Y a de la lumière
J'aime voir mes livres s'en aller et draguer sans marchandage [...] le lecteur anonyme que voilà dans ce parc public de la poésie.
James Sacré*
Y a de la lumière ! On peut entrer ? m'a demandé la dame dans la rue. Bien sûr qu'on peut entrer. J'en sortais. L'herbe repousse entre les dalles. Si on est un peu attentif, on voit par la vitrine que ce n'est pas une herboristerie, mais une librairie. La librairie. Valérie et Gabrielle y accueillent avec chaleur, le chaland à la démarche chaloupée – Holos ! Holos ! Tu délires ? – Excusez-moi, j'ai le bonheur expansif, d'ailleurs j'ai aussi fait pousser des tulipes sauvages entre les pavés de la rue.
Détails pratiques
La librairie fonctionnera en ce lieu, local de sa future boutique, 2 rue de la Barillerie, au Mans, du 10 au 31 décembre ; puis, après une période de travaux, ouvrira définitivement au cours du premier trimestre 2014.
On peut commander des livres à Valérie au 06 81 11 70 12 ou, par courriel, valerie.tafforeau0373(at)orange.fr.
* James Sacré, Parler avec le poème, éditions la Baconnière, 2013
On* savait que ça me plairait
Cadeaux. Beaux cadeaux.
Chaissac-Dubuffet, Entre plume et pinceau : je ne vous fais pas un dessin.
Quant à ce papier népalais, son bout de ficelle et son p'tit cœur, autre emballage, ce sera pour un prochain collage – personnage au cœur tout neuf.
* J'ai beaucoup de tendresse pour ce ON ; qu'il ou elle ne m'en veuille pas de préserver ainsi son intimité.
Vœux vieux
On pouvait lire, dans l'Humanité du 1er janvier 1913, sous le titre Je veux des étrennes :
« Non seulement je veux des étrennes mais je demande encore à les choisir. Je demande d'abord qu'on nous fiche la paix pour 1913. Du reste, en 1914, je demanderai
encore ce même cadeau-là ! [...]
Abel Faivre dans le supplément du Figaro, nous montre le nouvel An sous l'aspect dodu d'un bébé potelé qui hésite entre deux joujoux : un militaire ou un
pacifique mouton.
Mon choix est fait : je prends le mouton. Peu m'importe qu'on me trouve trop bucolique, trop fade, trop mièvre et trop bêlant. [...]
Je prendrai le mouton tel quel ; même s'il est un peu pelé par endroits ; même s'il a une patte cassée.
Oui ! je préfère une paix boiteuse à la guerre européenne. Je l'aimerais mieux solide et bien bâtie. Mais, s'il le faut, je l'accepterai raccommodée, avec des bouts
de ficelle ! [...]
Marcel Sembat
Source documents : L'Humanité (1.01.1913), Supplément illustré du Figaro (31.12.1912) ; gallica.bnf.fr
Pour finir l'année
Il y a cent ans, jour pour jour, le rapide Rome-Paris entrait en gare de Lyon, à 14 h 26.
– Est-ce en raison de la ponctualité du train que tu nous livres cette information ?
– Non, mais parce qu'on en vit descendre madame la Joconde, de retour après l'enlèvement dont elle avait été victime.
J'aurais bien aimé agrémenter ce billet d'une citation d'Hervé Le Tellier, tirée de Joconde jusqu'à cent et plus si affinités, mais je ne remets pas la main sur le livre.
J'aurais pu également – c'est fête – orner la dame d'une moustache ou d'une pipe en terre, mais, vous me connaissez, ce n'est pas mon genre ; d'ailleurs, voyez ci-contre.
Comme convenu
Les meilleurs des vœux
ceux qui font la nique à la vie
quand elle joue au con
avec vos nerfs vos artères vos issues
votre peau vos cervelet cervelas cerveleau
votre cœur et vos palpeurs votre estomaqueur
des vœux qui vous y clouent
ni au pieu ni à la croix.
