• Jus de motsOù en sont les académiciens de leur dictionnaire, peut-être à la lettre F avec l'entrée récente d'Alain Finkielkraut ?
    L'Atelier de Groutel, lui,  vient de publier le volume G du Dictionnaire de l'inutile. Je me demande si le sous-titre Jus de mots ne cache pas justement un jeu de mots. Ça ouvre sur les définitions – quoi de plus naturel ! – mais aussitôt le lecteur est invité à trouver dans les pages suivantes le dessin associé. Un dessin qui plie la lettre initiale au mot.. Ainsi, par exemple :
    – Un des frères comiques.
    – Le galant en était friand pour sa belle, maintenant c'est plus l'histoire des électriciens.
    Jus de motsWolfragin, Dictionnaire de l'inutile, lettre G, 4 € franco à l'Atelier de Groutel, 25 Groutel, 72610 Champfleur


    22 commentaires
  • Trois petits cochons qui couraient dans l'herbe

    Depuis qu'il s'est mis à son conte, Yannick Lefeuvre a accumulé une expérience et développé une réflexion dont il fait part dans Paroles de conteur !  Sous-titre : Ça va mieux en le disant !!!
    Dès le début, le ton est donné. On se frotte au dit, au disant, au dire... ladada ! Mais pas à la disette.
    Parmi les raisons d'entendre ce qu'il écrit :
    « Je suis convaincu [...] que l’écoute de ce genre de récit modifie l’approche de l’autre, l’approche de soi, gère les pulsions agressives inhérentes à tout être et place l’imaginaire à sa juste place [...] être la meilleure chance qu’on ait contre la pire des énergies.»
    Ou encore, cette invite aux lecteurs-lectrices à solliciter leurs imaginations. « Si de plus, elles sont en écho avec les miennes, je suis preneur et si elles ne le sont pas, même chose, ça m’intéresse… et on en parle ! »

    Le livre est disponible chez Edilivre, maison d'édition alternative (sic). Autre titre : Petit traité du bon usage des contes. On peut lire les premières pages de chacun des livres.


    8 commentaires
  • Comme en poésie

    Voilà que le brun marine fait tache. Faudra bien se résoudre à frotter le tissu avant de le passer en machine, mais là, dans l'instant, besoin d'air, besoin de voir s'il n'y aurait pas une couleur à vivre. Ailleurs. Chez les poètes, par exemple. Tiens, ça tombe à poing : les revues Comme en poésie et Décharge arrivent dans la boîte.

    Comme en poésie poursuit son travail de défrichage de l'inutile poésie de tous les jours (quinze ans que ça dure). Dans un savant dosage d'écrits de jeunes poètes et  de poètes confirmés – vous n'attendiez pas que j'écrive vieux ? – on va retrouver Laurent Deheppe, Jean-Claude Touzeil, Werner Lambersy ou encore, Bernard Bretonnière, dans un hommage à Guy Bellay, récemment disparu.

    Hommage aussi à Guy Bellay, dans Décharge. C'est son ami Daniel Biga qui signe. Plaisir de retrouver dans la revue, Perrine Le Querrec : « Aussi d'abord / il y a aussi l'amour / il y a d'abord l'amour / il y a aussi l'amour d'abord l'amour / d'abord l'amour aussi / l'amour d'amour l'amour des corps / ... ».  Plaisir de découvrir la Chaise vacante de Hendrik Rost : « Parfois, la tristesse d'une chaise / n'est pas la tristesse que la chaise / dégage mais celle / de ceux qui s'y sont assis / il y a des jours des années ou plus / ... »

     

    Sur le net
    Comme en poésie (pas tout à fait à jour, mais l'adresse et les tarifs sont inchangés) :
    comme.en.poesie.over-blog.com et pagesperso-orange.fr/jean-pierre.lesieur
    Décharge : www.dechargelarevue.com

    Ci-contre : illustration pour Comme en poésie n° 64 (décembre 2015)


    9 commentaires
  • Alma materVient d'arriver par la poste : Alma mater, d'Albertine Benedetto.*

    La poésie est une formidable ressource de vie.
    Bonheur de lecture. Et pas seulement en raison des premier et dernier vers – Non ma fille tu n'iras pas danser / elles vivent et c'est assez. Albertine Benedetto donne corps à une mère, une adolescente, une fillette – la même femme à trois moments de sa vie – l'une tenant les désirs et les rêves des deux autres dans le lourd habit de ses inquiétudes.  L'écriture, limpide, variée, jouant des formes, sait aussi être sensuelle.
    Les eaux-fortes de Nathalie Prats situent le poème dans un monde du conte. Et s'il s'agit d'un conte, la fin en est heureuse : chacune retrouve sa liberté .

     

    * Polder n° 167. Voir le site de la revue Décharge. Ne pas manquer non plus le billet consacré à Cécile Guivarch, puis courir chez sa ou son libraire.


