Pas de Lacédémonie entre nous
On dit que le rouge et le blanc sont antipathiques.
(Denis Diderot)
Belles pièces en Bourgogne – Claude Vercey
« Les jeunes Lacédémoniennes dansaient toutes nues, et les Athéniennes les appelaient montre-cul. Elles le montraient bien en pure perte pour les beaux-arts qui n'étaient exercés à Sparte que par des étrangers ou des esclaves.»*
Merci à Claude Vercey pour cette photo et à Denis Diderot qui a bien voulu la commenter.
* Pensées détachées sur la peinture.
Un blanc aligoté avec mes rillettes ?
Autres belles pièces – Claude Vercey
Après le rouge montre-cul, le blanc aligoté.
Diderot n'ayant pas souhaité prolonger sa collaboration – il aurait une encyclopédie sur le feu –, c'est Henri Micaux qui rédige une courte note :
« [...] elle se préparait à extraire le vin blanc aligoté du réfrigérateur de la cuisine, lorsqu'ils entendirent frapper, assez brutalement, à la porte d'entrée.
– Ah ! merde ! s'écria Cécile, encore ce connard ! »*
À ce moment du récit, hormis Cécile, personne ne sait rien de cet importun jobastre**. Et cela ne nous regarde pas, puisque seul le vin nous intéresse... Quoiqu'il faille craindre le pire d'un vin ayant séjourné au frigo !
Demain : le Clos du roy.***
* Henri Micaux, Histoire très lamentable de la vieille Morvandelle et du vieux Nègre, ed. Le Manuscrit, 2006
** Rien ne dit non plus que cet importun soit également jobastre, mais ce dernier mot avait besoin de prendre l'air.
*** Tu ne vas pas nous faire ça ?
Des nuits
Il y a encore sur le chevalet un dessin, un pastel plutôt, avec cette légende : la nuit a quelque chose de blanc surtout vers le haut ; mais j'ai retenu une autre autre nuit – une autre image – pour illustrer ce poème (un extrait) d'oncle Pa.
Fripon
Si, par hasard,
Sur le pont des Arts,
Tu croises le vent, le vent fripon,
Prudence, prends garde à ton jupon !
Georges BRASSENS
Photo : Christine Juteau
Prends soin de la poussière qui couvrira ta fuite, et modèle
sur le chemin où elle s'élance, fiévreuse. Va ! Ne pèse pas,
n'impose pas à la terre le fardeau d'une construction en dur. Hors
la tente qu'on plie, et le peu qu'elle contient, nulle charge ! Le dieu
du sol qui seul porte l'herbe et les chevaux de vent ne le pardonnerait
Pascal Commère, Tashuur. Un anneau de poussière, Obsidiane, 2011
Fripon, encore
Pirou (50) – Photo Christine Juteau
Autre dessin du vent saisi par Christine à Pirou-Plage. Et, parce que le poète* s'y montre fripon, quelques strophes – qu'on verrait bien dansées** – d'un poème à Doña Rosita Rosa.
Elle est ignorante et libre,
Et sa candeur la défend.
Elle a tout, accent qui vibre,
Chanson triste et rire enfant,
Tout, le caquet, le silence,
Ces petits pieds familiers
Créés pour l'invraisemblance
Des romans et des souliers,
Et cet air des jeunes Èves
Qu'on nommait jadis fripon,
Et le tourbillon des rêves
Dans les plis de son jupon.
* extrait de Gare !, de l'Éternel petit roman, livre premier des Chansons des rues et des bois, de Victor Hugo.
** Strophes dansées, c'est tout moi ça..
« Sois sage ô ma douleur...»
Fragment d'un poème d'oncle Pa mis en image.
J'ai souhaité que la typographie entre en résonance avec la souffrance du poète.
« Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.» est le premier vers de Recueillement de Charles Baudelaire.
Auguste
On a vu ici des semis non-alignés, voici les semis d'un pensionné des chemins de fer. Et, pour rester sur la bonne voie, un...
Poème avec un quart de Victor Hugo*
Le geste auguste du semeur ?
Tu parles ! Cul sur le tracteur,
Rire et Chansons à l'écouteur...
J'voudrais finir avant six heures.
Photo Alain G.**
* Vers extrait de Saison des semailles. Le soir, in Les Chansons des rues et des bois.
** L'autre Alain !
Japonaiserie
Pendant qu'il a les doigts occupés, il ne se les met pas dans le nez. Voici, in extenso, le dernier courriel de Jean (l'astuce) Bertrand.
Bonjour Ahoui,
Nous, Jean (dit l'astucieux) Bertrand savons pertinemment que certains ont abusivement annoncé la fin de nos travaux au compte de la préservation et l'amélioration des espèces
vivantes. Mais que nenni, il est ! Ma mission se poursuit inlassablement. Aujourd'hui je peux vous présenter mon dernier chef d'œuvre (en cours). Ayant constaté la disparition de nombre d'espèces
à quatre ailes, j'ai repris le dossier à la base : en l’occurrence le traité d'Émile Blanchard (1819/1900) dit "Histoire naturelle des animaux articulés" où j'ai trouvé en son tome 3, édité en
1850, page 51, planche n°3 cet hélicoptère, vulgairement nommé "libellulide".
Jean (l'astuce) Bertrand
