De nulle part
Amour et Révolution
Il a le goût aigre de mes trahisons,
d’abandons chaque fois inventés.
L’amour devenu lutte sonne comme un tambour
… qui résonne et me frappe…
comme les clous plantés sous les semelles de vieilles bottes militaires.
Les soldats marchent et frappent le sol pour se donner le courage de mourir.
Il faut d’avance oublier sa fin annoncée.
Chacun de ses mots me somme d’être...
un autre.
Depuis longtemps, je suis en voyage,
issu de nulle part et allant ailleurs, en route imaginée.
là aujourd’hui ; hier las, mais toujours prêt à tout recommencer.
Elle m’enchante
et me laisse, trop souvent, épuisé au bord de son chemin
la faim aura raison de mes jambes usées, fatiguées.
Je vois pour demain la trace d’une voie nouvelle.
Je vais m’y rendre, séance tenante…
J’y prendrai le temps utile…
Un prochain dimanche, je m’en irai
au mariage de mes amours aimées
et des révolutions en cours.
Oncle Pa
Bord de Loir
Dans la Complainte d'une Poule d'eau, la gallinule va croiser le chemin de trois chasseurs. D'autres avant elle, vont sentir le plomb leur roussir la plume.
Soudain Proust, qui n'y voit goutte,
Croit voir sur un peuplier
Un oiseau un peu plié
Sur lequel y avait doute.
L'un dit : « C'est un pigeon, j' crois,
Mais je n' vois pas les p'tits pois! »
L'autre dit : « C'est un' tourt'relle ! »
Martin dit : « Un épervier ! »
— « Je maintiens qu' c'est un ramier, »
Dit Proust en r'gardant sous l'aile !
Et d'un coup de son fusil
Il l'abat. Ainsi soit-il !*
Poule d'eau au bord du Loir – photo Maïette
* Complainte d'une poule d'eau, Nogent-le-Rotrou, 1874. Strophes V & VI (sur 104 !). Source : gallica.bnf.fr
Poliment
Chevreuils à Amné-en-Champagne – février 2012 – [photo Maïette]
Le chevreuil donne à l'homme sa chair, sa peau et son bois* à condition toutefois qu'on lui demande poliment.
* A.E. Brehm, La Vie des animaux
Quand il ne croque pas, il dessine
Biloba poursuit son chemin des poètes. Chaque jour, un des poètes de la classe 2012*, quelques photos de lui (ou elle) lisant près de sa borne, son poème et l'illustration – plume et encre de Chine – de Matthieu Ripoche. C'est dire, si c'est riche.
Aujourd'hui, ce devrait être la fête de Jean-François Hémery.
Jean-François était ces jours derniers chez Jérôme Bosch, à partager un carré de chocolat avec un fou à moustache.
Extrait de Rideaux, poèmes et dessins de Jean-François Hémery, préface de Jacques Renou, cahier 16 pages, collection non typo de l'atelier de Groutel.
* On va dire qu'il y a là abus de langage – d'autant que rien n'est moins embrigadé qu'un poète –, mais bah, ça m'amusait.
PJTG
On a croisé à plusieurs reprises sur ce blog, les amis Pascal Juhel et Thierry Gaudin. À l'occasion de la sortie des Ballades à contre tons avec oiseaux, de l'exposition des Pays sages ou encore de l'impression des cartes poèmes...
Voici qu'ils ouvrent un blog pour mettre en valeur le résultat de leur collaboration artistique : pjtg.over-blog.com.
On peut déjà y trouver les premiers Gardens blues, poèmes de Thierry en contrepoint des Pays sages de Pascal.
Pays sage de Pascal Juhel (©)
Restons chez les artistes pour signaler la très belle exposition d'art contemporain à l'Espace Domfront. Pierre Célice, Patrick Lanville, Thibault de Reimpré et Jean-Pierre Schneider.
Domfront-en-Champagne (72). Tous les jours jusqu'au 15 avril, de 15 h 30 à 18 h 30.
Avoir pied
« La plus grande cause que peu d'adultes apprennent à nager, vient de ce qu'on veut leur donner des leçons dans l'eau.»*
Nageur – dessin de Yannis (6-7 ans)
– Là, j'ai pied... dans l'oreille.
* Jean-Pierre Brisset, La Natation ou l'Art de nager, appris seul en moins d'une heure (1870), in Œuvres complètes, Les Presses du réel, 2001, p. 16.
Glandons sous le chêne
– Est-ce qu'il vaut mieux se tuer au travail que mourir de rire ?*
– Est-ce qu'on doit se fatiguer à répondre ?
* Jean-Claude Touzeil**, Les Aprocryphes du Biloba ou quelque chose d'approchant, à paraître.
** Ah ! Ben, on comprend mieux le titre.
Article réalisé vec la complicité de Claude Vercey (pour la photo).
On (re)lira avec plaisir ses ID 386 et 386bis sur le site de la revue Décharge.
Encore un coup fumant
Sans qu'on en connaisse précisément la raison, le 13 mai est le jour consacré au grondin.
Aujourd'hui, traitons donc du grondin.
Dans le tome XI des Descriptions des arts et des métiers faites ou approuvées par messieurs de l'Académie royale des sciences de Paris, Jean Élie Bertrand nous apprend que :
« Tous les auteurs & les pêcheurs parlent d'une espèce de ronflement ou de mugissement que font les poissons qu'on a nommés pour cette raison grondins. Les uns prétendent qu'ils font entendre
ce bruit lorsqu'ils sont dans l'eau rassemblés par bande, & même quelques instants après qu'ils sont sortis de l'eau; d'autres soutiennent que ce mugissement n'est sensible que quand on les
tire de l'eau ; c'est, disent-ils, un cri plaintif qu'on peut comparer à celui que font certains animaux terrestres qui mugissent, comme l'on dit, entre leurs dents : quelques-uns comparant ce
bruit à celui des porcs, ont pour cette raison nommé ces poissons grogneux ou grognauds. Je ne vois pas quelle ressemblance il peut y avoir de ce mugissement avec le chant de
l'oiseau nommé coucou ; néanmoins comme ce bruit fait quelquefois cou qui étant répété fait coucou, quelques-uns ont nommé le grondin cuculus.»
Je n'ai pas trouvé de photo présentable du poisson. Ce rare instantané de coucou femelle prêt à se poser fera tout aussi bien l'affaire.
Coucou femelle – Benet (85), mai 2012 – Photo Maïette