    7 commentaires
  • Avec Ballades à contre blues de Thierry Gaudin, l'Atelier de Groutel nous livre un Choisi de belle facture.

    La première émotion est esthétique. Poèmes composés en typographie et illustrations en linogravure dialoguent et créent un rythme à chaque page des feuillets pliés en trois. Entre ces deux artisans du – beau – livre, l'éditeur-imprimeur et l'auteur-illustrateur, la complicité est évidente et fertile.

    Ballades à contre blues

    Donner un avis de lecteur fait partie du jeu, mais là, je me défile, tant l'avant-lire de Jean-Marie Rivier ouvre avec pertinence et brio le recueil. Il faut dire que Jean-Marie et Thierry partagent la même passion pour les musiques afro-américaines. Extrait : « À contre blues. Pourquoi "contre" d'ailleurs ? Car immédiatement les textes de Thierry Gaudin vous plongent dans le tumulte du "folksong blues". Et alors on se laisse emporter [...]  »

    À emporter ou commander à l'Atelier de Groutel, 25 Groutel, 72610 Champfleur. 18 € (port : 1,50 €)
    Portfolio, 44 pages, collection Choisi. Entièrement composé en caractères plomb par Jacques Renou et richement illustré de linogravures de l'auteur. Tirage limité à 56 exemplaires numérotés.

    Autres poèmes et dessins de Thierry sur le blog qu'il partage avec Pascal Juhel.

    Télécharger le catalogue été 2015 de l'Atelier de Groutel (format PDF).

     


    6 commentaires
  • Pain

    L'été encourageant la paresse, j'allais vous resservir ce quignon de pain publié en novembre 2007**. Image et texte. Et voilà que Jean-Louis Bailly me fournit matière à me renouveler :
    « Le Championnat du monde de beurrage de tartines n'est pas une petite affaire. Les candidats concourent dans plusieurs catégories, baguettes, pain de campagne, beurre mou, beurre dur. Mais l'épreuve reine est celle du campagne à trous. Certaines tartines ne sont que trous, aux contours délimités par un fin réseau irrégulier de mie tendre : allez me beurrer ça.»
    C'est extrait de son réjouissant dernier livre, Une grosse suivie d'un petit geste commercial.  – Plus 8% de littérature offerte, annonce-t-on sur la couverture !

    * Jean-Louis Bailly, Une grosse suivie d'un petit geste commercial, édition de l'Arbre vengeur, 2015
    Jean-Louis Bailly participe à l'occasion à la revue L'Iresuthe (Pour qui goûte les jeux littéraires, quelques articles repris sur le net : L'Anacoluthe. n° 1, 6, 7, 12, 13)

    ** Le billet de novembre 2007 :
    Quignon de pain – au stylo bille
    La boulangerie Le Chant du pain, à St-Symphorien, a pétri la baguette qui a servi de modèle.
    Le navet m'a été aimablement prêté par Janine.
    On aperçoit une carotte, plante de la famille des ombellifères à la racine comestible. On prétend que sa consommation rend aimable, mais cela nous éloigne de notre sujet.

     

     


    9 commentaires
  • Petite revue trimestrielle, l'Iresuthe défend la librairie et la petite édition. Elle publie essentiellement des notes de lectures et quelques textes d'auteurs amis. Signé James Tanneau, le billet suivant est tiré de la version numérique de la revue. Il me semble important de lui donner la plus large audience *.

     

    1000 coups de fouetRaif BADAWI
    1000 coups de fouet parce que j'ai osé parler librement

    éditions Kero
    3 euros

    Les bénéfices de ce livre sont reversés pour assurer la défense de Badawi.

    Badawi s'est vu condamner à 10 ans de prison : mille coups de fouets et 226 000 euros d'amende pour avoir créé un blog. Sa femme et ses trois enfants ont émigré au Canada. Pour Amnesty, Raif est un prisonnier d'opinion, il publiait, pour la liberté d'expression des textes  interdits.
    Les prisons saoudiennes sont remplies de détenus enfermés pour avoir osé exprimer leur opinion librement, pour apostat, hérésie, blasphème dans l'indifférence et avec la complicité des grandes nations car le poids économique et stratégique de l'Arabie est grand. Badawi est heureux, stupéfait de découvrir au milieu de centaines de mots orduriers un graffiti dans les toilettes « La Laïcité est la solution ». Émerveillé  par cette belle maxime insolite Raif écrit « les  principales fonctions des états religieux sont de tuer la raison, de lutter contre les enseignements de l'histoire et la logique, et d'abêtir les gens ».
    L'Arabie Saoudite embauche « des bourreaux » pour décapiter et couper des mains. On n'entend pas les grandes démocraties européennes et les États-Unis dénoncer ces crimes.

    JT

     

    * Reproduction autorisée en citant la source : lanacoluthe.free.fr

     

    5 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique