Toc

Portrait de l'oiseau qui a trouvé du fil à retordre, 2018, objet blistérieux
On sera aimable de ne pas objecter que la pupille de cet oiseau pourrait être celle d'un gecko couché sur le flanc et considérer qu'il s'agit là, d'une de ces bizarreries dont la nature est coutumière.*
* Et toc ! Bruit produit par l'oiseau quand il frappe à l'huis des auberges grises.
De la fin au début

À gauche, la dernière gravure de l'année. Le mot à l'oreille attentive.
À droite, le premier collage de 2018. Amphore ou ventre rond.
Ovnis

Plume et encre de Chine, stylos-feutres rouges. Deux objets volants retrouvés dans un carnet. Dernière sortie connue : janvier 2009.
Quand Baudelaire écrit dans Spleen : « J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans », il ne devait pas penser à moi. J'ai oublié pour qui ce biplan de l'Aéroflorale transportait des fleurs en pot.
Revenons à notre histoire

« Les Gaulois étaient païens : ils ne connaissaient pas encore le Bon Dieu.»
« De tout notre cœur nous devons aimer Jeanne d'Arc : elle est morte pour sauver la France. C'est une Sainte, nous devons prier pour que, du haut du Ciel, elle continue à protéger notre patrie.»
Ce n'est pas pour ce catéchisme que j'ai acheté l'Histoire de France, de H. Guillemain et de l'abbé Le Ster, à l'usage du cours préparatoire (1934, réédition 51), mais pour les dessins à la plume de R.M.V.
En plus de ses talents de dessinateur, Robert Micheau-Vernez est un peintre de la couleur, au style très personnel. On peut le retrouver sur le site micheau-vernez.fr.
Comme l'abbé, je revisite l'histoire de France. Ici : Du Guesclin, dans un épisode où, ses compagnons et lui, déguisés en bûcherons, se font ouvrir une forteresse pour vendre des fagots aux Anglais. À peine entrés, ils se débarrassent des fagots, sortent les épées cachées sous leurs chemises et trucident l'ennemi qui n'avait rien vu venir.

Du Guesclin, déguisé en bûcheron, s'attaque aux Anglois
2017, acrylique sur toile, 100 x 80 cm
deux fois neuf, dix-huit
St-Symphorien, janvier 07
Le premier de l'an tombe souvent début janvier.
La nuit toujours – à son heure. La neige parfois.
Vœux

Cette année, je fais profil modeste pour les vœux.
Parce que les souhaits de paix dans le monde, de fin des famines et catastrophes climatiques, de santé qui pète la santé, ça n'a pas fait ses preuves.
Alors soyons réaliste. Disons : une ou deux occasions de sourire par jour.
À la boulangerie, la librairie, chez la buraliste, le percepteur, devant le miroir – parce qu'on n'est jamais si bien servi que par soi-même –, dans la rue à qui vous cède ou à qui vous cédez le passage, à la caméra de surveillance...
Avec l'espoir secret que la somme de ces sourires finisse par peser sur le dérèglement du monde.
De qui se moque-t-on ? (addenda)

Puisque le billet précédent est sorti avec une journée d'avance, voici, pour le compléter – et retrouver un rythme de parution régulier – un dessin que nous conviendrons d'appeler étude pour faire cultivé.
Prochainement, sur votre écran, une vue de la toile terminée – bien qu'elle ne soit pas à l'abri d'un repentir –, accompagnée d'un argumentaire éclairant sa conception.
Étude pour Du Guesclin..., 2017, acrylique sur papier, 100 x 70 cm
De qui se moque-t-on ?
J'hésite. Dois-je montrer les étapes de la création ou le tableau terminé ? Dois-je même montrer le tableau au risque de déclencher brocards, quolibets ou lazzis ?
Du Guesclin déguisé en bûcheron, attaque les Anglois. C'est le titre (travail en cours)
Certes

Octante têtes, 2017, huile sur papier, 100 x 70 cm
– Octante têtes ! Il m'aurait plu qu'il y en eût une de plus... Pour un nombre carré.
– Ça ne tenait qu'à toi !
– Certes.
Lapin de Noël

Je suis admiratif de la créativité et de la poésie qui se dégagent des sculptures de Bob. Il assemble des chutes de bois pour un bestiaire exposé sur la place de Ruillé-en-Champagne au moment des fêtes de fin d'année. Rennes, sanglier, chouette, lapin, oiseau... au milieu d'un rassemblement hétéroclite de poupées en polyéthylène et père Noël en tissu rembourré mousse.
À une graphiste qui travaillait sur la couverture de Sangliers, roman de Aurélien Delsaux, j'avais suggéré d'utiliser une vue du sanglier de Bob. Elle a préféré user d'un couple de chevreuils repéré préalablement sur Ahoui.
