De la triche
Le 32e Tour de la Sarthe cyclotouriste passait dans mon village. Pensez si l'événement valait que je me poste au bord de la principale difficulté de la traversée.
Deux jeunes femmes apparurent alors à bicyclette et à peine essoufflées. Nous arriverons dans le peloton et personne ne verra que nous n'avons pas effectué toute l'étape. Sommes-nous sur le parcours ? – Oui, oui, tout droit !
Elles entrèrent dans le décor. Ci-dessous, une vue du décor.
Rumination
Quelle paix dans le troupeau !
On rumine.
On rumine cette histoire d'un homme qui rumine.
Histoire d'un homme de Bristol, qui rumine, par le Docteur Frédéric Slare*
Ayant ouï dire qu'il y avoit à Bristol un homme qui ruminoit, j'écrivis à M. Day, maire de cette ville pour m'informer du fait, & j'en ai reçu la réponse suivante.
L'homme dont il s'agit, est âgé de vingt ans : il commence à ruminer un quart d'heure après avoir mangé : la nourriture, à ce qu'il lui semble, s'arrête dans la partie inférieure du gosier, où elle lui cause un sentiment de pesanteur ; elle ne passe qu'après qu'il la remâchée, & elle revient dans le méme ordre qu'il l'a avalée, c'est-à-dire, que le premier mets dont il a mangé, remonte le premier dans la bouche, & ainsi des autres. Ce rumínement dure environ une heure & demie, lorsque l'homme a fait un bon repas ; & s'il se couche en sortant de table, il ne peut dormir qu'après avoir ruminé le temps ordinaire ; il rumine également toutes sortes de nourritures, soit solides, soit liquides, & il les trouve d'un meilleur goût la seconde fois que la première. Le pain, la viande, le fromage & la boisson m'ont paru avoir la même couleur lorsqu'il les ruminoit, que tout cela auroit eu, si on l'eût mêlé & broyé dans un mortier.
Au reste, cet homme a toujours ruminé, & il ne se souvient pas d'avoir commencé : quand il y a quelqu'interruption à cet égard, c'est une marque qu'il est malade : il a été allaité par sa mère ; son premier métier a été de travailler aux mines, il est à présent manouvrier, & ne manque pas de bon sens.
Son père ruminoit quelquefois, mais beaucoup moins que lui.
* Extrait des transactions philosophiques de la Société royale de Londres, 1691
(source :google.books)
Clin d'œil à Claude Vercey, pour sa rubrique Ruminations de la revue Décharge.
Ça ? Un beau jour ?
Je lis sur LePoint.fr du 13 juin qu'on meurt plus le jour de son anniversaire.
« La probabilité de rendre l'âme le jour de son anniversaire augmente avec l'âge, avec un pic de 14 % passé 60 ans.»
J'avoue que je suis très heureux de n'avoir qu'un jour d'anniversaire par an.
Festival des jardins de Chaumont-sur-Loire – juillet 2010
Rien à voir, sauf si on s'intéresse au destin des cheveux.
Ça commençait à être défraîchi
– Et pour la chambre ? Quelle couleur ?
Splash
Dans l'argot militaire, atterrir comme une bouse, c'était abîmer son appareil à l'atterrissage. On bousillait également.
– J'ai pas vu l'avion.
Faut pas abouser non plus
Une bouse suffit à me transporter. Parfois sur des chemins où je n'avais rien à faire. Aujourd'hui : sur le plateau de la Croix-Rousse à Lyon. C'est là, qu'Horace Pitrat, riche propriétaire, entreprit d'élever une tour haute de 300 pieds* qui devait servir d'observatoire. En cours de construction, la tour s'écroula.
Après ce court préambule, retour à la bouse avec la définition de s'abouser, lue dans le Littré de la Grand'Côte** :
ABOUSER (S'), v. pr.— S'écrouler, S'emploie au neutre. La tour Pitrat s'abousa le 27 août 1828.
Babolat, sais-tu la nouvelle ?
La Tour Pitrat vient d'abouser.
Quelques personnes diront en voyant une dame tomber sur les reins : Cette dame s'est abousée, mais c'est une manière inconvenante de s'exprimer. Il est préférable de dire : Cette
dame est tombée à cacaboson. – Parlant par respect, de bouse. Lorsque la tour Pitrat s'écroula, ma mère, qui descendait le Chemin-Neuf, la vit disparaître dans un nuage de
poussière. Une bonne femme, qui était près d'elle, lui dit, tout émue : Madame, avez-vous vu ? Elle s'est abousée comme une... Cette femme avait l'image étymologique.
Le Mans – Rue maculée pour le tournage d'un téléfilm – avril 2012
* Un peu moins de 100 m.
** Le Littré de la Grand'Côte : à l'usage de ceux qui veulent parler et écrire correctement / par Nizier du Puitspelu ; Académie du Gourguillon – auteur : Clair Tisseur, Lyon, 1895– source : gallica.bnf.fr
Là, je sèche
Tout le monde ne s'accorde pas sur les qualités de son étendoir à linge, mais pour lui rendre hommage, j'ai cherché le nom de l'inventeur du tancarville.
Pas trouvé.
En revanche j'ai fait connaissance de M. Paunet André. Créateur du Slap 44, séchoir à linge aluminium, objet du brevet d'invention 04 00688, du 6 janvier 2006.
Travaux de saison
– L'été va être chaud !
– Il l'est déjà !
Gabrielle
Comptine guadeloupéenne relevée dans le Dictionnaire de la pluie de Patrick Boman (éditions du Seuil, 2007) :
Man Gabriel
Pran lapli
Voyé solèy*
Je ne connais pas cette Madame Gabrielle, mais je lui saurais gré de prêter l'oreille.
* Madame Gabrielle, prenez la pluie, envoyez le soleil.
Le roseau, il la ferme
Hippolyte : chêne du côté de Bagnoles-de-l'Orne. Âge estimé : 300 ans. Toujours vert. Respect.
