• On n'est pas prêt d'en finir avec l'euphémisme

    Statuette mexicaine

     

    À quel âge partir pour ne pas manquer  l'heure du jugement dernier ?

    J'entends qu'on me répond :

    « Au-delà d'un certain âge, je pense qu'il est de l'ordre des choses de partir et je pense que ce qu'on peut éviter, c'est de partir seul. Et c'est ça je pense, à partir d'un certain âge qui est le plus douloureux.»*

    Si je prête attention au vers du poète** « Partir c'est mourir un peu », dois-je entendre :

    – Au-delà d'un certain âge je pense qu'il est de l'ordre des choses de mourir un peu et je pense que ce qu'on peut éviter, c'est de mourir un peu seul.»

    Partir, est-ce s'éteindre ?

    – Au-delà d'un certain âge je pense qu'il est de l'ordre des choses de s'éteindre et je pense que ce qu'on peut éviter, c'est de s'éteindre seul.»

    Ou est-ce clamser, comme dit le populaire qui a moins de pudeurs ?

     


    * Professeur Xavier Lescure sur France Inter. « À 80 ans, alors c'est un peu stupide de mettre un seuil, mais au-delà d'un certain âge, effectivement, je pense qu'il est de l'ordre des choses de partir et je pense que ce qu'on peut éviter, c'est de partir seul. Et c'est ça je pense, à partir d'un certain âge qui est le plus douloureux.»
    Ces propos sont sortis du contexte (lire le Rendez-vous de la médiatrice du 29 janvier 2021) : c'est à l'euphémisme que je cherche noise.
    ** Premier vers du Rondel de l'adieu, de Edmond Haraucourt (1890).

     

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  • Commentaires

    1
    Lundi 1er Février à 05:56

    Je trouverais cela moins injuste que je parte de la covid que de voir partir mes enfants ou mes petits enfants. La mort c'est une saloperie, elle connaît pas l'euphémisme, ça te prend sans que tu t'y attendes parfois. La dame qui joue de la flûte aux soirées poétiques; c'est une amie de ma fille. Avec son mari, ils sont allés faire un footing un dimanche à la campagne comme les autres, heureux d'être deux. Il lui dit: pars devant, je cours moins vite on se retrouve à la maison.. Elle continue son footing et rentre tranquille à leur ferme.. Il s'effondre quelques minutes après,et meurt seul, sur le bord de la petite route. Nous avons beaucoup de peine pour elle et son fils qui se retrouvent seuls dans leur ferme.. c'est dur la mort pour ceux qui restent. Tu peux supprimer mon commentaire.

      • Lundi 1er Février à 20:44

        Tu as raison, quand la mort bouscule l'ordre des choses, c'est absolument injuste. Et nous avons bien peu de mots pour consoler.

    2
    Lundi 1er Février à 06:19

    L'euphémisme a parfois le mérite d'adoucir une réalité trop brutale...

    Ce ne doit pas être par hasard qu'on en a inventé de très nombreux pour évoquer la mort...

      • Lundi 1er Février à 20:48

        J'use également de l'euphémisme. Par impuissance.

    3
    yannick
    Lundi 1er Février à 10:07

    Le bleu Klein de la statuette, un clin d'œil ? la mort, la belle dame, un faucheur avec des verbes comme s'envoler au ciel, partir, s'en aller, disparaître ... des images pour s'éloigner de ... ? on ne sait ... mais peu sera dit de cette violence que les mots n'aident guère à contrer. Il y a à inventer des mots selon soi comment on ressent ça.

      • Lundi 1er Février à 20:56

        La mort porte un bouquet de fleurs : statuette de l'artisanat mexicain, au milieu de mes livres.
        On trouve, dans la bibliographie du poète Christophe Jubien, ce titre : L'année où ma mère est née au Ciel.

    4
    Lundi 1er Février à 11:11

    j'aimais bien Anatole (Le Braz) qui faisait entendre les roues du char (de la charrette) ça offre une belle scène ?

    signé : Borniol (H F T)

      • Lundi 1er Février à 20:54

        L'Ankou hante les landes de genêts.

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