Le sens de l'humour n'est pas donné à tout le monde
« Pourquoi le chat est-il devenu notre petit compagnon familier, hein ? Pourquoi le chat et pas, par exemple, le lapin ? [...] Le lapin est aussi doux à caresser que le chat, il doit être aussi affectueux, pas de raison, en tout cas il ne lacère pas la tapisserie du canapé ni les yeux des petits enfants, on peut le transporter par les oreilles, très pratique pour le voyage... Surtout, surtout, ses petites crottes dures ne sentent rien. Pratiquement rien. À moins, bien sûr, d'être un renard... »
François Cavanna, Maria
Eau-forte, Chat sur la chaise, 2014, 10 x 15 cm
Le titre du billet est emprunté à François Cavanna, ... et le singe devint con (11e leçon)
Pas banal
On patientait avant l'ouverture de la salle. Ce soir-là, on donnait Nuit, un mur, deux hommes, une adaptation de la pièce de Keene, par le Prospero Théâtre. B et C n'y étaient pas. F, absent sur la photo, se préparait en coulisses, avec E et G ses complices. D rembobinait le magnétophone.
A, l'autre ami, à moi s'adressant :
– Tu viens nous écouter vendredi prochain ?
– Ah ! – Je fais Ah, ça me donne un temps de réflexion – Non, vendredi je dîne en compagnie de Blaise Cendrars...
Étonnement dudit l'autre ami.
– C'est pas banal ? Vendredi, nous lirons justement la Prose du transsibérien et de la petite Jeanne de France.
Pas clair mais beau
À l'atelier de Groutel, ne cherchez pas les petites cuillers dans le tiroir... car le typographe, homme de caractères, les y
range – On ne me suit plus ? La phrase est bancale ? Permettez que je poursuive.
Il les y range donc, ses caractères, dans la casse. On parle à ce propos de tiroir-casse. À l'occasion, ce tiroir reçoit, à fin de séchage, les cartes fraîchement imprimées. Et – c'est dire si le typographe est rebelle – le tiroir sert enfin d'unité de mesure pour le travail accompli. Ainsi, ce vendredi, Jacques et moi avons bien empli une dizaine de tiroirs. De cartes chouettes.
– On ne comprend pas grand chose à ton billet !
– Je le vois à vos mines déconfites et sens confusément un manque de clarté. Je recommence. C'est l'histoire d'un tiroir. Au bout de la ligne, il fait Blink et il se casse. Ça fait couler beaucoup d'encre...
Félicité
L'autre jour... Vous devinez à l'illustration ci-contre que c'était le vendredi 7 mars... Il y a une chance sur 365* pour que l'autre jour tombe un 7 mars. Ça tombait et en plus, c'était
son anniversaire... Si j'avais su, j'aurais apporté une bouteille ou des fleurs ou un gâteau ou une BD ou une toile de maître – de moi, j'ai pas non plus les moyens d'offrir un Bouguereau !
L'autre jour donc, vendredi 7 mars, c'était chantier** à l'atelier de Groutel. Relire le billet du 8 courant et les commentaires y afférents. Un bogue n'a pas permis de voir l'image déposée par
Wolfragin : la voici***.
* 366 certaines années, mais n'allons pas chipoter.
** Comme dit un notre ami.
*** La chute est courte, mais où serais-je aller chercher brillante idée ?
Ne pas perdre la boule
Nouveau, dans MON catalogue Temps L*.
Assurément, c'est pas con, mais de là à affirmer que c'est une boule intelligente et aller jusqu'à proposer le prix Nobel de physique à l'inventeur de cet objet
rebondissant, il y a de quoi s'esclaffer...
– Bah ! Pour le prix Nobel de la paix, on aurait proposé le nom de Vladimir Poutine !
* Retrouvez les œufs carrés, la crème pour calmer les douleurs anales, les baleines indolores...