Voiture jaune
Vient d'arriver par la poste : Alma mater, d'Albertine Benedetto.*
La poésie est une formidable ressource de vie.
Bonheur de lecture. Et pas seulement en raison des premier et dernier vers – Non ma fille tu n'iras pas danser / elles vivent et c'est assez. Albertine Benedetto donne corps à une mère, une adolescente, une fillette – la même femme à trois moments de sa vie – l'une tenant les désirs et les rêves des deux autres dans le lourd habit de ses inquiétudes. L'écriture, limpide, variée, jouant des formes, sait aussi être sensuelle.
Les eaux-fortes de Nathalie Prats situent le poème dans un monde du conte. Et s'il s'agit d'un conte, la fin en est heureuse : chacune retrouve sa liberté .
* Polder n° 167. Voir le site de la revue Décharge. Ne pas manquer non plus le billet consacré à Cécile Guivarch, puis courir chez sa ou son libraire.
Chat dans mon arbre


Lente maturation d'un objet blistérieux.
La photo de mariage sert de référence. À gauche de grand-mère dans sa robe virginale, on reconnaît gars Sandre, son tout frais beau-frère.
À droite, en arrière plan, les premiers dessins ; devant : la mise en place des personnages sur la toile.
On ne voit pas encore où je veux en venir. On sait seulement que l'objet sera blistérieux*. Et visible seulement dans la prochaine exposition Typoésie.

* Une indiscrétion révèle, qu'à son insu, un chat domestique a été mis à contribution.
La poésie, recours contre la barbarie

« Pour toi, je suis vivante »
Cette enfant de huit ans écrivait en peu de mots la violence à laquelle elle était confrontée. À la sortie de l'imprimante, son propos lui parut alors si fort qu'elle froissait la feuille avant de la jeter dans la corbeille. Je l'ai récupérée. Depuis près de vingt ans, elle est affichée sur un mur de l'atelier. Le dessin a fini par s'estomper.
Hors de son contexte, cette simple phrase met des mots sur le sentiment qui m'habite en ces jours dramatiques.
Pour les victimes des attentats, pour ne pas les oublier, nous sommes vivants.
Contre les terroristes, contre les pensées morbides qui les meuvent, nous sommes vivants.
Communiqué
Voici le tout dernier Pli urgent des éditions Vincent Rougier. On ne me voudra pas d'avoir commis les illustrations.
Je peux dédicacer votre exemplaire si vous le souhaitez (écrire à ahoui@laposte.net).

Passion guerrière attiédie

« Les hommes de ces tems, entièrement livrés à la fureur des armes, s'occupoient peu, il faut le dire, des lettres et des sciences ; la passion guerrière s'étant attiédie, [...] l'esprit humain se dévoua à ce dont il étoit capable, c'est-à-dire, à la découverte et à la perfection des Sciences. Enfin, il enfanta l'art Typographique. C'est de cette Découverte merveilleuse que sortirent, comme d'un second soleil, ces rayons qui éclairèrent subitement l'univers, en dissipant tous les nuages qui l'avoient tenu jusqu'alors comme caché dans les ténèbres.»*
On aimerait tant que cette généreuse pensée de B. Vinçard soit gravée dans le marbre.
* L'Art du typographe, par B. Vinçard, typographiste, breveté par S.M. l'Empereur et Roi, inventeur des Ligatures françaises et étrangères, et des presses à Touchoir, ex-secrétaire de la Société Typographique de Paris, membre de plusieurs Sociétés des Sciences et des Arts, Paris, 1806
Ci-contre, bannière pour la prochaine exposition Typoésie à Alençon (décembre).
acrylique sur Tyvek, 150 x 100 cm
La faute à Voltaire

Fauteuil pour homme de paille.
Le Mans, Entre cours & jardins, 2015
(Je n'ai pas retenu le nom du créateur de ce fauteuil fleuri, j'en suis désolé.)
Notes pour un Choisi

Quelques notes pour le projet d'illustration de Sur les deux rives du sud, le dernier recueil de Michel Lautru publié par l'atelier de Groutel.
J'ai d'abord fait le tour des premières traces laissées par les occupants des grottes du pourtour méditerranéen. La parenté dans les thèmes et techniques picturales rupestres* me semblait faire écho aux poèmes. J'ai ensuite exploré ce précieux travail de Bruno Barbatti, dans Symbolique des Tapis berbères du Maroc : la symbolique, origines et signification. Et ainsi confronté – et enrichi – mon vocabulaire de signes à celui des tisserandes berbères. Le fait que cet ensemble de symboles appartienne aux femmes me rapprochait des écrits du poète. Michel Lautru porte, dans ce recueil, une extrême attention aux femmes – fillette, épouse, mère.
Et voilà l'travail !

Deux pages du portfolio, où l'on voit que le typographe-imprimeur s'en est bien tiré.**
* ou pariétales ! Se reporter au billet Aux grands mots, du 26 avril 2015.
** Les sillons fins de la gravure risquaient de s'empâter.
Michel Lautru, Sur les deux rives du sud, 8 linogravures d'Yves Barré, collection Choisi n° 29, texte composé aux caractères de plomb par Jacques Renou, 40 pages sur papier vergé, tirage 82 exemplaires numérotés.
À consommer avec modération

Mon intervention sur ce tableau est si minime que j'ai des scrupules à signer. Enfin, il a quand même fallu vider la bouteille de ce nectar et en déplier le carton d'emballage au dos duquel est imprimée cette photo du personnel de la distillerie.
John Dewar & sons Ltd, 2015,
collage, acrylique, cendre, crayons et ficelle sur toile coton, 46 x 38 cm
Essuyage

« Écrire et peindre, c'est un peu la même chose.»* Sauf au moment de ranger les outils. A-t-on déjà vu essuyer stylo-bille ?
Ci-contre, donc, traces de nettoyage de pinceau. Elles constituent une note pour projet futur où il pourrait être traité de contentieux et d'incontinence. Ni chien ni arbre ne sauraient s'abstenir.
* Lily (La libellule sur le toit), dans un commentaire récent.
Il y en a un de plus ! Je vous le laisse ?

Qu'est-ce que j'entends ? On parle latin dans mes babouches. Et moi qui n'avais jamais songé à appeler mes orteils par leur petit nom : hallux, secundus, tertius, quartus et quintus !