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Articles récents

Plus beau que le calendrier de la Poste

25 Novembre 2014 , Rédigé par ahoui

Chatte
Alençon – Septembre 2007

 

Aujourd'hui, en plus d'une photo attendrissante (si ! si !), une fable à l'édifiante morale.*
On les doit, la première, à mon talent, la seconde, à Monsieur de Montlivault.

La Chatte nourrice. C'est le titre.

La fable n'en finit pas. Je résume.
Y a Mirza, une chienne. Elle vient de mettre bas. Quatre chiots. Trop, dit le maître.

On réduisit aux trois quarts sa richesse.
Trois furent conservés pour le bien de l'espèce,
Et l'autre, sans façon, sur un fumier jeté.

Je coupe encore. Chienne de vie, fait le rejeté rejeton.

La parque allait trancher ses jours, quand, d'aventure,
Une chatte passa, dont, par funeste sort,
Tous les petits, déjà, touchaient le sombre bord.
Soit pitié, soit besoin, comme on le conjecture,
Soit méprise de la nature,
La chatte offre en passant son sein au moribond,
De sa douce chaleur le rappelle à la vie,
Et de son lait le vivifie.

Une ancienne actrice sort de sa réserve.
La télé se porte sur les lieux. 30 millions d'amis éclatent l'audimat.
Après, ça se gâte. La nourrice tarit.
Le chiot grandit. Il est joueur. Pas la marâtre qui fait sa Folcoche.
Donne de la griffe. Pensez si l'autre couine.
Une pie passe. Une vieille. Qui lui crie (Dans les fables, les pies crient) :

« Mon enfant, vois-tu pas ton erreur !
Cette chatte jamais ne fut que ta nourrice,
Elle ne peut d'une mère avoir pour toi le cœur.
Tant que dura son lait, tu lui rendis service.
Cet amour fortuit n'est donc plus de saison.»

Et toc. Prends ça dans les crocs.

 

* Annales d'agriculture de l'Indre-et-Loire, 1831

 

 

 

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Parution annoncée

25 Novembre 2014 , Rédigé par ahoui

Jacques Renou me fournit la matière de ce billet. Je n'ai rien à changer à la présentation du prochain Brumes d'aube d'Anne Certain qui doit paraître fin novembre à l'atelier de Groutel.

Anne Certain, Brumes d'aube.

Portfolio composé en caractères mobiles en plomb, imprimé sur presse platine typographique. 40 pages, couverture à rabats. 50 exemplaires numérotés. Avant-lire de Jacques Renou.
Collection Choisi, n° 27

Avec Brumes d’aube, il ne s’agit pas d’ajouter à la litanie de promenades poétiques, charmantes descriptions de paysages, parfois correspondances d’états d’âme basculant de l’exaltation devant les fastes de la nature à l’abattement face à son extinction, en passant par la rêverie languide. Selon Hughes Labrusse, « si le poète a besoin de modèle, c’est qu’il y a peu en lui ». Anne Certain ne copie rien, il y a tout en elle. Entre palabre « noir ivoire » et « silence à large poitrine », elle immisce une poésie chaude et inquiète dans une gravité qui laisse parfois entendre que pourraient sourdre drame et souffrance « J’affronte en tremblant la nuit prête à bondir ». Le regret, la nostalgie « de jardin je n’en ai plus » et la résignation « je me regarde passer » côtoient un appétit de chaque instant. Le poète aime les fleurs, les noms qui leur sont donnés, l’observation des animaux, la marche en pleine nature, et pour résumer, faire toutes les choses assez banales et qui rendent le temps précieux.
Anne Certain n’écrit plus à l’heure actuelle, mais sa collection de recueils inédits mériterait un plus grand pillage que celui proposé dans Brumes d’aube, extrait de La Gravité des nuages (2006) et de Cassures Collures (2008)

Jacques RENOU.



Anne a publié son premier recueil en 1993 (Travaux de saison, éditions Donner à Voir)
Petites palabres noir ivoire, premier recueil de la collection Petits Carrés, chez Donner à voir, se termine par ces vers :

Femme.
Simplement
femme.
 
Anne Certain
Anne Certain animant un atelier d'art postal lors du Printemps de Durcet, en 2005. (Photo M/YB)
 
En souscription à l'Atelier de Groutel : 18 € + port (1 €) – Bon de commande à télécharger.
 
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Satellite

24 Novembre 2014 , Rédigé par ahoui

Lune 

 

 

Ah ! la bougresse de lune !
Elle en dégage, une poésie !

 

C'est Monsieur Jules Renard qui écrit en son Journal
(3 décembre 1906).
Respect.

 

Photo Mi – Étang du Gué de Selle – novembre 2014

 

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Une paille

24 Novembre 2014 , Rédigé par ahoui

Épineu-le-Chevreuil
Épineu-le-Chevreuil – février 2007

Performance d'artiste. Sven Sachsalber a retrouvé en moins de 48 heures l'aiguille perdue dans la botte de foin.*
La vache, avec qui il avait auparavant passé 24 heures dans une chambre, a déclaré qu'elle n'aurait pas fait mieux.

 

* Palais de Tokyo. Exposition Inside.

 

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Pourquoi y aurait pas de photo apocryphe ?

24 Novembre 2014 , Rédigé par ahoui

à Laurent

Ombres
Ombres sur Épineu-le-Chevreuil – février 2007

Un premier témoin les a vus danser.
Un autre a prétendu qu'il tentait de lui piquer son sac à main.

 

Note :
Si le titre et la dédicace du billet vous semblaient obscurs, visitez les Mille lieux de Laurent Deheppe. Il y écrit, avec son ombre, une belle histoire simple.

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L'hiver approche. Prenez un Polder.

22 Novembre 2014 , Rédigé par ahoui

Polder 163 & 164

Les poèmes d'un amour éteint sont encore des poèmes. Avec Écrits la nuit (suivi d'Écrits d'amour),  Marie-Anne BRUCH prend le temps – celui de la nuit – de tracer les contours du silence, de l'absence, de l'abandon. Sans amertume. L'homme que j'aimais / était heureux sans moi. Plus que la solitude nouvelle qui l'a motivé, c'est l'acte d'écrire qui donne corps à cet ensemble. On suit le cheminement d'une pensée apaisée au fur et à mesure de l'écriture. Nécessité de la poésie pour consoler le poète – et ses lecteurs.
La couverture de Claire Ceira dépeint parfaitement les lieux et temps du recueil.


Patrick LE DIVENAH n'est pas sérieux. Je veux dire pas sérieux avec les mots. D'abord, il va les chercher chez les plus savants : entomologistes, botanistes, arachnologues, ornithologues, allergologues, dermatologues, castrologues... Il en joue. À leur insu. Et les voilà qui prêtent à rire. Douves et bilharzies de l'ordre des plathelminthes exhibent en vain leurs ventouses quand profondément s'ennuie un balantidium au fond de l'intestin d'un porc. Newton & Milo, de la pomme reçue sur la tête, le poète nous en met un bras. C'est vif, vigoureux, revigorant. Petite cosmogonie, aurait dit Queneau. Portative, de surcroît.

Ces deux derniers Polder (coédition Décharge et Gros Textes) sont disponibles sur le site de la revue Décharge.
On lira également les I.D. de Claude Vercey. :

I.D. n° 507 : Journal de nuit à propos de Marie-Anne Bruch.
I.D. n° 493 : La zoologie joyeuse de Patrick Le Divenah, avec les poèmes Le balantidium et Hanneton



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Tout s'en va

21 Novembre 2014 , Rédigé par ahoui

Chemin de Durcet

 

 

Ce dessin accompagnait un poème élu sur le Chemin des poètes de Durcet en 2009.

Idée d'un temps suspendu.

Tant à espérer : la graine, le nid.

 

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Hippolyte a fier cimier

21 Novembre 2014 , Rédigé par ahoui

Chêne Hippolyte
Chêne Hippolyte – juin 2012

Hippolyte a fier cimier en forêt d'Andaine.
Mais bien qu'il porte beau ses trois cents ans, sa dernière feuille, cet hiver, n'aura guère plus d'un an !

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Pluies entrecoupées d'averses

20 Novembre 2014 , Rédigé par ahoui

Je lis, dans la Revue aérienne, du 10 mars 1914 :

« M. Guerre, frappé de l'utilité qu'il y aurait à posséder un engin destructif léger et facilement maniable dans la guerre de l'air, étudia un dispositif qu'on pourrait lancer du bord des aéroplanes contre les dirigeables, les avions, les hangars, les dépôts de ravitaillements, parcs de munitions, etc. et qui en provoquerait l'anéantissement par le feu.
Après plusieurs essais, M. Guerre établit un modèle qu'il appela flèche incendiaire.»

Je me demande de quelle utilité aurait été frappé Monsieur Paix.

Devant les autorités, M. Guerre enflamma avec son engin, deux bottes de paille sous la tour Eiffel. Puis, fort de ce succès, entreprit le lendemain, une démonstration de lancer depuis un avion en vol.

« L'inventeur ne se proposait point d'effectuer un tir précis ; il tenait seulement à démontrer qu'une de ses flèches armées explose toujours en rencontrant un obstacle. Il n'effectua donc aucune visée mais se contenta de lancer deux de ses flèches.
La première s'enflamma aussitôt qu'elle toucha le sol, la seconde tomba malheureusement dans une flaque d'eau où elle s'enlisa.»

On attendra l'anticyclone pour déclarer les hostilités.

Aéroplane de l'avenir

 Sources : gallica.bnf.fr. L'illustration est tirée d'une image d'Épinal : les Aéroplanes de l'avenir (1912)

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Turlututu

19 Novembre 2014 , Rédigé par ahoui

Jusqu'à ce que je tombe sur le tarif (1906) de la manufacture de grès et poteries de Paul Chardon, à Malicorne, nous ne nous étions jamais rencontrés les turlus à confitures et moi.

Turlus à confitures

Pas de turlu sur le net, ni dans mes dictionnaires. Enfin si.
Mais pas de pot.
J'ai un turlu, téléphone en argot.
J'ai un turlu, sexe de la femme en général, vagin. Retour au pot qui désigne également la chose.*
Dans un lexique du parler malicornais*** : un turlot désigne un jouet (dînette), un sifflet et turlutter : jouer du turlot, du mirliton, de la trompette. Voilà un turlutter fort sage.
Ailleurs, la turlute* est la fellation et turluter*, le verbe d'action sur le turlupin* ou le turlututu.**

– Les confitures sont cuites ! J'vais pas les laisser dans le chaudron **** !

 

* Henri Van Hoof, Les Mots de la chose, Pauvert, 2003
** Pierre Guiraud, Dictionnaire érotique, Payot & Rivages, 2006.
*** Aînés ruraux, Lexique du parler malicornais, 1997
**** Voir pot, voir turlu. On n'est pas prêt d'en sortir !

Pour la bonne bouche, on pourra retrouver Madame Bolduc – chère à Topa – à qui fut prêtée l'invention de la turlute dans un article très documenté de Monique Jutras.

 

 

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