J'ai un problème
Je reçois ce message d'un lecteur fidèle – ce qui n'empêche pas la sympathie – :
Cher Yves,
Sachant que je possède 26 poules malades et que je n'y connais rien aux maladies, sachant aussi que la Vocaline (sic) peut en sauver 9 pour 286 fr ou 10 pour 269 fr (source ahoui) ou encore 20 pour 579 fr, combien ai-je dépensé pour guérir définitivement mes 26 poules ?
Voilà. Le problème est posé. Le prix de vente de source ahoui ne concernant pas la nouvelle Volacrine vitaminée, vous n'en tiendrez pas compte dans vos calculs.
Question subsidiaire :
Sachant qu'une demi-bouteille de Marie Brizard 25° est vendue 410 francs, combien de verres de cette liqueur pourrions-nous siroter si nous avions laissé le renard entrer dans le poulailler ?
Revoir le jardin
On repasse au vert
Avant le selfie et le belfie : le glassfie. (La photo date d'avril 2010)

Coucou
Ce coucou rouge revient chaque année* en lisière de jardin. Il faut dire aussi que je lui épargne la binette.
Pour illustrer la photo, je pensais à Snoopy et au Baron rouge quand ce texte de Couailhac m'est tombé sous les yeux.
Rien à voir ? Si ! Un coucou. Et quel coucou !
De tous les véhicules de l'Époque-Rococo, il ne reste que le coucou de Paris et la vinaigrette de Lille ; le coucou, humble boîte à compartiments que traîne un
cheval poussif, la vinaigrette qui tient le juste-milieu entre la chaise à porteur et la brouette.
C'est la vieillesse qui a conservé la vinaigrette, c'est la jeunesse qui fait vivre le coucou ! C'est une si charmante voiture ! On y est si bien pressé,
si bien serré, si bien étouffé ! Elle rappelle si bien l'époque où les Desgrieux des gardes françaises et de la basoche allaient manger une matelotte à la Râpée avec les Manon Lescaut** des
piliers des halles ! Comme tout ce bon attirail de cheval et de voiture unis ensemble respire le parfum de la galanterie joyeuse, vive et folle du bon temps, du temps où les grisettes
portaient les jupes courtes, faisaient gaiement claquer leurs galoches sur le pavé, se décolletaient comme des marquises et se moquaient de tout avec Madelon Friquet ! Oh, la charmante
voiture ! comme le coude touche le coude, comme le genou presse le genou, comme la taille des jeunes filles est abandonnée sans défense aux entreprises des audacieux !***
* De saison (21 mars 2011). Les commentaires valent le
détour.
** Si on veut briller en société, on évitera de confondre Manon Lescaut et la Princesse de Clèves.
*** L. Couailhac, Les Français peints par eux-mêmes : encyclopédie morale du dix-neuvième siècle ; tome 2 ; Curmer (Paris), 1840-1842. Source :
gallica.bnf.fr
Panais de la dernière pluie
Panais sur le trajet d'une motobineuse (éloignons les enfants ! )
– Au secours ! Au secours ! Je ne sais pas naiger !
– Panais, tu te rends ridicule. Ici, tu as pied. Et puis, a-t-on jamais entendu panais crier de la sorte ?*
* Malgré toutes les assurances données avant le tournage, cette séquence a coûté la vie à un panais rescapé des bises hivernales.
Piquant
Petit carré d'orties dans mon jardin.
Réservé à la préparation de la soupe d'orties dite de ma grand-mère.
Orties – avril 2012
Adresse à la taupe
Et si tu allais taupiner ailleurs que dans les rangs de petits pois ? Hein !*
* Ce hein – un rien courroucé – pour insister, des fois qu'elle ajouterait la surdité à la myopie.
Pas cassé mais presque
« C'est une erreur populaire de croire que les coqs fassent des œufs dont il sort un serpent ou un crocodile.»
Moi qui ai donné à mon coq le surnom d'un président – pour des raisons qui le regarde –, je me sens rassuré par les propos du sieur Liger, auteur de la Nouvelle Maison rustique (Paris, 1767). J'aurais apprécié qu'il traite également du dernier œuf de Kounu, doyenne de la basse-cour, mais je devrais me satisfaire de cette explication : « Le petit œuf, ou l'œuf nain, ovum centeninum, est le dernier que la poule pond dans la saison.»
Pensez à déclarer l'impôt
Un jour prochain, je mettrai à jour un véritable trésor en retournant mon jardin.
Rien d'étonnant à cela si l'on sait qu'au IIIe siècle, Janus Latus Drolus, haut fonctionnaire à Noviodunum (actuelle Jublains) venait se reposer dans la curtis dominica, là où est bâtie notre maison.
Le coup de bêche du jour a fait remonter une pièce d'un demi-solidus et une fibule en or représentant une ammonite – l'aiguillon manque.
Quant à la masse informe posée sur les tessons de poteries, il s'agit d'un dindon auquel on a coupé le cou. J'entends objecter : anachronisme ! Qu'on glousse ! Qu'on glougloute même ! Et qu'on me démontre que le dindon n'existait pas avant les colons espagnols.
Drame de voisinage
Le témoin est arrivé trop tard sur les lieux du drame.
De médiocre définition, les deux photos prises sur un téléphone portable ont cependant permis d'identifier la délinquante. Il s'agit de la Poule à la tante aînée – déjà fichée à la PIAF.
Les services de secours aussitôt alertés n'ont pû redonner vie à la petite victime : un troglodyte dont c'était vraisemblablement le premier vol.
Un temps soupçonnée, la chatte grise a été entièrement blanchie.
