Écossés
Sous ces verts petits pois, une authentique citation :
« La révolution faite, les petits pois pousseront s'ils peuvent.»
Que le lecteur dubitatif se rassure... « On aura toujours des baïonnettes pour satisfaire les appétits trop importuns.»*
* Louis Veuillot, Mélanges religieux, historiques, politiques et littéraires, tome 2, Paris 1857
Gazon
On l'appelle pelouse : c'est une hyperbole !
– Moi, si j'étais vous, voisin, je ne garderais pas ce jardinier, me dit mon voisin. Voilà un boulot ni fait ni à faire !
– Détrompez-vous l'ami ; mon jardinier préserve les fleurs de trèfle blanc pour le butin des abeilles.*
* À dire vrai, les abeilles semblent préférer les fleurs de tilleul. D'ailleurs, ce n'est plus un tilleul, c'est un essaim.
J'ai acheté des chaussures
Drap mortuaire (Oxythyrea funesta)* sur fleur de chrysanthème** ! Si certains signes ne trompent pas, où vont me mener ces nouvelles pompes ? Qu'on voit là, taches sombres, en bas sur la photo.
* Je ne certifie pas l'identification de l'insecte. Disons que ça colle à mon propos.
Comment s'appelle ta planète ?
Portrait d'un petit homme – très – vert.
Renversant ! Non ?
Et quel pif ! Quel tarin ! Il paraît que plus il est long.
Perestroïka
La plante qui a donné ces petites fleurs d'un blanc violacé, je l'ai cultivée pour une variété de tomate : la perestroïka.
Les feuilles ressemblent à des feuilles de tomates, les fleurs pas vraiment. J'aurais apprécié de voir la trogne des fruits, mais le mildiou n'a pas fait la fine bouche, aussi ai-je été contraint d'arracher le plant malade afin qu'il ne contaminât pas ses voisines : Brown Flesh, Cherokee chocolate, Blue Fruit, 1884, Douce de Picardie...
– Ta perestroïka, c'est la kartochnichon d'Eugène Krampon !*
* Dans le Goulag, Eugène Krampon – personnage de Dimitri – a croisé pommes de terre et cornichons pour ces kartochnichons qu'il cultive sur son châlit. (Le Goulag n° 2, éditions du Square, 1980)
Podium
Les trois premières tomates du jardin.
– J'ai tout donné.
– Je me suis fait plaisir.
– Je ne voulais pas quitter le potager avec des regrets.
– C'est la victoire de la maturité.
– Je n'ai pas à rougir.
Blues
À différents stades de maturité, mes tomates Blue Fruit.
–
J'imaginais naïvement que les fruits seraient bleus...
– Déçu ?
– Non... Et puis, changer le bleu en rouge ou vice versa, on nous a déjà fait. Avec cette broderie – portrait de Wilhem Reich – réalisée en rouge, reproduction imprimée en bleu.*
* Broderie : Yves & Marinette. 4e de couverture de la revue Sexpol n°18-19, 15.12.1977
Primeur
« La tomate doit être pure et lavée de tous soupçons.»*
Claude Held
Elle croît et embellit, la tomate 1884. 1884, c'est son nom. Drôle de nom pour une tomate ! On raconte que cette variété aurait été retrouvée après une inondation de l'Ohio, en... 1884.
La même année, Alphonse Allais présentait à l'exposition des Arts incohérents, sa Récolte de la tomate, sur le bord de la Mer Rouge par des Cardinaux apoplectiques (Effet d'aurore boréale). Œuvre offerte à S.S. Léon XIII, comme denier de saint Pierre.
Un siècle plus tard, c'est Big Brother** qui allait s'installer dans le paysage.
* Récits sporadiques de Laossissètoucom, Propos2 éditions. Un livre recommandé par le biloba.
** 1984, roman de George Orwell
Page 878
Du jardin – octobre 2012
J'ouvre mon dictionnaire. Pas au hasard compte tenu de ma recherche. Et je tombe – c'est le mot – sur spondias qui ne m'avait rien fait jusqu'à ce jour.
Page 878.
Spondias n.m. Arbre fruitier de Tahiti et d'Amérique, dont les fruits sont appelés pommes de Cythère. (Famille des anacardiacées ; nom usuel : mombin.)
Quel rapport direz-vous avec les cucurbitacées ci-dessus présentées ?
– Aucun ! Pourquoi ?
– Simple curiosité.
Appelez-moi mon chou
« En 1757, 1758 & 1760, les femmes de haut style appelloient leurs maris, mon chat. Malgré la richesse & la tendresse de l'épithete, le chat n'étoit pas si aimé que le chien
de Madame.»*
Disputé aux limaces, ce chou que personne n'a jamais gratifié d'un petit nom, a connu un dernier moment de gloire, juste avant d'être débité en fines lamelles, ébouillanté et cuit à feu doux,
l'empoté.
Note du webmestre :
Une fois encore, l'auteur nous prend le chou : a-t-on jamais vu chou – rouge ou vert, cabus, frisé ou de Bruxelles – exprimer le moindre sentiment ?
* Abbé Henri-Joseph du Laurens, Imirce ou la Fille de nature, tome II, Londres, 1782.