• Déniché à Coulon (85), un recueil de Hubert Pajot*, d'où émerge le poème suivant  :

    BidonDE TOULOUSE

    La langue d'oil,
    Quel Mobiloil !
    Mais quel Médoc,
    La langue d'oc !


    J'en étais encore à réfléchir à l'illustration quand, au détour de l'étroite allée d'un vide-greniers, un bidon à huile se jette devant mon objectif. Pile poil, Mobiloil !
    – Non ?
    – Si ! Et fin du fin... à la dame qui tient l'étal, curieuse de mon intérêt pour son bidon, je narre en quelques mots le bouquiniste, le poème, l'exceptionnel destin de la photo dans l'excellent blog que vous tenez entre les mains à l'œil.
    – J'aime entendre dire des poèmes, confie-t-elle. D'ailleurs, un poète est venu chez nous qui contait très très bien... À l'école de ma fille, puis au foyer rural...
    Je la presse de m'en donner le nom.
    – Monsieur Poslaniec !
    – Christian Poslaniec ! Ça alors...

    Christian, si tu passes ici, je t'embrasse.

    * De mon courtil, Studio technique d'éditions, Toulouse, 1931
    Hubert Pajot (1896-1986) fut sénateur-maire de Fontainebleau.

     

    Billet déjà paru en 2007

     


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  • Choisi n° 32Pendant l'été, les travaux continuent.

    Voici le très beau Choisi n° 32, tout frais paru à l'Atelier de Groutel. Sans vergogne, j'emprunte à Jacques Renou, éditeur et maître imprimeur, le texte de présentation.

    « Des haïkus beaucoup moins formalistes que dans la poésie japonaise. Il s’agit là de la vie même, qu’il faut alpaguer au passage, dans le filet des mots. Il s’agit aussi des quatre saisons, qui sont cinq, esquissées à grands traits, entre cette douce paresse qui revient souvent et la marche avec sac à dos. Depuis le moineau du soir, en passant par les éclairs de chaleur, les parapluie retournés de l’automne, jusqu’à la pluie d’hiver.

    Très souvent le poème zoome, partant du monde pour arriver au poète. (Guy ALLIX)

    La poésie normande (et pas que) doit beaucoup à Bruno SOURDIN qui s’est acharné à maintenir une rubrique poésie dans les pages de Ouest France pendant 25 ans, sans œillères, avec brièveté. Il est poète et collagiste depuis toujours, proche de Claude PELIEU et grand connaisseur de la Beat génération, à l’orée d’un surréalisme psychédélique.»

    Pour le plaisir, deux poèmes du recueil* :

    ah ! la nuit sans sommeil
    avec mon sac à dos
    quel bonheur sur la route

     

    tout le monde dort
    rien d'autre à faire –
    c'est ça le bel été

     
    Présence de Bruno Sourdin sur le net :Syncopes.

    Bruno Sourdin, Chiures de mouches au plafond, l'Atelier de Groutel éditeur, 80 pages sous couverture à rabats. Caractères mobiles, lettrines, décors, fleurons en plomb imprimés sur presse typographique. Mélanges manuels d’encres typo Bistre et Bleu « chiures » 52 exemplaires numérotés.
    18 euros, plus 2 en participation aux frais d’envoi.
    Commande à adresser à Jacques Renou, l'Atelier de Groutel, 25 Groutel, 72610 Champfleur.

    * Autorisation de l'éditeur.

     :


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  • 2016Mes ami-e-s ne peuvent plus voir une chaise sans penser à moi. Ça pourrait se soigner, mais chacun sa galette ! Voici une carte de vœux d'un auteur anonyme* non dénué d'humour à. défaut de maîtriser l'accord des adjectifs numéraux chez qui, seuls 20 et 100 se singularisent. À propos justement, Vincent qui me l'envoie, présente la prochaine collection de la revue Ficelle et des Plis urgents. C'est le moment de s'abonner, pour :
    Dans mes filets, de Luce Guibaud
    Ce qui... Ce qui..., de Jean-Claude Goiri
    Bazar poétique, d'Alain Fontaine
    Géométries éclairées, d'Hélios Sabaté Beriain
    + une gravure avec les vœux de l'éditeur
    Ça, c'est Ficelle. Pour les Plis urgents :
    51 faux proverbes + 1 vrai, de Constantin Kaïtéris
    Lettres perdues, deJacques Brémond
    Collection de sombreros, de Thomas Vinau
    Fanny Hill, de Gilbert Lascault
    et
    Les ripou’x, collectif, vous peut-être.
    Agrandir (en cliquant dessus) l'image ci-dessous, pour un lire la règle de participation.

     

     

    * Je regrette qu'il soit anonyme. J'ai déjà vu cette image. Jacqueline m'en avait déniché une autre ici.
    ** À défaut de maîtriser l'accord des adjectifs numéraux.

