Du balai
Pour une somme modique, j'ai acheté ce balai de bouleau
auprès de trois joyeux lurons* – Maxime, Sylvain et Matthieu – qui, avec la complicité de leur grand-père**, en assurent la fabrication dans un atelier clandestin proche de chez nous.
On m'a affirmé qu'il ne serait pas sorcier de voler avec ce balai. Je préfère ne pas essayer, d'autant que dans sa fonction initiale, il soulève une poussière d'étoiles du plus bel effet.
* Le luron est joyeux, par définition.
** éleveur d'une grenouille à Rouez-en-Champagne (72) :
Casino c'est qu'un tas de pierres
Habitat en pierres sèches de bâtisseurs de notre ascendance descendance.
À l'instar du troglodyte mignon, les membres de cette tribu construisent plusieurs abris en pierres sèches. Un seul servira à protéger la famille.
Ci-contre, un mâle attend des jours meilleurs pour accéder à la civilisation.
Le titre du billet est emprunté à la chanson d'Alain Souchon, Y'a de la rumba dans l'air. Musique de Laurent Voulzy.
Peut-on encore mettre les ponts sur les ?
Je drge une clnque prvée spécalsée dans la chrurge réparatrce des ordnateurs. Celu-c m'a été confé par la pette nèce de Georges Perec. Faut-l y vor une co¨ncdence ?
Bon appétit
« Je fais du "faux" vin blanc avec un doigt de vinaigre dans un verre à moutarde, je complète avec de l'eau tiède et j'ajoute un cuillère à café de sucre en poudre.
Ça marche très bien.»*
* Lola78, sur le site de Super Toinette, la cuisine familiale
Ci-contre, un lapin sur le seuil de sa maison ou Quand Miel remet les couverts.
L'ortografe pour les nuls
À Samantha, qui vient peupler notre petite mare
En 1609, l'ami Robert Poisson offrait au roi Henri, son Alfabet nouveau de la vrée, & pure ortografe françoize, & modèle sus iselui, en forme de dixionére. Ce Poisson n'y allait pas avec le dos de la cuiller* pour flatter son souverain. Ravaillac en prit-il ombrage ?
« Voiant qe vot̃re Majésté, se déleqtoit de jour en jour, non seulement à déqorer, Paris, de nouveaux ëdifises : si éxélens, & aqomplis, qi font qe tous seus q'on tenoit, pour les merveilles de se monde ne sont qe petis qous désé, & q'euvres de meins aprentises, entant qe qomparez à eus. Més aussi a i varier, reformer, & renouveler, tout se qe vot̃re Majésté, voit n'æt̃re réduit au parfet. Jusqes à i fére venir, & i ajouter en bourjois, les plus éloignez et̃ranjers, qi savent bons met̃iers & ars.»
L'année suivante, le réjiside alloit soulajer le Roî de ses soufranses & ét̃oufer la réforme dans l'euf.
* poisson - cuiller : humour ! Non ? Ben tant pis.
Détail piquant
J'aime l'araignée et j'aime l'ortie
Victor Hugo
Arbre et nid, soleil, ciel bleu & quelques pissenlits, 2013, acrylique sur papier, 100 x 70 cm
L'œuvre de Miel (12 ans), chef de file des Tamponnistes. À la suite des Impressionnistes, les Tamponnistes ont réduit leur outil au seul tampon prélevé le plus souvent dans la nature. Ici, l'artiste a utilisé brindille, chiendent, rumex, pissenlit (feuilles et fleurs) et a osé, sans protection aucune, la feuille d'ortie, comme on le voit mieux sur le détail suivant.
– Si elle s'est piquée ? Oui, mais à dessein, juste pour vérifier que le venin était bien actif et qu'elle n'avait pas affaire à ce faux-frère de lamier blanc.
Vinaigre
La nature semble avoir favorisé ce reptile d’une manière particulière. Trop faible pour se défendre, il porte sur son dos un logement
toujours prêt à le mettre à l’abri de l'insulte.[...]
L’hiver il se tient caché dans la terre, s’enfonce dans sa coquille et souvent se fait une opercule assez épaisse avec la même matière dont est formé son logement. Au retour du printems, il pousse en dehors cette opercule, et vient jouir des agrémens de la belle saison. Son accouplement a cela de singulier, qu’il est précédé par des agaceries. Les parties de la génération sont situées au côté droit du col. Là est un petit carquois dont l’amoureux Limaçon tire une espèce de dard qu’il lance à un autre Limaçon. Celui-ci répond de la même manière, et le prélude amoureux est terminé par l’œuvre de la double fécondation. Le même jeu recommence de quinze jours en quinze jours jusqu’à trois fois. L’accouplement dure dix à douze heures. Si dans cet état on les jette dans du vinaigre, il sera fort aisé, en les séparant, de reconnaître qu’ils sont hermaphrodites. [...]
* Sur ahoui : Du même suivi D'un autre du même pour É.-A. Duchesne
Manuel du naturaliste – Ouvrage utile aux voyageurs et à ceux qui visitent les cabinets d'histoire naturelle et de curiosités – par M. Duchesne, deuxième édition, D – L, Paris, an V (1797)
** orthographe et genre des noms ("opercule") de l'édition originale.
*** illustration : sur une étude à l'encre de Chine pour Est-ce que ?, 1999
Un jeune enfant arrive
L'ESCARGOT ET LA CHENILLE
Ses télescopes seuls sortis de sa coquille,
Un escargot voyait en pitié la chenille,
Couverte d’un duvet léger,
Grimper le long d’une charmille.
« Comment de place oser bouger,
Étant si frêle et sans défense ?
Quant à moi, grâce à ma prudence,
Je cours le monde sans danger :
Si je veux m’élever à la cime d’un chêne,
Je m’y fixe par mon enduit;
S’il me plaît de rester en plaine,
Avec moi portant mon réduit,
Je m’y retire au moindre bruit,
Et dès lors crains peu l’offensive.»
Il parlerait encore : un jeune enfant arrive,
Voit la chenille et prétend la saisir ;
Mais, sur un fil imperceptible
Qui ne trompe point son désir,
La pauvrette se glisse en son réseau paisible.
L’enfant en perd la trace, aperçoit l’escargot,
Et l’écrase à coups de sabot.
Le garant le plus sûr n’est pas le plus visible.
M. DUHAMEL
17 AOÛT 1827
On sait peu de choses de ce M. Duhamel. Pas même son prénom. On connaît davantage Miel qui a de chauds partisans chez Schmilblick et à l'atelier Bern'art.
Deux fois couronnée
LA
TRUFFE ET LA POMME DE TERREÀ la pomme de terre on voulait marier
La truffe ; mais craignant de se mésallier,
Celle-ci, d'une voix altière,
S'écria : « Moi, m'associer
À cette vile roturière !
Moi, qui règne aux festins du riche et du gourmet,
Avoir pour compagnon cet être sans noblesse,
Unir son goût maussade à mon divin fumet !
Ah ! ce manque d'égards me confond et me blesse.
Allez aux champs, ma mie, allez aux carrefours
Nourrir le peuple, vos amours... »
La parmentière
Alors reprit :
« Il ne te convient pas d'être avec moi si fière,
Car nous sommes deux sœurs qu'un même sol nourrit :
Oui, j'en fais vanité si tu m'en fais un crime,
Celui que la misère opprime
À moi jamais vainement n'eut recours.
Je pourrais, te rendant offense pour offense,
Te reprocher les vilains tours
Qu'à plus d'un estomac, qu'à mainte conscience...
Mais chut ! tu me comprends,
Et plus que toi je serai charitable.
Tu méprises le pauvre et recherches les grands...
Je suis utile à tous : n'est-ce pas préférable ? »
Pierre Lachambeaudie
Fables, couronnées deux fois par l'Académie française
Paris, 1851
Ah Lucie !
Courdault (85) * – avril 2008Trouvé, dans un village voisin, chez un bouquiniste, Poèmes mignons pour les enfants, de Lucie Delarue-Mardrus.**
On n'apprend plus Lucie Delarue-Mardrus dans les écoles.
– Si ? Dites.
Voici un poème mignon. À rimes riches. Politiquement incorrect.
Les cigarettes que voilà
Sont des Égyptiennes ;
C'est à papa. Chacun les siennes.
Les miennes sont en chocolat.
* Auteur anonyme.
** Librairie Gedalge, 1929.