, figures imposées, 2017, crayon et aquarelle sur papier, bois prédécoupé, 18,5 x 23 cm


Six en quête de

Six Paysages en quête de rien, de A à F, 2017, acrylique sur toile, 19 x 27 cm chacun
J'ai livré peu d'éléments de cette série de paysages. Hormis cette note du 2 octobre : « Il y a, au bord de notre confort, une déchirure.
Au bord de notre confort, une tache rouge qu'on s'efforce d'oublier ou, à défaut, de minimiser.»
Ces déchirures, marques de deuils successifs, tiennent de la pensée et de l'image. Comme le corps, la toile a ses limites, mais ici rien ne permet de préciser si le paysage est en moi ou hors de.
La série, commencée en juillet, s'achève provisoirement avec ces Paysages en quête de rien. Avec le temps, les déchirures ont fini par perdre leur charge affective et devenir des éléments essentiellement graphiques.
En écho, on sera touché par la justesse des mots d'une lettre au père publiée dimanche sur le blog de Célestine.
Erreurs et préjugés

« L'estomac de l'homme et celui du cochon n'ont aucune ressemblance : dans l'homme, ce viscère a la forme d'une cornemuse, dans le cochon il est globuleux; dans l'homme, le foie est divisé en trois lobes ; dans le cochon, il est divisé en quatre ; dans l'homme, la rate est courte et ramassée ; dans le cochon, elle est longue et plate; dans l'homme, le canal intestinal égale sept à huit fois la longueur du corps ; dans le cochon, il égale quinze à dix-huit fois la même longueur. [...] L'épiploon, c'est-à-dire cette partie qu'on appelle vulgairement toilette, est beaucoup plus étendue et plus chargé de graisse ; et, ce qui est très-consolant pour les âmes délicates qui ne veulent avoir rien de commun avec le naturel du cochon, c'est que son cœur présente des différences notables avec celui de l'homme.
J'ajouterai, pour la satisfaction des savants et des beaux-esprits, que le volume de son cerveau est aussi beaucoup moins considérable ; ce qui prouve que ses facultés intellectuelles sont fort inférieures à celles de nos académiciens.»*
J.-B. Salgues, Des erreurs et des préjugés répandus dans les diverses classes de la société. 1823-1830
Ci-contre, Il faut beaucoup d'imagination pour voir un pot de rillettes dans un cochon, 2017, crayons sur papier, 100 x 70 cm
Chiffre 7

L'un manque, 2017, huile sur toile, 20 x 20 cm
Vous aimeriez tout savoir de cette petite huile sur toile : je vous raconte tout.. Mais si mes états, dame ! vous ennuient, tournez la page, l'écran ou les talons.
Le motif est tiré de la même série que les linos présentées précédemment.. L'écartement donné aux trois bâtons de gauche devait permettre d'en poser quatre à la suite, pour un total de sept, comme le suggère le dessin préparatoire ci-dessous.
Las ! Tableau peignant, j'ai été distrait. L'un manque. Ce qui justifie le titre.
Deux linos

Deux linogravures sans prétention :
– Chat devant l'écuelle
– Oiseau
novembre 2017, 15 x 10 cm
Lumière du matin
Le voilà, dans la lumière rasante d'un matin de novembre, le bel objet blistérieux avec ses personnages réunis pour la paix dans une ambiance festive.

Marche pour la paix, 2017, objet blistérieux, 40,5 x 58 x 3 cm
Moi, dans le genre, je suis neutre
En 1676 déjà, Monsieur Ménage se demande s'il faut dire, en parlant d'une femme, Poëte ou Poëtesse ; Philosophe ou Philosophesse ; propriétaire ou propiétairesse ; dépositaire ou dépositairesse.
Il donne son sentiment :
Pour moi, je dirois aussi plustost Mademoiselle de Gournay est Poëte, que Mademoiselle de Gournay est poëtesse ; La Reine d'Ecosse se mesloit d'estre Poëte, que la Reine d'Ecosse se mesloit d'estre Poëtesse. Mais je dirois plustost la Poëtesse Sapho & la Poëtesse de Gournay, que la Poëte Sapho & la Poëte de Gournay. Et je dirois aussi plustost une Poëtesse qu'une Poëte. Mais comme ces mots de Poëtesse & de Poëte au féminin ne sont pas usitez, il est bon de les éviter
Pour ce qui est du mot de Philosophe au genre féminin, il est suffisamment usité, pour ne point faire difficulté à s'en servir.
Il faut dire, au féminin, propriétaire & dépositaire, & non pas propriétairesse & dépositairesse.*

Agence TBWA – Apple - Avant - Pendant - Après :
"Adam et Ève" par Adriaen van der Werff (1711) ; "La Chambre d'écoute" par René Magritte (1958)
Image à retrouver ici.
* Observations de Monsieur Ménage sur la langue françoise, 1686
Mademoiselle de Gournay est aussi l'auteure d'un essai hors du temps : Égalité des hommes et des femmes (gallica.bnf.fr)