Jarnigoi
Ce Paulo Déroulède, qui encourageait le pioupiou à transpercer le Prussien ! Quel poète ! Quel visionnaire ! Économiste libéral : Pour vivre il faut produire, acheter, vendre. Écologiste : Éteignons les feux qui n'ont plus d'emploi ! Sexologue : Que la semence tombe à l'heure où le jour monte, Et que la main de l'homme éveille, ardente et prompte... Ou encore conseiller conjugal dans ce poème des Chants du paysan que je vous livre en intégralité.

Dürer, Le Paysan et sa femme – Source : gallica.bnf.fr
Conseils
Paysan qui cherches femme,
Prends-la, plus tôt que plus tard,
Au cœur simple, au doux regard ;
Si ses yeux ont trop de flamme...
Crois-moi, paysan, crois-moi !
Ne la prends pas, jarnigoi !
Ces yeux-là ne sont pas nôtres,
C'est le paradis des autres,
Ce sera l'enfer pour toi.
Prends-la de grandeur moyenne,
Et d'esprit à l'unisson.
Si sa taille et sa raison
Dépassent par trop la tienne...
Crois-moi, paysan, crois-moi !
Ne la prends pas, jarnigoi !
Forte taille et forte tête,
Pour les tiens c'est la tempête,
Et c'est la grêle pour toi.
Prends-la d'aplomb sur ses hanches,
De corps sain, d'aspect nerveux,
Belle même si tu veux ;
Mais si ses mains sont trop blanches...
Crois-moi, paysan, crois-moi !
Ne la prends pas, jarnigoi !
Ces mains ne savent rien faire,
C'est du travail pour ta mère
Et c'est du souci pour toi.
Paul Déroulède
Chants du paysan, Calmann Lévy éditeur, 1894
Ma fête
Pour me consoler de n'avoir pas touché le premier lot au tirage de la Grande Tombola de Durcet, un ami qui me veut du bien – avait-il une complice ? – m'a offert les Chants du paysan de Paul Déroulède (4e édition, Calman Lévy, 1894) et cet improbable roman gai d'Yves Barré* : Mézidon-les-Oies (éditions de la Pensée nouvelle, sans date).
Sur l'image, on peut me voir dans ma danse de la plus grande satisfaction devant le bananier. En dépit des apparences, il s'agit là d'un autoportrait.
Autoportrait au bananier – 2015
* L'ami pouvait-il se douter que c'est aussi mon nom ?
Désarmant
Chien tendu, 2015, acrylique, encre, craies et fusain sur papiers, 20 x 30 cm
Quand, dans L'homme idéal ou presque, Kristan Higgins écrit : « Colonel n'a jamais eu besoin de laisse ; il se contente de me suivre partout avec un dévouement désarmant », on peut raisonnablement penser que Colonel n'est pas un militaire gradé, au risque d'être convoqué devant le conseil de discipline pour comportement subversif.
Cherchez l'erreur
Une manifestation qui met le livre au centre de la cité, qui irait s'en plaindre ? Qui s'intéresse aux écrits de cultures méconnues, là encore, qui irait se plaindre ? Mais que sur l'affiche, on oppose à toutes ces bonnes figures en habit folklorique, emplumés pour certains – les drôles –, un quidam en chemise rouge d'une contrée indéterminée, je dis non. Traitons l'ensemble des autochtones sur un pied d'égalité. Et que chacun reconnaisse les siens.

Sources iconographiques : affiche 25e du livre du Mans ; archétype du Français : deguisement-magic.com
P. sup. à l'us. des p. & c. de lacs...
Dans la série Petit supplément illustré à l'usage des poètes & des contemplateurs de lacs qui relèvent d'un geste machinal le col de leur redingote quand le zéphyr passe et frémit, un poète courant, mais un peu tard.
À propos d'iceux, poètes, en voici deux qui ne s'encombrent pas de l'alexandrin et dont les recueils arrivent sur les étals avec la reine des reinettes : Francis Krembel (Dans l'atelier du jour) et Alain Boudet (Roissy). aux éditions Donner à Voir. À ne pas rater.
Comment éviter la fringale
Jardin – 2 octobre 2015
Sous l'abri de leur exubérant feuillage, des tubercules pressés de quitter la terre nourricière.
Rappelons, à l'occasion, ce que disait Sylvain Chavanel : « Le chasse-patate douce, c’est avant tout un état d’esprit. Les Italiens ont souvent beaucoup de mal à courir en chasse-patate douce.»*
* Le cycliste dans le texte : ici.
Haribo vert

Non le biloba, arraché à l'affection de tous en janvier, n'a pas été replanté. Cette photo est truquée.
J'étais enfant. Chaque semaine, le Caïffa stationnait sa fourgonnette au portillon de la cour pour proposer aux ménagères, l'huile, le savon en paillettes, le pétrole lampant ou le café en grains. Il y avait, en prime du café, des figurines d'animaux de la ferme. Ç'aurait pu faire mon bonheur mais... Sans respect d'échelle – lapin aussi gros que cheval, coq dépassant les chèvres d'une tête ! – et pire... fondus dans une matière plastique translucide de couleur unique : vaches bleues, cochons verts, chèvres rouges ! Pouah ! Je venais de rencontrer l'art moderne. Aujourd'hui, le collectif d'artistes Cracking art group a transporté au Mans ses statuettes de résine, chacune d'un coloris unique : grenouilles, escargots et suricates. Oh, ces suricates. Sentinelles sur le mur d'enceinte de la cathédrale. Victimes de voleurs ! Un comble !
Pour illustrer, je n'avais plus de suricates, je vous ai mis des oursons.
Photo cathédrale : Nissan.
Se lever tôt nuit, bien au contraire

– Bonsoir. J'aurais voulu voir l'éclipse.
– Désolé, monsieur, y en a plus. Ah ! Si vous étiez passé hier, on en avait encore.
Note
Je me suis laissé dire que taloupes en montrait quelques vues.
Padouk ou pas ?
Un lecteur de ce blog* me rapporte avoir flairé la bonne affaire sur le site du Bon Coin :
Vends joli buffet en bois de rose en très bon état (Voir photos**).
Une plaque en marbre repose dessus (elle est cassée dans sa largeur, en posant une revue cela ne se voit même pas !!).
Un annuaire pourrait-il convenir ?
* Merci à ce lecteur assidu et perspicace.
** On ne verra rien. Pour faire bonne mesure, j'en ai mis trois des revues, plus précisément trois numéros de l'excellent magazine Pause qui, trois fois l'an, explore la création en Sarthe et alentour dans les domaines de la danse, de la musique, du théâtre, de la peinture, de l'écriture... Michel Lautru, poète, fait la couverture du numéro 9, présenté ce samedi 26 à la librairie L'herbe entre les dalles, au Mans.
Sur le net : magazinepause.fr.
Chaud

Couple de lapins pendant le rut.*
* On ne pourra pas dire que je manque de suite dans les idées.