• Pour l'exposition de l'Éolienne, j'ai retenu 36 toiles de petit format, présentées seules, par deux ou quatre dans une proposition que j'appelle Jardin des simples. Mais, hormis le format carré des toiles et l'usage de motifs simples ou élémentaires, il n'est question ni de jardin, ni de simples.

    Un parallèle avec l'écrit devrait éclairer ma démarche.
    Si un texte, une phrase, un mot ont du sens – pour le mot, au minimum, sa définition –, une lettre isolée ne fera pas sens.
    Dans cette série, je peins – j'écris – en usant des formes rudimentaires, aux contours incertains – des lettres en quelque sorte. Ce vocabulaire plastique obtenu en déchirant des papiers, la résistance du matériau ajoutant à l'aspect brut. L'œuvre résulte d'une combinatoire. L'inspiration essentiellement topographique peut entrer en résonance avec ce qui m'entoure dans l'action – propos entendus, images vues, fait divers...

    Yves Barré

     

    Je trouve souvent fumeux les discours autour de la peinture. Ici, pas mieux. Mais j'aurai essayé.

     


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  • Ailleurs

    Oublier présente l'avantage de réserver d'agréables surprises lors de redécouvertes fortuites.
    C'est le cas pour le court poème – quasi-poème – suivant retrouvé dans l'anthologie Ailleurs (n° 64/65 de la revue Cotcodi, 2005), publiée à l'occasion du 20e Printemps de Durcet.

     

    Petit ailleurs chez soi
    vaut mieux que
    grand ailleurs
    chez les autres
    – pourvu qu'il soit riche –


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  • Une poésie de Victor Hugo sera du plus bel effet.pour accompagner cette peinture printanière.

    Yves Barré

     

    LA COCCINELLE.

    Elle me dit : « Quelque chose
    Me tourmente. » Et j’aperçus
    Son cou de neige, et, dessus,
    Un petit insecte rose.

    J’aurais dû, — mais, sage ou fou,
    À seize ans, on est farouche, —
    Voir le baiser sur sa bouche
    Plus que l’insecte à son cou.

    On eût dit un coquillage ;
    Dos rose et taché de noir.
    Les fauvettes pour nous voir
    Se penchaient dans le feuillage.

    Sa bouche fraîche était là;
    Je me courbai sur la belle,
    Et je pris la coccinelle ;
    Mais le baiser s’envola. .

    « Fils, apprends comme on me nomme,
    Dit l’insecte du ciel bleu ;
    Les bêtes sont au bon Dieu,
    Mais la bêtise est à l’homme.»

    Victor Hugo
    Les Contemplations


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  • Les Amours d'un poète

    Avec Les Amours d'un poète, Louis Barthou me promettait de ne rien celer de la vie amoureuse de Victor Hugo. Et voilà que, dès le premier chapitre, il s'égare et donne la vedette à Sainte-Beuve qui fantasmait sur Adèle. « Poète béat, confit et fort laid » écrit Alphonse Karr qui l'avait dans le nez et lui trouvait « les vers au moins médiocres.»

    « Elle est là, mon Adèle, oh ! je me la figure,
       Elle est là, je la vois, dans la vague posture
       D'une femme qui rêve, étendue à demi ;
       Le sombre époux l'enferme, elle rêve à l'Ami ;
       Elle se dit qu'il l'aime et qu'il n'aime rien qu'elle.»

    Toutes ces répétitions ! Parler de soi à la troisième personne – avec majuscule – n'a pas empêché Sainte-Beuve d'être élu à l'Académie française. Immortel depuis le 14 mars 1844. Bon anniversaire Charles-Augustin.

    Ma documentation pour préparer ce billet : en plus du livre de Louis Barthou, j'ai lu Les Amours de Sainte-Beuve, un recueil dont il souhaitait une publication posthume, mais qu'il a fait paraître bien avant sa mort.


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  • Yves Barré

     

    Retrouvés au fond de poche, deux des bouts de papier sur lesquels je fixe, pour m'en souvenir, quelques-unes des idées géniales qui me traversent l'esprit.

    Sur le papier ci-contre, le carré biscornu a fait toile. En haut à gauche, de mémoire, tête divine – Michel-Ange a été plus habile !* Le reste des griffonnages reste un mystère.

    En dessous, titre pour un tableau de toute beauté :
    Après avoir échoué à résoudre la quadrature du cercle, Blaise Pascal inventa la brouette.**

     

    * Pas plus que moi, il n'a eu de modèle.
    ** Adolescent, j'ai lu l'œuvre intégrale de Pascal, y compris les écrits mathématiques. Je parle d'expérience.


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  • Les Amours d'un poète

    Vendredi – c'est pas vieux – l'homme à la voiture jaune me remet deux enveloppes.
    La première : Comme en poésie, n° 77 de la revue. Je vais y revenir.
    Je décachète la seconde avec fébrilité, pour en dégager Les Amours d'un poète, de Louis Barthou, illustré de dessins de Victor Hugo. Je ne vous présente pas Victor Hugo. Eh bien, vous n'allez pas me croire, Victor Hugo lui-même en signe la dédicace à mon nom. Dire si l'émotion m'a noué la gorge.

    Hugo

    Je ne connais que Totor – qu'il m'autorise cette familiarité – pour user ainsi d'un subjonctif plus-que-parfait.
    Voilà qui authentifie, s'il en était besoin, l'autographe du poète.
    Et pour assécher tout doute, j'ajoute ce qu'écrit Jean-Pierre Lesieur dans l'édito de Comme en poésie (page 1) :
    « N'est pas Victor Hugo qui veut.»

     

     


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  • ondemandeavoir.over-blog.com : ce blog que j'ai animé un temps, devait répondre, chaque jour, à une consigne d'écriture.
    Thème du 8 mars 2012 : Aujourd'hui, féminité. Voici :

    Qui saurait, dans un seul dessin, représenter la passion, l'intelligence, l'humour, la sensibilité, l'attention, la culture...

    0308

    Polystyrène gravé + goutte d'eau


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