     

    Rougier Vincent


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  • Notes pour un Choisi

    Quelques notes pour le projet d'illustration de Sur les deux rives du sud, le dernier recueil de Michel Lautru publié par l'atelier de Groutel.

    J'ai d'abord fait le tour des premières traces laissées par les occupants des grottes du pourtour méditerranéen. La parenté dans les thèmes et techniques picturales rupestres* me semblait faire écho aux poèmes. J'ai ensuite exploré ce précieux travail de Bruno Barbatti, dans Symbolique des Tapis berbères du Maroc : la symbolique, origines et signification. Et ainsi confronté – et enrichi – mon vocabulaire de signes à celui des tisserandes berbères. Le fait que cet ensemble de symboles appartienne aux femmes me rapprochait des écrits du poète. Michel Lautru porte, dans ce recueil, une extrême attention aux femmes – fillette, épouse, mère.

    Et voilà l'travail !

    Choisi

    Deux pages du portfolio, où l'on voit que le typographe-imprimeur s'en est bien tiré.**

     

    * ou pariétales ! Se reporter au billet Aux grands mots, du 26 avril 2015.
    ** Les sillons fins de la gravure risquaient de s'empâter.

    Michel Lautru, Sur les deux rives du sud, 8 linogravures d'Yves Barré, collection Choisi n° 29, texte composé aux  caractères de plomb par Jacques Renou, 40 pages sur papier vergé, tirage 82 exemplaires numérotés.


     

     


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  • OmbresOmbres

    Ombres au tableau. Ç'aurait pu. Je tenais un titre et une image. L'image est une photo. Pas eu besoin de peindre. Ni même d'écrire Comment je ne suis pas devenu peintre* – la bien belle relation d'une ambition irréalisée, dans une suite de poèmes qui ne font surtout pas regretter au lecteur le choix de Simon Martin pour l'écriture.


    Mon pinceau hésite

    Avec lui je me penche
    au bord du bol

    mais comment peindre
    le vide

    à l'intérieur ?

     

    * Simon MARTIN, Comment je ne suis pas devenu peintre, Cheyne éditeur, 2015


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  • Ce Paulo Déroulède, qui encourageait le pioupiou à transpercer le Prussien ! Quel poète ! Quel visionnaire ! Économiste libéral : Pour vivre il faut produire, acheter, vendre. Écologiste : Éteignons les feux qui n'ont plus d'emploi ! Sexologue : Que la semence tombe à l'heure où le jour monte, Et que la main de l'homme éveille, ardente et prompte... Ou encore conseiller conjugal dans ce poème des Chants du paysan que je vous livre en intégralité.

     

    Le paysan et sa femme (Dürer)

    Dürer, Le Paysan et sa femme – Source : gallica.bnf.fr

               Conseils

    Paysan qui cherches femme,
    Prends-la, plus tôt que plus tard,
    Au cœur simple, au doux regard ;
    Si ses yeux ont trop de flamme...

    Crois-moi, paysan, crois-moi !
    Ne la prends pas, jarnigoi !

    Ces yeux-là ne sont pas nôtres,
    C'est le paradis des autres,
    Ce sera l'enfer pour toi.

    Prends-la de grandeur moyenne,
    Et d'esprit à l'unisson.
    Si sa taille et sa raison
    Dépassent par trop la tienne...

    Crois-moi, paysan, crois-moi !
    Ne la prends pas, jarnigoi !

    Forte taille et forte tête,
    Pour les tiens c'est la tempête,
    Et c'est la grêle pour toi.

    Prends-la d'aplomb sur ses hanches,
    De corps sain, d'aspect nerveux,
    Belle même si tu veux ;
    Mais si ses mains sont trop blanches...

    Crois-moi, paysan, crois-moi !
    Ne la prends pas, jarnigoi !

    Ces mains ne savent rien faire,
    C'est du travail pour ta mère
    Et c'est du souci pour toi.

    Paul Déroulède
    Chants du paysan, Calmann Lévy éditeur, 1894

     


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  • Soldat

    Pour celles et ceux qui n'attendaient qu'aujourd'hui, le billet paru hier, un surplus éditorial.

    Et, pour un lendemain qui déchante, ajoutons à la gueule de bois, une poétrie brun marine. Juste un peu. Plus d'une strophe pourrait vous soûler.

    Le Vin et la Bière. Extrait de Hier et demain par M. Ernest de Calonne (1822-1887)

    L'homme ivre est-il pris de vin,
    Héroïque en ses bravades,
    Il dit : Marchons, camarades,
    Nous les vaincrons donc enfin !
    Pris de bière, il se formule
    Ainsi l'honneur de l'endroit :
    Ché mé pattrai ; ch'ai lé troit ;
    Mon femme, il feut un pentule.

     

     

     

    Ci-contre, peinture toute fraîche. Travail en cours sans rapport avec la poétrie.


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