Dépouillé
Étude pour un paysage blanc,
craie sur carton, 45 x 32 cm.
– C'est très dépouillé.
– Oui mais, comme dirait le chroniqueur sportif*, ça va faire couler beaucoup d'encre sur les réseaux sociaux.
* LMtv Sarthe
Pour la vie en rose... repassez plus tard

Voilà que le brun marine fait tache. Faudra bien se résoudre à frotter le tissu avant de le passer en machine, mais là, dans l'instant, besoin d'air, besoin de voir s'il n'y aurait pas une couleur à vivre. Ailleurs. Chez les poètes, par exemple. Tiens, ça tombe à poing : les revues Comme en poésie et Décharge arrivent dans la boîte.
Comme en poésie poursuit son travail de défrichage de l'inutile poésie de tous les jours (quinze ans que ça dure). Dans un savant dosage d'écrits de jeunes poètes et de poètes confirmés – vous n'attendiez pas que j'écrive vieux ? – on va retrouver Laurent Deheppe, Jean-Claude Touzeil, Werner Lambersy ou encore, Bernard Bretonnière, dans un hommage à Guy Bellay, récemment disparu.
Hommage aussi à Guy Bellay, dans Décharge. C'est son ami Daniel Biga qui signe. Plaisir de retrouver dans la revue, Perrine Le Querrec : « Aussi d'abord / il y a aussi l'amour / il y a d'abord l'amour / il y a aussi l'amour d'abord l'amour / d'abord l'amour aussi / l'amour d'amour l'amour des corps / ... ». Plaisir de découvrir la Chaise vacante de Hendrik Rost : « Parfois, la tristesse d'une chaise / n'est pas la tristesse que la chaise / dégage mais celle / de ceux qui s'y sont assis / il y a des jours des années ou plus / ... »
Sur le net
Comme en poésie (pas tout à fait à jour, mais l'adresse et les tarifs sont inchangés) :
comme.en.poesie.over-blog.com et pagesperso-orange.fr/jean-pierre.lesieur
Décharge : www.dechargelarevue.com
Ci-contre : illustration pour Comme en poésie n° 64 (décembre 2015)
Connaître un rayon

Nageuse, étude pour objet blistérieux, 2015
Entré sans frapper, un rayon matutinal s'est arrêté sur une esquisse laissée la veille sur le chevalet.
« J'ai lu quelque part que matutinal est un adjectif inutile, puisque matinal dit la même chose et qu'il est plus simple, moins alambiqué. Pas d'accord ! Matinal est neutre, sans couleur, alors que matutinal résonne avec ardeur et gaieté. On entend sonner l'angélus ! On est dans la joie d'un nouveau jour ! C'est avec raison qu'on distinguera le trajet matinal de l'ouvrier, les cris matutinaux des oiseaux, les tâches matinales de l'infirmière, les promesses matutinales des amoureux.»*
* Bernard Pivot, 100 mots à sauver, Albin Michel, 2004
Tant va...

Poète, conteur, photographe, animateur des éditions Soc et Foc, Claude Burneau est mort le 2 décembre. La poésie perd un de ses plus ardents défenseurs.
Pendant l'année 2012, Claude Burneau a nourri quotidiennement un blog de ses écrits ciselés qu'il accompagnait d'une photo prise le matin même au bout de son jardin.
Le billet du 31 décembre se concluait par ces mots : « Tant va le temps qu'à la fin... »
Tant va le temps, Claude.
Ci-contre, l'image du 16 novembre 2012.
Vitrine
L'atelier de Groutel investit dans la banque. Ou plutôt investit la banque. Exposition Typoésie dans les locaux du Crédit mutuel d'Alençon*.
Dès l'accueil, une suite de panneaux ne cache rien de la typographie (Demain, promis, on enlève le bas de casse).
Des œuvres (dont deux ou trois authentiques chefs) d'artistes contemporains. Dans l'ordre de mérite alphabétique, Pascal Juhel et son univers de Pignons, Thierry Gaudin et ses linogravures qui chantent le Blues, Yves Barré avec des objets blistérieux dont c'est la première sortie en public.
En vitrine, une belle installation des productions de l'atelier – livres et cartes postales.
Et, on ne pourrait la manquer, une presse d'époque (on ne dit pas laquelle) en fonte (de celle qui soulève les foules).
Si ça ne mérite pas un détournement !
Sur la photo, Jacques Renou serre la vis de la vitrine.
* 6 rue St-Blaise, à Alençon. Jusqu'au 30 janvier. Du mardi au samedi (horaires ici).
Ne pas mollir

Deux tirages d'une série de linogravures en cours.
Pour le plaisir de tirer, graver, cerner – sans mollesse – des formes qui me visitent .
Vite fait


Aujourd'hui, billet à la 6, 4, 2. Avec modèle.
« Tout le secret de la réussite est dans l'enchaînement des chiffres.»*
« Repérer une tête bien faite et une qui ne l'est pas.»*
Il ne vous aura pas échappé que le Bien ne suit pas l'exemple donné.
* D'une méthode d'apprentissage de l'écriture. Je n'ai pas conservé les références.
Pourquoi tu tousses ?

Page arrachée à une revue* et à l'affection des siens.
En clair, le message griffonné dirait ceci : « Elle est comme moi, cela ne m'aurait pas du tout plu. Je crois qu'elle est comme moi tombée amoureuse. Merde »
Allez savoir de quoi, de qui on parle.
Si Merde est biffé, la raison en est peut-être donnée au verso : une publicité y vante les bienfaits d'Herbesan – la constipation traitée par les plantes.
Quant au rouge-gorge, se reporter au dernier numéro de La Hulotte si on en veut un portrait ressemblant.
* Dans une salle d'attente. On notera que le médicament a été retiré de la vente en 2003.
Merles du Dr Laënnec

– Pour c'que t'as, tu devrais consulter le docteur Laënnec.
Deux jours que je compose en vain le numéro. Toujours occupé. En attendant, je gribouille.
Topa, qui regarde sur mon épaule :
– Dis donc, ta femme assise, là, elle n'aurait pas rencontré le Corbac aux baskets ?
– Tiens, oui ! Maintenant que tu le dis...
Note
On pourra colorier son écran
en suivant les indications de couleur.
Ça gazait

Une réclame du Petit Journal du 22 novembre 1915*, à côté de la pastille Valda ("Cuirassez-vous contre la toux") et du pétrole Hahn ("Sauvez vos cheveux"), ces Joffrinettes dont la fabrication a cessé**.
Ce n'est pas de nos jours qu'on verrait des balladurettes ou des juppettes !
* Première utilisation des gaz asphyxiants à Ypres.
** Une lectrice :
– Cela valait-il la peine de le préciser !