• « L'accès à la vue, disait Fournival, passe par des peintures ; l'accès à l'ouïe par des paroles. Leur mérite, aux unes comme aux autres, ne consiste pas seulement en la proposition d'une image ou d'un texte sans progrès ni variation, mais en la re-création, dans le temps et le lieu propres au lecteur, de ce qui a été conçu et exprimé en images ou en paroles à une autre époque et sous d'autres cieux.»*

    Yves BarréEn marge 31, 2020, stylo sur papier, A4


    Alberto Manguel, Une histoire de la lecture, Actes Sud, 1998
    Richard de Fournival, auteur du Bestiaire d'amour, vers l'an 1250


    11 commentaires
  • Voir ici un geste de tendresse.

    Yves Barré
    En marge 70, 2020, stylo sur papier, A4

     

     


    10 commentaires
  • Escalade

    Un paparazzi indélicat – pléonasme ! – tente de me déstabiliser en diffusant cette photo dont je serais le sujet. Ma famille et mes amis peuvent témoigner ne m'avoir jamais vu dans cette position périlleuse. Consulté sur l'authenticité de ce document, un grimpeur expérimenté affirme même  que le baudrier n'est pas attaché selon les règles de sécurité, ce qui accrédite la supercherie.


    10 commentaires
  • Yves Barré

    Un jour, plus tard, quelqu'un s'attachera à mesurer les effets du confinement sur ma production picturale.

    En attendant, tentative de description :
    L'homme ploie sur le poids d'un arbre qui lui pousse sur le dos. Sur une branche basse, sa fille joue à cochon-pendu.

     

    En marge 104, 31.03.20, stylo sur papier, A4


    10 commentaires
  • Lors d'un passage chez les Caphys, tauliers du recommandable blog Cafardages, j'ai découvert l'invitation de Lilou à mettre en vedette des expressions anciennes : « Vous en connaissez des rigolotes, des savoureuses, des savantes fleurant bon notre France ? N’hésitez pas et joignez vous à nous et publiez.»  (Les Soleils de Lilou)


    Il lui donne un baiser dans le cou.

    Bientôt on le verra faire un baise à bouquette. Donner un baiser sur la bouche, selon une goûteuse expression du Nord, Pas-de-Calais.1

    Bouquette a disparu des dictionnaires contemporains.

    On la trouvait : chèvre, chevrette en Champagne2 ; blé sarrasin3 ; couronne de branches dans le Centre4 ; crêpe 5 à Liège (légère assurément) – « Il y avait alors de petits farceurs qui commandaient une bouquette cuite d'un seul côté, et quand ils l'avaient sur la main, la grand affaire était d'appliquer le côté non cuit sur la joue de la marchande ! Inutile de dire que pour ce jeu-là, il fallait de bonnes jambes.»

    Yves BarréCouple, 1998, acrylique et pigments sur papier glacé, 34 x 32 cm

     
    1. Pascale Lafitte-Certa, Les plus belles expressions de nos régions, Points, 2012.
    2. Prosper Tarbé, Recherches sur l'histoire du langage et des patois de Champagne, 1851
    3. Joseph Favre, Dictionnaire universel de cuisine et d'hygiène alimentaire, 1889-91
    4. Paul Guérin, Dictionnaire des dictionnaires, XIXe
    5. August Hock, Mœurs et coutumes bourgeoises au pays de Liège, 1872-74.


    9 commentaires
  • Couple enlacé. Légitime ?
    Rien n'est moins sûr.

    Porte & baiser dérobés.

     Yves Barré

    De l'urgence du baiser, 1998, acrylique et pigments sur papier glacé, 34 x 32 cm

     

    « Le baiser dérobé, le baiser donné en cachette, rapide et brûlant, furtif et passionné, c'est peut-être le meilleur, c'est à coup sûr le plus savoureux et le plus irritant.
    Les baisers dérobés sont les tentantes prémices du fruit défendu.»

    (Pol de Saint-Merry, L'amour et les baisers, 1901)

     


    14 commentaires
  • Yves BarréMonument à Louis Voraw Zborowski, Le Mans

    On croisait dans le parc de Tessé au Mans, un monument élevé en reconnaissance et hommage à l'animateur de la locomotion mécanique, le comte Louis Vorow Zborowski (1895-1924). Sa vie trépidante s'étant brutalement achevée – bolide contre un arbre – au Grand Prix d'Italie, je parlerai du roi de Rome.
    « Un jour que Bonaparte revenait de la chasse, harassé de fatigue, il fit prier Marie-Louise de venir le voir. Elle vint. L'empereur la prit dans ses bras, et lui donna un gros baiser sur la joue. Marie-Louise prit son mouchoir et s'essuya. — Eh bien ! Louise, lui dit l'empereur, tu te dégoûtes donc de moi ! — Non, répondit l'impératrice ; je m'essuie ainsi par habitude ; j'en fais autant pour le roi de Rome.»*
     
    * Mémoires de Constant, premier valet de chambre de l'Empereur, sur la vie privée de Napoléon, sa famille et sa cour, tome IV, Paris, 1830, p. 336 « Lettre à Émile


    10 commentaires



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires